Epreuve de force au sein du SDF : Jean Michel Nintcheu et ses partisans réclament la tête du parti
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Cet état de chose ressort de la rencontre à Douala le 20 août dernier, du Collectif des cadres du « Social democratic front » (SDF), signataires et supporters de la déclaration de Mbouda le 25 juillet 2022.

Deux axes majeurs ont nourri la réflexion de ce Collectif en porte-à-faux avec le Chairman et le 1er vice-président Joshua Osih. Après Mbouda, ces cadres qui sont en parfaite opposition avec l’actuelle l’idéologie du parti très proche du parti au pouvoir à leur goût, appellent sans cesse à « un retour à la vision des pères fondateurs de 1990, c’est-à-dire un Front de lutte pour les libertés, la démocratie et la justice sociale au Cameroun ».

A Douala, c’est clair que ce Collectif chapeauté par le président régional du SDF dans le Littoral, Jean Michel Nintcheu, commence à marquer son territoire, une sorte d’appel de balle au camp d’en face sur le terrain du rapport de force. A la lecture du communiqué, sur le premier axe qui traite de la nature des objectifs de ces cadres, on apprend par exemple qu’ils « se félicitent d’une adhésion massive et un soutien réel à la déclaration de Mbouda par une très large majorité des cadres, dirigeants et militants du parti dans les 10 régions et dans la Diaspora ».

C’est tout dire du rapport de force ou de la légitimité dans le parti qui aurait basculé en faveur du Collectif. Bien entendu, ils prennent le grand soin de taire toute velléité ouverte de dissidence au sein du parti. « Il s’agit d’une réflexion des cadres bienveillants du parti, d’un courant de pensée pour renforcer l’image positive du SDF auprès des militants, sympathisants et des populations », lit-on in extenso dans le communiqué qui a sanctionné les travaux.

Quant aux perspectives pour un retour aux fondamentaux du SDF, deuxième axe de réflexion, « le Collectif des cadres du SDF constate des manipulations inacceptables dans les résolutions du Comité exécutif national (NEC) du 23 juin 2022 dont le contenu ne reflète pas les débats du Collectif ». Pour ce faire, ils mettent sur la table un panier de griefs qu’ils portent à l’endroit de la tête du parti. Ainsi, malgré le fait que le rapport sur la « Réorganisation » des structures du parti dans la région du littoral avait été présenté par le président de la Commission du NEC, duquel il est ressorti que toutes les opérations se déroulaient bien sur le terrain sans réserve ni exception, ils regrettent ne pas comprendre pourquoi le rapport de la région du littoral ait été reçu avec « réserve » selon la résolution du NEC du 23 juillet 2022.

Par ailleurs, ils sont outrés par la résolution du même NEC qui dispose que « les membres de ses équipes chargés de l’exercice de réorganisation en cours qui refusent et ne parviennent pas à exécuter correctement le processus de réorganisation dans les différentes régions ne seront pas éligibles, ni autorisés à se présenter comme candidats aux élections ultérieures tant au niveau interne qu’au niveau national », n’avait pas été discutée en séance et, curieusement, elle se retrouve insérée dans les résolutions finales. A ce sujet, il convient de rappeler que cette résolution retire à Jean Michel Nintcheu, le droit d’être candidat aux élections internes au parti et au niveau national sous l’emblème du SDF.

Le Chairman partira-t-il en février 2023 ?

Un autre point de friction vient du fait que la décision délibérée du Chairman dans son propos liminaire au NEC du 23 juillet 2022 où il avait évoqué la tenue du Congrès électif à la fin du mandat des membres du NEC en cours, soit en février 2023, ne figure malheureusement pas dans les résolutions finales de ce NEC. Toujours sur ce deuxième axe, le Collectif constate et regrette « la persistance de la violation des Statuts et textes du parti ».

Par  exemple, ils clament que la résolution «… les membres des équipes du NEC chargés de l’exercice de réorganisation en cours qui refusent et ne parviennent pas à exécuter correctement le processus de réorganisation dans les différentes régions ne seront pas éligibles, ni autorisés à se présenter comme candidats aux élections ultérieures tant au niveau interne qu’au niveau national », est anti-statutaire. Cette résolution, à leur sens viole les dispositions de l’article 7(4) (a) des statuts qui stipule : « Tout membre, qui est financièrement en règle avec le parti et qui est membre actif a le droit d’être électeur lors de toute élection et est éligible à n’importe quel poste ou fonction au sein du parti ».

De même, il y a lieu de relever que l’article 9 du règlement intérieur du parti renforce les droits cités à l’article 7(4)(a), que le militant ne peut perdre que dans le cadre d’une procédure disciplinaire diligentée contre lui conformément aux dispositions des articles 15 et 16 des statuts. Pour finir, ils indiquent que « cette résolution qui est prise en violation des statuts du parti, ne peut être applicable et doit être retirée des résolutions du NEC du 23 juillet 2022 ». Entre autres aussi, ils relèvent que le communiqué de la Secrétaire générale du SDF du 24 juillet 2022 sur la gestion de la communication viole les Statuts du parti. Ils terminent ce chapelet de violation des règles au sein du parti en indiquant le Collectif des cadres du SDF propose que désormais, les Résolutions du NEC soient rédigées, adoptées et signées séance tenante. Toutes ces revendications sont en réalité, faut-il se l’avouer, des signes avant-coureurs d’un schisme imminent en voie d’éclatement au cœur du parti à la balance.

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