ERIC SIBEU, L'EXEMPLE D'UNE REUSSITE A ROME
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Ceux qui ont vu Eric Sibeu arriver il y a quelques années en Occident, seront très surpris aujourd’hui s'ils l'ont perdu de vue depuis quelque temps. Le jeune s’est construit une vie qui surprend plus d’un grâce à son talent de bosseur. Ce Camerounais âgé d’une trentaine d’année est arrivé à Rome sans connaître où il dormirait à sa descente d'avion. Mais comme dit l’adage, tout chemin mène à Rome car Rome est une ville sainte qui accueille tout passant de la terre. Les hommes de foi savent que dans la ville de Pierre, il existe une chance quand tu y pénètres. Sa première chance fut lui-même, car Eric est un garçon pugnace, téméraire qui connaît surmonter les épreuves et les obstacles.

Les difficultés, il les a connues quand il était au Cameroun, dans son métier de transporteur. Mais avant cela, il fut savetier ; c'est un travail qui le passionnait, il l'avait appris.   Ce second métier est pour lui un art qu'il maîtrise très bien et l’esprit de l’art ne quitte pas l’artisan. La première idée en occident, est de travailler dans n’importe quel domaine lorsqu'on arrive ; l’essentiel est de survivre pour tenir et ne dépendre de personne, d’ailleurs il n’y aura personne pour toi. C’est ainsi qu'après avoir obtenu ses documents, il travaille comme agent commercial chez un particulier. Un travail qu’il accueille avec enthousiasme. Alors que l’homme s’attend à être installé dans un bureau le jour de la signature de son contrat, son patron le lance dans la rue. Il doit marcher dans Rome qu'il fasse chaud ou froid à la recherche des potentiels clients. Qui n'a pas marché à Rome ? Peut-être les saints qui ont la chance d’avoir deux corps.

La difficulté est grande, l’Europe ce n’est pas l’Afrique, on ne sonne pas chez des gens pour lui présenter une publicité ; la langue n’est pas encore acquise, nous sommes en Italie, Eric essaie comme il peut avec les quelques mots qu’il a déjà appris à l'école de langue et le reste, il le complète avec les gestes. Souvent il va dans les montagnes ou les collines de Montebello ; dans ces collines, il fait froid à la montée et chaud à la descente, Eric tient, il marche, il regarde, en quelques mots, il connaîtra Rome par cœur.

Et comme il est dit, qu’à Rome un jour, l’homme qui aime cette ville rencontrera son sauveur, ERIC passe devant un fabricant professionnel de soulier. Il se présente et dit qu’il connaît le métier. L’italien rit. Depuis quand un Africain peut fabriquer une chaussure ? L’homme assis en tailleur qui prenait son café lui dit :  je te donne 2 heures pour fabriquer tel modèle, question de mettre Eric en difficulté afin de le railler. Il lui fournit tout le matériel et continue à prendre son petit-déjeuner. Après une 1h 45, Eric fabrique la chaussure, un modèle meilleur que celui qui lui a été présenté. L’Italien n’en revient pas. Un noir ? Ce même jour, ERIC a trouvé un second père dans la ville de Rome. Ce second père sera un Italien. Le monsieur le prend et l’amène chez lui, lui présente sa famille et lui donne une chambre. C'est à son domicile qu'il révélera à Eric  que cette usine ne lui appartient pas, qu'il est tout simplement le dirigeant, mais il promet que c’est avec Eric que son destin va maintenant se jouer. Il va ouvrir un atelier à Eric qui bossera pour lui. Pendant toute la journée Eric, dessine toute sorte de modèle sous le regard ému de son futur patron, celui-ci dira à Eric " tu es devenu pour moi un trésor ".

Le métier de savetier consiste à créer des chaussures. Il se charge de concevoir de nouveaux modèles, de raccommoder les souliers déchirés, de retailler celles qui sont trop larges… Toutes les interventions qu’il réalise peuvent être faites à la main ou avec une machine prévue à cet effet. Ses horaires de travail dépendent essentiellement du volume de commande. Les retouches ne lui prennent que quelques minutes ou quelques heures. Par contre, la fabrication d’un modèle peut prendre des jours.  Il fabrique les chaussures sur mesure.

 

Beaucoup de gens qui ont côtoyé Eric pendant ces dix dernières années pensent qu’il est le Camerounais le plus illustre aujourd’hui dans Rome qui a gagné sa vie honnêtement. Un savetier professionnel incontournable élite de la diaspora camerounaise.

Que fait exactement Éric ? Il transforme tous les articles portant sur le cuir, l’adapte au besoin du client, il fait de la sellerie, du tannage, de la cordonnerie. Il fabrique les clés de toute sorte, des ceintures pour homme, divers objets utilitaires, comme les serrures des portes. Il fabrique les sacs pour femme, courroie, bâches, selles, sièges, étui, reliure, restauration des sièges de voitures. Eric est un artisan rompu à la tâche, habile et dégourdi, qui vit de son art. Deux ans seulement après l’exercice avec son boss, Éric achète aidé par la banque l’atelier qui l'avait accueilli. De ces grosses machines, c’est l’envol, il est au sommet.

Chausser les gens est une belle activité qui lui procure une satisfaction personnelle. À présent, il soulage de nombreux amis, il répond à tous les besoins de sa famille et au-delà. Il a formé de nombreux jeunes dans le domaine de la fabrication de chaussures depuis plusieurs années. Aujourd'hui père de famille, il est resté modeste n’affichant aucun signe extérieur de richesse ; le charme de métier qu’il a longtemps aimé au Cameroun l’a servi à l’extérieur. Malgré la cov19 qui l’a maintenu à huis clos, Éric a plutôt profité du temps libre pour créer d’autres modèles et s’offrir un autre équipement d’envergure ; désormais, c’est une usine avec à la direction des opérations sa propre femme qui a arrêté les études doctorales afin de superviser les travaux. Plus d’une quarantaine de modèles sont fabriqués tous les jours et disponibles pour tous les goûts, femmes, hommes et enfants. Les artistes, les hauts cadres se dirigent désormais chez Éric pour des fabrications sur mesure.

Lors de son arrivé à Rome, ERIC avait fait le pari de relancer l’artisanat du cuir en déclin, en quelques années seulement, le pari est gagné. Il a un autre grand défi qu’il cherche à relever, celui de créer une marque qui portera son nom au jeux olympiques de 2024 à Paris où il compte entrer en conquérant pour une rencontre légendaire avec ces sportifs dans les différents sports qui rappellent ses souvenirs  d’enfance.

 

 

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