Les hommes politiques Camerounais des années 90: Par Calvin Djouari  Ecrivain romancier
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FRANCE :: Les hommes politiques Camerounais des années 90: Par Calvin Djouari Ecrivain romancier

1990 fut pour le Cameroun une année de braise. Partout en Afrique ça bougeait. L’écho de ce bruit sonnait à nos oreilles d’étudiants et on appelait cet écho, le vent de l’Est.

Notre pays entra dans la danse, une danse forcée. Obligés de rejoindre la grande famille des pays démocratiques, les camerounais entraient dans la vie politique comme d’habitude, par la tête.

 Cette année fut non seulement chaude à cause des vacarmes dans les cités, mais aussi lumineuse et étincelante, par les idées nouvelles qu’elle produisait au sein de la société savante. Je fais partie des témoins attentifs de cette époque, c’est pourquoi je veux faire revivre quelques souvenirs des hommes qui se sont distingués cette année-là.

 Dès les premiers balbutiements, l’état adoptait la loi sur la liberté d’association en l’occurrence celle du 19 décembre 1990. La voie s’ouvrait à la démocratie.  Chaque acteur affuta son arme idéologique.  Naissait donc à travers la CTV, disait-on à l’époque des émissions phares comme Antenne libre ou actualité hebdo, parrainées par le président Paul Biya en personne. Nous vécûmes en tant que jeunes étudiants, les premières belles prestations de nos intellectuels dont on ignorait la profondeur des idées. Personne ne peut dire de nos jours, qu’il fut déçu à cette époque, parce que ces personnalités émerveillaient les téléspectateurs et auditeurs avertis, assoiffés de savoir.

Les émissions ainsi créées, les intellectuels surgirent donnant un coup de main décisif à l’action gouvernementale. C’était leur droit et leur devoir de proposer des solutions pour les problèmes du pays.
Bien sûr qu’il y eut beaucoup de colère, de déceptions, de pessimisme. Plusieurs se sont sentis frustrés. Ils ont certes commis des erreurs malgré leur intelligence, mais ils ont beaucoup enseigné par leur connaissance brute.

Les anciens savent de quoi je parle, l’ouverture d’esprit de ces acteurs politiques était perceptible ; leur grande capacité d’écoute leur permettait d’être le miroir de la démocratie naissante, avec des connaissances diversifiées et évolutives, exigeantes non pas pour s’en flatter ou pour flatter, mais pour y faire la meilleure prestation possible. Je peux aisément dire qu’ils avaient le sentiment de leur tâche et du devoir à accomplir au sein de la société camerounaise. Ils avaient aussi les devoirs de réserve, dans un sentiment profond de liberté intérieure. 

Un vif regard dépourvu de présomption et/ ou nourri de sens critique, ils se tenaient comme des vrais médiateurs sociaux et professionnels au service de la communauté nationale, qui n’était pas indifférente devant ceux qui avaient marqué un point décisif. Je peux citer par exemple une personnalité comme le professeur Roger Gabriel Lep qui créait des concepts lucides « carriérisme d’idées » ou Gustave Essaka « si je ne peux plus parler dans mon pays c’est grave. » C’étaient des fabriques d’élites. L’arène politique des années 90, fut réellement un lieu d’excellence, et d’expérimentation réussie. Ces intellectuels ont à un certain moment, appuyé le processus démocratique. Je peux même dire qu’ils ont été des références.

A cette époque, chacun d’entre nous était convaincu de l’objectivité des   discours politiques et les analyses reflétaient la volonté populaire. Certaines émissions n’ont jamais été diffusées pour des raisons d’Etat. C’était en 90 et c’était au Cameroun. 

Les époques changent, c’est vrai, et on constate que ceux d’aujourd’hui sont très différents. Comme disait Engelbert Mveing à cette époque « la pauvreté culturelle des médias camerounais est désespérante. » Elle est vraie pour ceux d’aujourd’hui.

Voici donc ces quelques personnalités des années 90 sélectionnées, j’ai certainement oublié certains ténors. Je vais essayer de retracer ce quotidien qui rappelle ces mémoires oubliées. 

Je commence par Wougly Massaga(commandant Kissamba) et son colistier le docteur Elounga Beng.

Ces deux hommes étaient des Upcistes. Ils imposaient un certain respect et avaient une grande maîtrise de la science politique. D’abord, ils connaissaient, je ne dirai pas le Cameroun, mais le monde par cœur. Des hommes perspicaces, intelligents à l’extrême, qui avaient des analyses profondes sur les sujets. Quand ils passaient à la radio ou à la télé, on avait envie de les écouter. Malheureusement, ils ont laissé l’exil doré pour retourner demeurer dans l’anonymat total et dans l’ingratitude de nos pays.

