Mallory Lowe Mpoka  "La Fondation Gacha m’a ouvert ses portes"
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La jeune Camerouno-belge qui a animé un atelier de photographie au cours de la 7e édition de Vacances utiles, projet initié par le Centre des cultures Jean Louis Dumas de cette Ong, parle de ses rêves réalisés dans cette expression artistique.

Quels sont les cours de photographie que vous avez dispensés pendant la 7e édition de Vacances utiles qui est entrée en gare le 26 août dernier sur le campus du Centre des Cultures Jean Louis Dumas de la Fondation Gacha ?

Cet atelier a été conçu dans le but d’encourager l'autoréflexion et l’agentivité (capacité à développer une pensée indépendante, à réfléchir quant à la manière dont on veut se présenter au monde), des jeunes de la Fondation Jean-Félicien Gacha. Au travers d’ateliers techniques et pratiques, les jeunes de Vacances utiles ont pu se familiariser avec la photographie numérique et l’autoportrait ; et au-delà de la pratique photographique utilitaire et quotidienne pour penser le médium comme pratique artistique. De la projection de documentaires de piliers de la photographie camerounaise et africaine, tels que Michel Kameni, Samuel Fosso et Zanele Muholi, à l’introduction de l’autoportrait et de diverses techniques photographiques, les jeunes ont pu découvrir de nouvelles notions qu’ils ont eu su mettre en pratique lors des sessions pratiques sur les sites extérieurs de la Fondation Jean-Félicien Gacha.

Quelle était la démarche adoptée ?

Dans le cadre d’un atelier technique, de deux ateliers pratiques libres, et de deux ateliers de collage collectif, les uns et les autres ont été invités à réfléchir sur soi-même et à la manière dont il désire exprimer son identité à l’aide de symbolisme et de la description de sa propre image. Nous avons appris ensemble que l'autoportrait permet d’aller au-delà du « Selfie » et de l’image quotidienne et utilitaire en engendrant une réflexion plus poussée quant à la façon dont on choisit de se représenter.

Dans un effort collectif, nous avons créé un collage bien singulier témoignant des apprentissages des semaines passées. Cette fresque imagée sera exposée et accessible au public sur le site de la Fondation tout au long de l’année.

Vous êtes bénévole venue du Canada. Comment la liaison s’est opérée avec le centre des cultures Jean Louis Dumas ?

Je suis une artiste visuelle qui travaille entre Montréal et Douala. Ma pratique s'inspire de récits transculturels et se penche sur les influences historiques et socioculturelles qui façonnent l'imaginaire et l'identité des diasporas. Ma pratique artistique s'exprime à travers la sérigraphie, la photographie et la teinture naturelle des textiles, et intègre des archives personnelles, des héritages familiaux et des portraits dans lesquels je deviens à la fois sujet et créatrice d'images.

En 2021, après une résidence de création au musée Bandjoun Station, fondé par l’artiste plasticien Barthélémy Toguo, j’ai pu mener des recherches en lien avec mes archives photographiques familiales et mon héritage culturel Bamiléké. En venant en résidence à la Fondation Jean-Félicien Gacha cette année, il était non seulement important pour moi d’approfondir ces recherches déjà entamées l’année dernière mais aussi de tisser des liens avec la communauté locale. En ouvrant la conversation avec la direction nous avons pu convenir de l’organisation d’ateliers en lien avec ma pratique artistique donnés aux jeunes entre 12 et 18 ans participant au programme de Vacances utiles.

Étant artiste visuelle, l’autoportrait et l’autoreprésentation occupent une place symbolique dans mon travail.  Lors de ces ateliers, j’ai eu l’opportunité de transmettre aux jeunes ce qui a été dans mon parcours personnel un outil catalyseur m’aidant à mieux comprendre et faire entendre ma voix. L’échange fût riche et révélateur, chacun a su amener sa perspective et sa définition unique et symbolique de l’autoportrait.

Vous avez réalisé près de 100 photos pendant l’atelier. Comment vous avez trouvé ces élèves, en termes de rétentions théoriques ou en termes de dispositions pratiques ?

Dès le premier atelier, dans lequel j’étais accompagnée de ma collègue artiste visuelle Grâce Dorothée Tong, les jeunes ont été très réceptifs au matériel suggéré. Tout au long du mois, ils se sont montrés curieux et enthousiastes à se prêter au jeu de l’autoreprésentation à travers la photographie et le collage. J’ai eu un réel plaisir à échanger et à créer avec eux. Je remercie à cet effet William Kuihane, Christelle, Théophile, Papa Ali, Jules Mde, Simon, Danilo et toute l’équipe de la Fondation et de l’espace culturel Gacha qui ont su m’ouvrir leur portes et rendre cet échange possible. Bâtir les ponts aujourd’hui pour mieux marcher demain : leur travail de transmission et de conservation quotidienne à la Fondation est inspirant et c’est un réel honneur que de pouvoir contribuer à travers des ateliers éducatifs.

Est-ce que vous vivez de la photographie ? Et jusqu’où comptez-vous aller avec cet art?

J’ai une pratique photographique plus commerciale qui permet actuellement de me soutenir au quotidien. Toutefois, ma pratique artistique incluant tout un travail de recherche qui implique la sérigraphie et la teinture naturelle sur textile me donne de plus en plus d’opportunités. Ce n’est pas évident tous les jours, mais la photographie me nourrit énormément et m’amène à faire des rencontres exceptionnelles. J’ai récemment exposé mon dernier travail textile à la Galerie Atiss Dakar dans le cadre de la biennale de Dakar et je travaille présentement sur la création de mon premier livre d’artiste avec la maison d’édition canadienne.

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