LA TOUR EIFFEL PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI
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FRANCE :: LA TOUR EIFFEL PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI

Le passant d’un jour, regarde l’amas de ferraille, lorsque l'artiste découvre une œuvre d’art. L’ouvrier reconnaît les durs labeurs, l’architecte une féconde imagination de tous les temps. Le passant se rappelle du souvenir de son passage, l’intellectuel l’histoire gravé dans sa mémoire. L’élève à son tour parle de l’arrondissement où la Tour se situe, son professeur attire son attention sur la ville. La journée parlera d’un pays, le temps évoquera un monde à chaque fois nouveau.
Le Pygmée était dépaysé, alors que le savant qui l'accompagnait était marqué par l’évasion sur une terre merveilleuse qui se recréait. L’enfant voit le firmament, son père la hauteur, quand il regarde le sol, il constate la terre sablonneuse, son père la profondeur. Les français ont cru que la Tour était une particularité, les touristes leur ont enseigné l’universalité. Toute existence est un temps, et chaque temps porte la Tour, car elle résume tout un esprit et contraint à la durée d’un passage, où il n’y a plus de vide. On peut se décharmer de Paris sauf de sa Tour, dont la finalité est de rejoindre le monde pour se libérer. La tour a libéré le monde pour se poser sur sa tête.
 
La beauté seule comptait, la Tour ce n’est pas toute la vie, mais un gros morceau d'enfer. Le monde l’a compris, c’est en la regardant qu’on reçoit sa première leçon de vie, la liberté de penser. J’ai toujours aimé ceux qui aimaient la Tour, beaucoup qui l’ont vue n’ont pas appris la grammaire, ils n’avaient pas lu Montaigne ou la Bruyère, ils n’avaient pas assez de mots pour exprimer ce qu’ils pensaient, mais ils avaient fait leur mouvement pour être. La Tour leur avait tout communiqué par la sensation qu’ils éprouvaient. L’œil et l’oreille furent leur seuls maîtres, l’œil surtout, parce que cela pouvait les aider à penser. Ils pouvaient chercher leur propre chemin quelle que fut la distance.
 
C’est en été qu’il fallait voir la Tour, elle changeait l’imagination ; toutes les nations s’y rencontraient. Il n’y a que l’art qui ne ment pas. Si on ne la connaît pas, notre retard se justifiera ; tous les habitants de la planète l'ont vue dans un coin au moins en image. Quand on y arrive, on l’épouse, la refuser on risque y demeurer dans le célibat. Il faut aller à son sommet pour écouter le chant des oiseaux dans Paris ; c’est au sommet de la tour qu’il faut voir qu'on peut apercevoir sa ville, ses fleurs, ses routes disséminées de taches et ses émotions palpables ; les traces des ouvriers qui l'ont bâtie sont visibles de loin quelques furent ses couleurs dans la douceur du soir. La Tour à elle seule est une histoire sans bouquins, mais elle a construit des bibliothèques il y avait quelque chose ici qui poussait à écrire après avoir regardé son sommet.
 
Le seul pygmée qui l’avait visitée, avait décrit à ses frères que c’était un homme grand avec une petite tête ; il est rentré dans son pays convaincu que dans ce pays vivait des grands hommes avec des petites têtes. L’air est léger à la Tour, et dans ses rues, coule un sirop, c’est le seul endroit à Paris où finissent les chagrins,
 
Le fanfaron a dit qu’elle était bâtie sur du vide, l'Homme a répliqué qu’elle est bâtie sur des secrets. L’aventurier dira, c’est un milieu, le philosophe une culture. Beaucoup ont retrouvé leur nature et leur racine, la tour est fière de rencontrer beaucoup qui ont commencé avec zéro, et qui sont aujourd’hui des héros. Hitler avait demandé que la Tour fut délogée pour Berlin, son architecte lui a dit de respecter les œuvres d'art.
 
 

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