L'ONU prolonge d'un an l'embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine
CENTRAFRIQUE :: POLITIQUE

CENTRAFRIQUE :: L'ONU prolonge d'un an l'embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine :: CENTRAL AFRICAN

Avis d'expert : L'ONU prolonge d'un an l'embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine 
  
Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé vendredi l'embargo sur les armes imposé à la République centrafricaine pour une durée de 12 mois, alors que ses Etats membres se sont dits préoccupés par la situation, qui "continue de constituer une menace pour la paix internationale et la sécurité régionale" dans ce pays. Cette approbation est venue du Conseil pour prolonger l'embargo à la majorité de dix voix et cinq abstentions, dont la Chine, seul pays qui s'est abstenu de voter lors de la précédente prolongation, et le Gabon, le Ghana, le Kenya et la Russie.


Évidemment que la République centrafricaine, malgré ses efforts pour lever totalement cet embargo, n'a pas atteint ses objectifs, car les autorités centrafricaines sont en réalité toujours soumises à cet embargo et avant tout achat d'armes elles sont tenues d'en informer le Conseil de sécurité de l'ONU. 
Selon l'expert militaire et analyste spécialiste de la défense et de la sécurité en République centrafricaine, Sylvain Nguema, les résultats du vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'embargo sont insuffisants pour assurer la sécurité des citoyens face aux exactions des rebelles, « Cet embargo sur les armes signifie que notre armée est moins équipée que les groupes rebelles. »Nguema a déclaré.


Selon l'expert militaire, la résolution du Conseil de sécurité est répétée à chaque fois et il n'y a aucun développement qui puisse servir l'armée gouvernementale dans le pays, et cet embargo est considéré comme un long tunnel bureaucratique, ce qui rend le gouvernement centrafricain moins mobile et libre pour apporter un soutien à son armée. Rappelons que l'embargo sur les armes a été imposé en 2013 après qu'une coalition de groupes armés a renversé le régime de l'ancien président François Bozizé et plongé le pays dans la guerre civile.


Si l'on remonte un peu dans le temps et exactement à la date de la promulgation de la première mouture de l'embargo sur les armes, qui était le 20 juillet dernier, le politologue affirme que la France a décidé de prolonger l'embargo sans modification et sans exception en faveur les forces armées de la République centrafricaine (FACA). Ainsi, Paris entendait maintenir la pression diplomatique sur Bangui, s'appuyant sur le soutien des Américains, Britanniques, Irlandais, Norvégiens et autres alliés, ce qui, bien entendu, était dans l'intérêt de la République française.


Enfin, selon l'avis de l'expert militaire, cette mesure fragilise les forces armées (FACA) face aux rebelles, qui s'approvisionnent à leur tour en armes au marché noir, et la République centrafricaine est un pays souverain et a le droit de disposer de son armée, surtout maintenant que le niveau des FACA sur le terrain a augmenté.


Par Sylvain Nguemaаnalyste militaire spécialisé dans le secteur de la Défense et sécurité en RCA.

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo