Scandale à la Sic : Vers un détournement d’un projet de 10 milliards de Fcfa
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CAMEROUN :: Scandale à la Sic : Vers un détournement d’un projet de 10 milliards de Fcfa :: CAMEROON

Le marché de construction d’un complexe de 150 logements et divers équipements dénommé « Résidence du Mfoundi » au quartier Hippodrome à Yaoundé, à l’origine d’une vaste maffia, avec à la manœuvre, des hauts responsables de la Société immobilière du Cameroun (Sic).

Les détails sont portés en mention sur une large pancarte installée à proximité du restaurant « Plazza » sis quartier Hippodrome à Yaoundé. « Marché n°06/m/Sic/Cipm/2021 passé après appel d’offre international restreint n°009/Aoir/Sic/Cipm/2020 pour les travaux de construction d’un immeuble de 150 logements+3000m² de bureaux et commerces+ parkings au quartier Hippodrome (Résidence du Mfoundi » Yaoundé. L’endroit est devenu impraticable si ce n’est impossible d’accès pour cause de travaux. Si le curieux peut se réjouir d’emblée de l’imposante architecture telle que le démontre la maquette floquée sur la pancarte, les manœuvres souterraines en rapport avec ce juteux marché, peuvent pousser au dégout.

D’ailleurs, le sujet fait les gorges chaudes dans les bureaux de la Sic où le nom d’Ahmadou Sardaouna par ailleurs maître d’ouvrage dudit projet, est mangé à toutes les sauces. Lui qui a fini par lancer après plus de trois ans depuis sa nomination, les travaux de cette prestigieuse bâtisse qui a transformé le site en un vrai chantier marqué par la présence des engins qui creusent de partout.

Flou dans l’adjudication du marché

Le visiteur attentif devra constater en regardant de plus près, qu’il y a en effet deux chantiers, dont l’un serait privé. L’autre par contre présente toutes les caractéristiques et références d’un projet porté par le gouvernement à travers la Sic. Tout y est, sauf (curieusement) le Permis de bâtir. L’enquête du Messager présente d’autres curiosités qui surgissent progressivement avec les précieuses informations rassemblées ici et là. L’on apprend par exemple que ce projet, qui a démarré en trombe et se déroule à la vitesse éclair, est totalement différent de celui qui avait dûment fait l’objet d’un appel d’offres.

L’affaire est d’autant plus abracadabrantesque qu’il s’agit d’un important projet au regard des faramineux montants en jeu. 10 milliards Fcfa pour 150 logements sociaux, c’est à « couper le souffle », comme s’exclame, une source à la Sic. L’histoire de ce projet renseigne qu’un Appel d’offre international restreint avait été lancé auprès de trois candidats soumissionnaires.

Au bout du compte, la Commission mise sur pied pour les besoins de la cause avait enregistré l’adjudication du marché au Groupement Buns/ Aiglon. Même si des voix s’élevaient pour critiquer le fait que ce soit le premier projet de cette taille que celui-ci allait réaliser. Toutefois, la bonne nouvelle, c’est qu’il s’agissait d’entreprises camerounaises, préférées à de grosses boites chinoises (CEMEC) et autres Arabes Constrictor (égyptien). Et depuis lors, ces malheureux concurrents crient leur colère et pourraient demander réparation.

Surtout qu’en plus de réaliser un autre immeuble avec d’autres dessins, celui-ci est parait-il, de consistance et de taille bien inférieure au projet de l’Appel d’offre. Avec par exemple, les 3000m² de bureaux et commerces annoncés dans l’intitulé dudit Appel, qui sont à « 08 bureaux allant de 30à 157m² » [si l’on s’en tient à une vidéo de la Sic en circulation dans les réseaux sociaux]. C’est à croire que le groupement adjudicataire allait « casser les prix pour gagner », sachant que plus tard, il réaliserait un autre un projet de très moindre importance et donc, se rattraper. Sans compter les mirobolants avenants qui pointent le nez. 

Ketcha Courtes interpellé

C’est dire qu’il est peut-être temps de « tirer au clair cette situation qui est non seulement préjudiciable pour l’Etat, mais aussi pour les autres entreprises soumissionnaires, victimes d’une concurrence déloyale. Car même à supposer qu’il fallait exécuter un autre projet, cela aurait été plus régulier qu’il soit soumis aux autres concurrents pour recueillir également leurs offres. Et non décider cela en petits comités de copains et de coquins », s’insurge un spécialiste en Génie civil et très proche du dossier. Circonstances plus qu’aggravantes, de sources sûres, le groupement adjudicataire a déjà présenté de nombreuses factures qui lui sont validées sans que les travaux y concernant aient été réceptionnées par qui que ce soit. Des factures calculées sur la base du marché signé d’après le dossier de l’Appel d’offres qui, lui, concerne un autre projet où l’on parle de plusieurs milliards déjà décaissés en quelque mois.

Pendant ce temps, le projet même et son chantier se déroulent dans des conditions d’omerta totale. « Aucun mot pendant les réunions de coordination, alors qu’il s’agit du seul projet en cours à la Sic. Les parapheurs y afférant, s’échangent de la main à la main. Quant au financement mis en place, c’est encore le flou total. Sur la plaque du chantier, on lit : Syndicat par la CBC, une Banque pourtant de premier ordre qui, peut-être sans le savoir, va se retrouver plutôt dans un syndicat de feymen, autour d’une escroquerie qui ne dit pas son nom », redoute notre source. De quoi interpeller la tutelle qui n’est autre que Célestine Ketcha Courtes, ministre du Développement urbain et de l’habitat qui se trouve être en même temps présidente du Conseil d’administration de la Sic.

Que dire de Sardaouna qui déclare à qui veut l’entendre lors de ses descentes sur le site, que le projet correspond parfaitement à la « nouvelle vision de la Sic » ? Lui dont l’incompétence et celle de la nouvelle équipe dirigeante qu’il conduit, a été récemment fustigé par la PCA. Au point de voir le budget de la société réduit de moitié. On ne s’en doutait certainement pas qu’il y’a pire. Une affaire de grosse escroquerie à suivre !

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