Augustin Kountchou Khomeiny,

 C’est le premier vrai homme politique moderne. Ministre d’une génération qui n'existe plus malheureusement. Un homme inégalable par son intellect culturel, historique, droit et sa maîtrise des civilisations. Il a été à un moment donné la conscience même du pouvoir du président Paul Biya. Il suscitait l’enthousiasme, malgré les mots qui sont restés collés à sa peau comme « zéro mort », il reste un monument de l’intelligentsia camerounaise.



Mboui Joseph, Georges Ngango, Joseph Owona, Jacques Famé Ndongo Hubert Ngamga

Quatre professeurs agrégés et un ingénieur, au-delà des savoirs qu’ils ont transmis, ils restent des grands commis d’état qui ont apporté une contribution substantielle au débat politique camerounais. Ils ont eu une large vision politique et une grande culture, ainsi que par leur charisme, ils ont marqué les esprits réussissant leur mission d’incarner les valeurs malgré les tumultes qui étaient grands.

Theodore Ateba Yene
A ne pas confondre avec le jeune Charles Ateba Yené. L’homme évoqué ici était historien, ancien président du canon de Yaoundé, polémiste, formé dans le tas, mais qui séduisait par une brillante observation et une clairvoyance de la vie politique camerounaise. Au cours d’un débat à la télévision nationale, où Joseph Mboui l’avait frustré d’entre de jeux, en lui faisant savoir qu’il démontra ce soir ses connaissances historiques, Joseph Mboui  va commettre une erreur sur l’histoire du Cameroun pendant la colonisation  allemande. Ateba Yené va profiter de cette bévue pour le laver correctement en ce terme. « Je voudrais rappeler au ministre de l'Éducation nationale que le Cameroun en 1884 s’appelait ne s’appelait pas… mais il s’appelait « Douala stat » avant de devenir « Kamerun stat » après la signature du traité germano. » Le lendemain, la presse parlée fera le reste.

Kodock Augustin, Hog Beleng.

 Ce fut le tournant de l’histoire de ce parti dénommé UPC. Au cours de la présidentielle de 92 qui s’annonçait difficile pour le président Paul Biya, ce dernier avait besoin d’une alliance sérieuse, et seul l’UPC pouvait lui donner ces voix. Mais son adversaire Henri Hog Beleng venait de gagner les primaires de l’UPC, une candidature qui ne sera pas validé. Henri Beleng, ne détenant aucun document qui justifie sa camerounité, il sera éliminé de la course. Kodock va resurgir sur cette scène et rétablir l’ordre de ce parti qu’il animait depuis le terroir. Il va avancer que le bateau se noie et il est nécessaire d’avoir une alliance fut-elle une alliance lugubre. Qu’importe l’animal qui pourrait le sauver  de la noyade. Seulement le seul animal dans l'eau en ce moment était un serpent. Augustin va s’accrocher et sauver sa peau. Le serpent ne l’a pas mordu.  « Quand on se noie, on s’accroche à tout même à un serpent » le tour était joué pour le parti RDPC ce simple mot va assurer la victoire subtile du président Paul Biya.

Yondo Black, Ekane Anicet, Albert Nzongang, 

Celestin Monga , Lapiro de Mbanga,

 Djeukam Djameni, Pius njawe, Hervé Kom, Djino Léandre. Hameni Bialeu.
Voici un panel d'intellectuels  visionnaires. Ils ont pesé de tout leur poids en affrontant les hommes de Jean Fochivé. Cet homme qui faisait peur parce qu’il avait encerclé le Cameroun des informateurs. Le Cameroun d’aujourd’hui en matière de sécurité ne fut pas celui de Fochivé. Cet homme malgré sa face lugubre fut le visage lumineux de la sécurité au Cameroun, pour ma part, il mérite d’être honoré.

Hervé Kom
Il était à cette époque un Parisien, mais très présent à Douala à cause  des championnats de football  qu’il organisait pendant les grandes vacances. C’est au cours d’un passage à la radio à une émission très célèbre qui passait le dimanche (tête d’affiche) qu’il va se faire connaitre sur le plan national. Le donneur universel, comme on l’appelait à la cité sic, est un homme riche de cœur et éblouissant d’intelligence. Sa maison faisait rêver, comme sa vaste culture du monde contemporain. Il fait partie de ces camerounais qui utilisent la langue française avec autant de richesse que de sobriété ; il peut s’exprimer en langage du quartier comme dans les Grandes-Loges. Le français est une langue extrêmement riche et complexe pour celui qui sait le manier. A l’époque, ce monsieur le maîtrisait, pratiquement à fond. D’abord militant chez Samuel Eboua, il va vite retrouver le RPDC qu’il anime aujourd’hui comme un véritable mentor.

