La Russie n'est pas en train de perdre la guerre en Ukraine
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La Russie n'est pas en train de perdre la guerre en Ukraine, contrairement à ce que nous lisons ou entendons dans nos médias depuis février. Le souligner n'est pas une forme de complaisance à l'endroit de Vladimir Poutine, c'est une constatation de ce qui se passe dans le monde brutal et violent du réel.

Après un début de campagne militaire calamiteux, l'armée russe s'est ressaisie et s'est employée avec discipline à faire main basse sur l'est du pays.

L'armée ukrainienne a peut-être livré - et continue à livrer- une résistance héroïque, son territoire national n'en sera pas moins amputé. Le comprendre et l'écrire n'est pas un acte de propagande au service de Moscou. On peut choisir de se mettre la tête dans le sable, la situation sur le terrain va demeurer la même. Les milliards dépensés par l'OTAN - lire ici les États-Unis- n'y changeront rien. Les contribuables américains vont être les seuls à en faire les frais.

Une note de plus de neuf milliards par mois si les vœux de monsieur Zelensky doivent être exaucés!

La Russie n'est pas et ne sera pas ruinée par les sanctions économiques imposées par les pays de l'OTAN et leurs alliés du Pacifique. Il y a évidemment un prix à payer pour Vladimir Poutine et la population russe mais les sanctions ne feront pas tomber le régime.

L'effondrement « sans précédent » du rouble dans les jours qui ont suivi les sanctions décrétées à Bruxelles et Washington devait être une des preuves éloquentes de l'efficacité de notre réponse.

Le grizzli russe, ipso facto, transformé en peau d'ours.

Mais l'avons-nous bien tué, l'ours, avant d'en vendre la peau? En juin, le cours du rouble se transigeait à un sommet jamais atteint depuis sept ans face à la plupart des devises de référence; euro et dollar US compris!

La nouvelle n'a pas fait la une.

J'ai pourtant souvenir que l'effondrement initial des cours du rouble, fin février, avait beaucoup retenu l'attention de nos grandes salles de rédactions. L'embargo sur le pétrole et le gaz russe n'ont fait qu'augmenter les prix et ajouter des milliards au trésor de guerre du Kremlin.

À ce jour, l'immense crise énergétique provoquée par les sanctions imposées à la Russie est en grande partie encaissée par les citoyens/consommateurs des pays qui livrent à Moscou une guerre qui ne dit pas son nom. Étrange stratégie, un chouïa masochiste, que de se fragiliser dans l'espoir de faire mal à son adversaire.

Cette crise n'est pas l'aiguillon qui va permettre à l'OTAN, et par extension toujours, au monde « civilisé », de serrer enfin les coudes devant le régime totalitaire de Vladimir Poutine. La belle unanimité sur les valeurs démocratiques qui anime tous les chefs d'État européens depuis 5 mois est aujourd'hui inversement proportionnelle à leur dépendance au gaz naturel russe.

Les Allemands sont déjà en train de parler de rationnement et des charmes de la douche froide! Je doute fort que le #rationnement soit une formule politique gagnante, même s'il s'agit de sauver l'Ukraine. La réouverture annoncée le 21 juillet du pipeline Nord Stream 1, après les travaux annuels d'entretien, est le premier test de solidarité que pourrait imposer le président Poutine aux européens.

Un « retard » à rouvrir le pipeline pour raisons techniques n'est pas à exclure. Difficile de ne pas imaginer le président russe prendre un malin plaisir à jouer avec les nerfs de ceux qui le tournent en ridicule. La solidarité au sein de l'OTAN va-t-elle résister longtemps aux impératifs de la realpolitik?

Les Ukrainiens ont tout intérêt à le souhaiter mais est-ce vrai pour tous les européens? Évidemment nous pourrions choisir de ne plus choisir et faire la guerre, la vraie. La Première Guerre est le résultat d'une suite d'erreurs de jugement qui n'auraient pas dû se produire. Espérons que nous sommes aujourd'hui plus sages.

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