Affaire Conceiçao contre Fecafoot : Le licenciement de trop ?
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La FIFA donne gain de cause à l'ancien sélectionneur de l'équipe nationale de football du Cameroun, le portugais #Toni Conceiçao, après son éviction prématurée de son poste de sélectionneur. Saisi par le technicien portugais pour licenciement abusif, le Tribunal du football de la FIFA condamnera la Fédération camerounaise de football (#Fecafoot) à va verser des indemnités à son ancien sélectionneur, s'élevant à la rondelette somme de 1.5 millions d'euros (approximativement 660 millions de Fcfa).

Une décision qui en soit ne serait pas si préoccupante si le Cameroun n’était pas déjà coutumière des séparations houleuses impliquant la majorité des anciens encadreurs (souvent étrangers d’ailleurs). Le cas le plus récent en date est celui de Hugo Broos qui, remercié par l'instance faitière du football camerounais, obtenait gain de cause dans une procédure similaire. Avant Conceiçao et Broos, le hollandais Clarence Seedorf, l’allemand Volker Finke et le Français Denis Lavagne avaient déjà saisi la #FIFA pour les mêmes motifs, empochant des centaines de millions d’indemnité au passage.

Au vu de ces cas itératifs de licenciements abusifs qui coûtent des centaines de millions à l’Etat Camerounais (et par ricochet au contribuable), il y a lieu de se demander si la Fecafoot est doté d’une cellule juridique performante ou fait recours à des experts au moment de ficeler les contrats de travail qui la lie avec ses cocontractants. Si oui, comment expliquer que la vénérable institution soit confrontée aussi souvent à des situations scabreuses au moment de se « défaire » de ses sélectionneurs ?

Certes, on pourrait nous rétorquer que la clause résolutoire des contrats d’embauche des sélectionneurs, laquelle semble accorder à la Fecafoot la faculté de résilier unilatéralement lesdits contrats en cas de non-respect du cahier de charges du sélectionneur, suffirait à mettre une certaine pression sur les épaules de ceux retenus. Mais il y a lieu de rappeler que de telles clauses, si elles peuvent s’avérer avoir un effet prophylactique, ne permettent aucunement de compenser le manque-à-gagner financier énorme que représente une rupture de contrat, comme le démontre les cas précédemment cités. Loin de nous évidemment l’idée d’inférer que ces ruptures inopinées de contrat seraient en fait « provoqués » par les hauts pontes de la Fecafoot qui passeraient outre les recommandations et avis des conseils de la fédération. Mais on ne peut s’empêcher d’être interpellés par ces situations qui se répètent, surtout lorsqu’on sait que ladite Fédération éprouve des difficultés notoires à régler les salaires et primes des joueurs qui évoluent en championnat.

A l’ère de la démocratie performative, qui impose aux dirigeants un devoir de transparence envers le peuple dans la prise des décisions, il serait de bon ton que d’une part la Fecafoot communique clairement sur les conditions de recrutement des entraîneurs et d’autre part qu’elle revoie ses critères de sélection pour éviter l’instabilité chronique qui mine l’équipe nationale. Si la régularité des sélectionneurs à la tête de l’équipe nationale pouvait épouser la même trajectoire que celle du Président qui est à la tête de notre République, un grand pas serait déjà fait.  

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