Violences et massacres dans le NOSO  : Christopher John Lamora sonne le tocsin
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Dans une interview accordée à notre confrère Charles Ebune de la CRTV, le nouvel ambassadeur des États Unis au Cameroun, se prononce sur le conflit meurtrier qui secoue la partie anglophone du pays depuis six ans, et menace tous ceux qui résident aux États- Unis et financent le terrorisme dans cette zone. 

Le sujet sur le nouvel équipementier de la Fédération camerounaise de football (FÉCAFOOT) dénommé « One all sport », a quelque peu éclipsé les questions préoccupantes sur lesquels Christopher John Lamora était très attendu pendant l’entretien accordé à la télévision nationale. Présenté comme un habilleur d’origine américaine, les fans des Lions indomptables attendaient avec impatience que le diplomate apporte quelques éclairages et se prononce enfin sur ce qui est très vite devenue une polémique sur la toile. Mais, au-delà de cette hystérie autour de la sélection nationale fanion attendue au Qatar pour participer à la Coupe du monde Qatari à partir de novembre prochain, il y’avait la situation conflictuelle qui sévit dans la partie anglophone du Cameroun. D’où la question de Charles Ebune sur le doigt accusateur porté sur la diaspora camerounaise vivant aux Etats- Unis d’Amérique et soupçonnée de financer la crise. Dans son souci de traquer les commanditaires de cette funeste besogne, le pouvoir de Yaoundé a plusieurs fois, saisi Washington afin qu’il lui livre ces personnes taxées de terroristes puisque à l’origine de la mort de plusieurs camerounais.

Cesser la violence

En guise de réponse, Christopher John Lamora va envoyer un cinglant message. « J’ai visionné plusieurs de ces vidéos dont vous faites référence et j’ai été embarrassé. Tout le monde devrait etre embarrassé face à ce genre de choses : des vidéos où les gens appellent à la violence, des vidéos dans lesquelles les gens suggèrent de tuer des élèves et les empêcher d’aller à l’école, c’est une approche violente pour résoudre ce genre de problème. La diaspora soit-elle aux Etats-Unis où ailleurs, qui depuis sept ans, incitent à la violence, doit s’arrêter. On ne doit plus se questionner dessus ; ils doivent arrêter (… ) Les gens doivent avoir des discours de paix ; ceux qui encouragent de brûler les hôpitaux, posent des embuscades dans les écoles, ceux qui imposent leurs idées par la violence doivent arrêter », a lâché le diplomate.

Une preuve de ce que les américains se joignent à la communauté internationale pour dénoncer la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Cameroun. Mieux, une mise en garde de ces réseaux et lobbies tapis dans la diaspora pour actionner le facteur additionnel d'inquiétude, lequel contribue à la persistance des violences et des violations des droits humains dans les régions anglophones du Nord-ouest et Sud-ouest qui connaissent une situation de crise sécessionniste depuis octobre 2016 et à l'origine d'un nombre inacceptable de victimes et un impact lourd en termes humanitaire et économique.

Sanctions ciblées

On se souvient que dans une déclaration le 7 juin 2021, le secrétaire d'Etat américain aux Affaires étrangères, Antony Blinken, avait annoncé des sanctions ciblées contre les parties prenantes au conflit, en précisant clairement que son pays s'était engagé à œuvrer pour le retour de la paix dans les deux régions en conflit. « Je mets en place une politique imposant des restrictions de visa aux personnes soupçonnées d'être responsables ou complices de l'entrave à la résolution pacifique de la crise dans les régions anglophones du Cameroun. Cette décision reflète notre engagement à faire avancer un dialogue pour résoudre pacifiquement la crise anglophone et soutenir le respect des droits humains », avait-il déclaré dans un communiqué. Dans la démarche de Washington, des personnes qui seront identifiées comme responsables du pourrissement de la situation sociopolitique dans le NOSO , aussi bien du côté du régime camerounais que dans le camp de ceux se revendiquant de la sécession, seront « blacklistés » et ne pourront pas voyager aux Etats-Unis.

Mesures symboliques

«Le Conseil de sécurité de l’Onu et les partenaires internationaux du Cameroun devraient faire comprendre aux dirigeants séparatistes que ces crimes ont des conséquences, notamment en imposant des sanctions ciblées, telles que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs, à tous ceux dont la responsabilité est établie dans ces exactions », avait proposé l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié le 12 mars de la même année. Vu sous ce prisme, des observateurs politiques se demandent quelle serait la plus-value de cette sortie de l’ambassadeur des Etats-Unis dans la perspective de la fin de ce conflit sanglant.

Parti du postulat selon lequel le pays de Joe Biden a déjà pris des sanctions contre Yaoundé suite à des allégations de graves violations des droits de l'homme perpétrées par les forces de sécurité dans les régions anglophones, on attend de voir si le régime de Biya pourra entreprendre une gestion plus sérieuse de la crise sécessionniste. Ce d’autant plus que les mesures «symboliques» prises jusqu’à ce jour ne sont pas de nature à résoudre cette crise extrêmement grave. A suivre !

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