Mongo Beti
Iconoclaste, l’écrivain maison, écrivain pour toujours, dominait sur tout le monde rien qu’avec son nom. Il parlait la langue française comme si c’est lui qui l’avait inventée. C’était un homme sublime par ses prises de position. S’attaquant à tout système, il subira une réplique dure de la part d’une personnalité politique camerounaise qu’il avait critiquée ouvertement dans jeune Afrique économie ; cet homme politique dont le nom m'échappe dira ceci : « les idées politiques du tarzan marxiste sont stérilisées par la célébrité de l’écrivain mégalomanie aidant. »

Cardinal Tumi et Jean Zoa

Deux prélats exceptionnels de notre vie politique ; le premier s’affiche avec   l’opposition. Le second est discret et sert le pouvoir ; quand le premier refuse le résultat des élections présidentielles de 92, le second refuse les refus. Tous deux avaient toujours des réponses adéquates et contradictoires même quand on essayait de les piéger directement ou indirectement ; ils avaient la réponse appropriée et Dieu sait que très peu de personnes pouvaient habillement tenir un débat de manière aussi élégante comme ces deux hommes en soutane.

Henriette Ekwe, Madame Eteki et Madame Okala.


Elles n’ont pas à proprement beaucoup parlé pendant cette période de façon ouverte. Mais ce sont des femmes présentes, des femmes qui ont eu les meilleures anecdotes sur notre pays ; pleines de noblesse, authentique d’intelligence, leur rare débat se faisait avec beaucoup de clarté. On voyait quand même la volonté sans moyen de ces femmes qui se trouvaient seules dans un monde d’hommes.

Mboua Massock, Gustave Essaka, Bernard Muna, Ndeh Tumazah.

 Ils ont contribué chacun à leur niveau par des prises de positions assez courageuses. Bernard Muna un résistant héroïque, un des rares anglophones qui prendra des positions intrépides dans la presse pendant ces années de braises. Un homme qui s’est battu pour la consolidation de l’unité, et qui se soumettait à cet attachement. Cette qualité est un don qu’on peut mettre au service de nos deux communautés.


Monseigneur Albert Dongmo

Il n’a pas été très médiatisé dans les années 90, mais il est resté très à l’écoute des affaires intérieures du Cameroun à travers les journaux comme le messager et jeune Afrique économie. L’homme de tonnerre, a poussé tous les Camerounais au dépassement par son intelligence et sa sagesse ; un homme d’une culture hors pair qui parlait et écrivait au moins quatre langues couramment : le français, l’anglais, le latin, l’espagnol. C’est l’homme des miracles. Arrivé au Cameroun en 1985 lors de la visite du pape Jean Paul II, tout le monde le cherchait du côté de Yaoundé. Il n’apparaîtra pas. C’est à Nkongsamba qu’on le verra où, par surprise, il dira une messe. La population n’étant pas au courant de sa présence, n’était pas venue en grand nombre, mais dès lors qu’il surgit, tous ceux qui assistaient la messe sont sortis pour alerter les fidèles ; 30 minutes après, l’église était archi-comble. Cet homme était très puissant. Une puissance surnaturelle.

Henri Bandolo, Gaston Obama, Fabien Eboussi Boulaga , Jean Marc Ela, Meinrad Hebga,

Bell Antoine, Ekindi Jacques, Sadou Hayatou 

Tous représentent l’intelligentsia camerounaise, et ont contribué à plus d’un titre par leur discours ou par les faits qui attiraient l’attention. Ils ont participé grandement sur le terrain de la science politique ou de la culture générale. Jojo Antoine Bell par exemple reste un footballeur de grande classe, un intellectuel de classe exceptionnelle qui avait bien rempli sa tâche sur le stade  qu’avec les micros.

Edzoa Titus,
C’est  un homme de conviction ; le grand manitou, l'un des ministres qui m'a le plus impressionné par son intelligence, sa culture, sa vivacité, sa classe, son franc-parler, ses idées. Il avait une grande place auprès du président ; mais comme tous les grands-maîtres, ils ne connaissent pas leur limite. Pour moi, c’est un très grand homme, il est incomparable. Il n’y a pas encore parmi les ministres d’aujourd’hui un homme qui a sa carrure. C’est un homme qui pouvait aider la jeunesse camerounaise dans sa transformation morale. C’est dommage, ce sont les meilleurs qui s’effacent. C’est un homme qui savait placer les mots : « l’université de Bandjoun est la nouvelle forme des universités qu’on verra dans les prochains jours au Cameroun, vive l’université de Bandjoun, vive les universités. » Au cours de la passation de service de Jean Fochivé, il fera cette déclaration péremptoire qui en disait long. « Seul l’histoire dira son mot pour ce qu’a été Jean Fochivé dans la vie politique camerounaise. » s’adressant aux étudiants qui avaient refusé de composer et qui souhaitaient recomposer, il dira : « j’aurais été à votre  place, je n’aurai pas demandé de recomposer, par fierté de ma position de penser. » Oh mon pays Cameroun, on a eu des braves hommes.

Roger Gabriel Lep

Il fut un savant, le Cameroun était fier de l’avoir, une grande éloquence et un grand sens de la répartie dans toute sa carrière, il était en avance sur son temps ; il s’exprimait sans ambiguïté, un homme au sommet de la culture, de la prestance et de la bonne éducation politique, qui connaissait le droit dans tous ses contours. Très charismatique, il avait un regard bienveillant sur la société camerounaise, son fameux triangle équilatéral et son village électoral qu’il énonçât à la tripartite sont vrais aujourd’hui.

Koungou Edima Ferdinand

C’est un dur, ils ont maitrisé les villes mortes à douala, avec sa fameuse phrases, « les forces du désordres rencontreront les forces de l’ordre »

Maurice Kamto,

Dans les années 90, il se cherchait. Il était beau comme son intelligence ; grand homme, personnage complexe, à la fois courageux par ses prises et ses retournements. Il avait très tôt parlé de distanciation, mais avec le recul de l'histoire, il a montré que les apparences sont trompeuses, et que nul homme n’est irréprochable, ce fut une très
belle époque, et l’histoire lui a donné raison parce qu’il est devenu par la suite une personnalité exceptionnelle.

Etienne Soman, Charly Gabriel Mbock, Samuel Eboa, Engelberg Mveing, Dakolé Daissala, Garga Haman Adji. Roger Moindou. Mboua Massock

Il n’y a pas de petits mots qu’on puisse exprimer pour tous ces noms, ce sont des grands noms qui méritent d’être connus et reconnus. Ils étaient aimés. Vraiment on regardait ces hommes avec beaucoup de fascination, mais surtout avec une grande concentration. Il y avait l’élégance des mots, comme celle de la culture, ou le charisme s’y mêlait grandement, ils représentent aujourd’hui notre histoire, disons notre mémoire historique.

Mono Djana

Le philosophe, le mal aimé, il a beaucoup donné à l’université de Yaoundé ; mais il a été victime d’une mauvaise sortie, indigne pour l’enseignant ou l’homme politique qu’il a été. Il est pourtant encore vivant quelque part, oublié. Comme tant d’autres de ce pays. On avait le plaisir de l’écouter, j’enregistrais les émissions lorsque j’apprenais qu’il passera.  Le professeur Mono Djana reste pour moi un grand enseignant et un grand homme politique, tout ce qu'il a prédit dans l'idée sociale de Paul Biya se réalise aujourd'hui. Avec Maurice Kamto, Douala Moutomé, ils ont animé des grands débats à travers le journal Messager qui ont posé les jalons et constitué la pierre angulaire de tous les débats qui se feront dans notre pays.

La gente féminine, il n’y a pas eu à proprement parlé des femmes d’envergure, aujourd’hui on en compte beaucoup qui se débrouillent pas mal. Les défauts des années 90, c’est le fait qu’il Il n’y ait pas de production littéraire. Ils n’écrivent pas pour laisser quelque chose à la postérité. Peut-être Garga Haman Hadji. Livre immense que j’ai lu. Il n’y a pas eu de production littéraire digne de ce nom qui puisse faire date. Excepté l’urgence de la pensée de Maurice Kamto.

Toutes ces émissions étaient animées par des grands journalistes comme le sénateur Albert Mbida,(antenne libre), Thierry Mouellé, Denise Epoté. Ils nous ont servi une bonne leçon de journalisme. Aujourd’hui un journaliste vous pose une question et il veut répondre à sa propre question. Il t’interrompt à tout moment. Tout n’est que désolation.

Toutes ces personnalités citées plus haut, venaient échouer devant l’homme Biya, l’homme qui dira : « Me voici à Douala .» N’oublions pas cet autre sage de luxe qu’était Charles Assalé. L’homme des proverbes : « dans quelques minutes, j’aurai 90 ans », « le singe avait dit à l’éléphant qu’il ne doit pas se tromper deux fois », « quand on va à la chasse de l’éléphant on est seul, imaginez la suite… », « je suis venu seul sur terre, me voici qui retourne seul, mes biens appartiennent à l’état, » le tout premier Premier Ministre d’Ahidjo à l’indépendance n’a jusqu’ici son pareil à mes yeux.

Aujourd’hui beaucoup parlent, mais ils n’ont pas des mots forts, heureusement que le professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun, Nathalie Yamb en France honorent dignement cette page. Maître Ndoki, Owona Nguini, Cabral Libih, le docteur Monod, Jean Paul Belek, Dieudonné Essomba, et Valère Essomba, au Cameroun essaient de combler ce manquement.

Rien que par sa portée symbolique, la société civile a marqué les esprits en 1990. Cela méritait d’être reconnue.

 

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