Lycée bilingue de Kribi : 14 élèves déférés au parquet
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Ils sont accusés de corruption de la jeunesse, atteinte à la pudeur, proxénétisme et consommation de stupéfiants.

Sous le manguier qui ombrage la petite cour du parquet d’instance de Kribi ce mercredi 13 avril, une vingtaine de parents, presque tous assis à même le sol, d’autres, sur les marches de l’escalier qui donne sur la route principale. La mine effarée, ils méditent assurément sur le sort qui est réservé à leurs enfants, élèves au lycée bilingue de Kribi. Ces derniers, au nombre de 14, en garde à vue depuis lundi 11 avril au commissariat central de la ville balnéaire du Sud ont été déférés le même jour au parquet en début d’après-midi pour être entendus sur des faits dont ils sont accusés. Notamment « corruption de la jeunesse, atteinte à la pudeur, proxénétisme et consommation de stupéfiants ».

Tout commence vendredi 8 avril lorsque l’élève Diodam A Mounyiol de la classe de 3e italien et l’élève Ntsa Davidine, de la classe de 4e esp2 se pointent au bureau du surveillant général du second cycle, Sixte Akoa, pour dénoncer un accord non tenu après une partie de sexe pratiquée avec 4 de leurs camarades d’établissement. « Elles ne sont pas venues se plaindre d’un abus sexuel, mais de ce que leurs camarades doivent 40.000f à Ntsa Davidine. Ils se sont accordés que chacun devait lui donner 10.000f après être passé à l’acte.

Donc on a là un consentement et non pas un viol », explique le surveillant. Jugeant la gravité des faits qui viennent d’être portés à son attention, il attendra le lundi, jour de rassemblement, pour prendre tous les acteurs impliqués dans ce fait de dépravations de mœurs. Ils seront conduits chez le proviseur qui convoquera immédiatement un conseil de discipline spécial et fera appel aux parents des concernés.

Proxénétisme

En présence d’un substitut du procureur informé du caractère sensible du sujet par le chef d’établissement, les langues vont se délier. L’on apprend alors, de source digne de foi, que deux semaines plus tôt, Ntsa Davidine est approchée par l’élève Henri Nnengue, en form 4a1 (section anglophone) qui lui propose une partie de sexe avec trois de ses amis contre une somme de 40.000Fcfa. Ce qu’elle accepte volontiers. 20.000Fcfa lui sont présentés le jour du rendez-vous pour la rassurer.

Le financement est de Mouafo Fonkou âgé de 16 ans, élève en 3e all, qui reconnait avoir volé cet argent à son père, tenancier d’une boutique à la cantine du lycée. L’acte se produit dans une chambre de fortune mise à disposition au quartier Ngoye Réserve derrière le Lycée technique de Kribi par un certain Ariel, élève en classe de seconde esp2. La scène est prise en images par l’un des acteurs. L’accord est que l’argent de Mouafo devra lui être remboursé par ses camarades avec un intérêt. Davidine quant à elle devra donner une part à sa copine Diodam A Mounyiol pour acheter son calme.

Sauf qu’au terme de l’acte, la victime ne reçoit rien. La somme de 20.000 Fcfa présentée au préalable a disparu. Et plusieurs jours après, le reste ne lui est pas remis. Revenue auprès de ses bourreaux, il lui ait brandi la menace de publier ses nudes. D’où l’impasse.

Plainte

D’autres révélations pendant le conseil spécial de disciplines feront état de ce que, au sein de l’établissement, existe un réseau de garçons qui pratiquent la multiplication d’argent par le billet d’une contrefaçon de la monnaie et les porte-monnaie magique. Le leader en est un certain élève de form 5, âgé de 16 ans, nommé Fred Moumiye. Avec les membres de son réseau, ils font régulièrement des propositions alléchantes aux jeunes lycéennes cupides. Les vidéos sont prises et généralement publiées dans une page Facebook baptisée « Kribi buzz ». Avant tout acte sexuel, relate notre source, « ces jeunes consomment de l’alcool, la chicha et une bonne dose de stupéfiants. Ce qui leur donne le courage de se livrer à des scènes impudiques ».

Il faut dire que le Lycée bilingue de Kribi n’est pas nouveau au phénomène de dépravation de mœurs. Par le passé, des histoires de sextape et de porte-monnaie magique ont fait descendre à Kribi le patron des Enseignements secondaires au Cameroun. Pour sa part, s’étant rendu à l’effet que de tels comportements sont propres à replonger dans le gouffre le lycée qu’il dirige, le proviseur Zamedjo Lharmani a porté plainte contre ces enfants pour les motifs cités supra. Vu qu’ils sont pour la plupart des mineurs du point de vue de la loi, c’est le procureur de la république et le juge d’instruction qui jugeront de l’opportunité de poursuivre la procédure ou d’y surseoir. Mais ce qui est certain c’est que tous (ou presque) seront exclus de l’établissement.

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