Mélong : un homme battu par son épouse témoigne devant le chef de quartier
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Victime de violences conjugales, Ewane a brisé un tabou devant le chef de quartier de Mboango à Tissaré. Coupable de lui avoir porté des coups, sa femme a été condamnée par la chefferie Mboango à devenir chef de ménage pendant un an 
 
La violence, au sein d'un couple, n'est pas toujours l'apanage des hommes. En atteste le cas de Ewane, père de famille. Battu et menacé pendant plusieurs années, il a témoigné, le 14 juillet 2022, à la rencontre de conciliation initiée par le chef de quartier Mboango à Mélong, ville située dans le département du Moungo et la région du Littoral.

Un témoignage rare pour un sujet pas si anecdotique. 

À la barre, où il s'est présenté appuyé sur deux cannes, Ewane n'a jamais cherché à jouer les souffre-douleur. Il n'a pas tenté non plus de noircir le calvaire qu'il a vécu dans le huis clos de la maison familiale qu'il occupe

Une maison à la limite de l'insalubrité . « Dans toute cette histoire, j'ai aussi ma part de responsabilité, concède-t-il d'emblée d'une voix fluette, soucieux de ne pas accabler sa chère moitié. Après la perte de mon emploi à l'été 2016, j'ai commencé à boire et je me suis laissé glisser… »

La femme décrite comme « fragile, colérique et impulsive »

Sauf qu'à l'époque, son épouse, colérique et impulsive, trouve elle aussi refuge dans l'alcool. Le couple ne partage alors plus grand-chose, hormis la surface habitable du logement, d'interminables apéros et un goût immodéré pour un alcool distillé traditionnelement et plus connu sous le nom d'arki. Conséquence : les disputes se multiplient, les coups succèdent aux mots et très vite, les mains courantes s'entassent sur les bureaux du chef du quartier.

Quand ils interviennent enfin, le 10 juillet dernier, les gendarmes en provenance de Mbouassoum et en partance pour Mélong centre découvrent Ewane au beau milieu de sa maison, portes ouvertes,l'air vicié. Ses bras sont couverts de morsures, son visage et son dos zébrés de traces de griffure. « Ces lésions témoignent de l'intensité des violences, observe l'un d'eux. Et on ne parle pas ici de violences réciproques.  

Les coups pourtant, la volcanique épouse d'Ewane peine à les reconnaître. Les ecchymoses découverts sur le corps de son mari ? « Avec son poids et l'alcool, il lui arrivait de chuter et de se faire mal tout seul, assure-t-elle, cachée derrière ses épaisses lunettes. Et en voulant le relever, j'ai pu sans le vouloir, le griffer un peu. » Puis, assaillie par les questions du chef de quartier, elle admet : « Je le tapais parce qu'il me harcelait, il me hurlait dessus. »

Son mari s'est retrouvé sans emploi, après la fermeture d'une usine à café du coin où il officiait depuis plus de 15 ans comme chef des opérations de tri. Selon leur voisin, Ewane restait alité presque toute la journée pendant que son épouse travaillait, faisait les courses, le ménage et s'occupait de lui. Dans le couple, tout reposait sur ses épaules et à un moment, elle s'est retrouvée complètement perdue. 

Désormais, l'épouse violente dit avoir retrouvé son chemin. « L'alcool, c'est fini» jure-t-elle, expliquant au passage vouloir reprendre la vie conjugale. Un souhait partagé par Ewane, qui assure lui aussi en avoir terminé avec la bouteille.

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