Remaniement ministériel : Paul Biya : tanne le cuir.
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Le Tsunami en préparation se précise.

Pour tanner le cuir, il faut le laisser pourrir. La situation politique au Cameroun est-elle suffisamment pourrie pour que Paul Biya réorganise enfin le gouvernement ? Oui. Des affaires, il y en a : « Covid gate », « Can gate », « Minbomann gate », « Autoroute gate »  « Noso gate » ; « Franck gate », « Boko haram gate », « Décentralisation gate » « Général voyage gate » « Koung gate », « Lamindo gate »…

Saint Eloi a beau se fourrer les doigts dans le nez, Messanga Nyamding, pérorer sur les plateaux, Chantal Roger Tuilé jacasser sur les toits, Kamto, Owona Nguini pontifier dans les amphis  ou le Professeur Bayebeck se casser la voix sur les tribunes, rien n’y fait ; Paul Biya comme une baleine à l’usine, garde le silence ; Comme s’il avait besoin de se convaincre, qu’il est le Maître de tout ; du temps, des pendules, des calendriers et des agendas du Cameroun. Comme dirait Kadji de Fosso, « il lui  faudrait du temps » autant de temps sinon plus de temps qu’il a fallu pour brasser le « champagne de l’ouest « ô tchapeu tchapeu ! ».

Le temps du Président est proche, où il doit montrer aux camerounais, qu’il est comme Jésus ; l’alpha et l’oméga. Encore quelques jours et le cyclone s’abattra sur le pays. Des baobabs seront déracinés, des morts en série et des suicides en cascades suivront selon les prévisions de la météorologie politique. Il est temps de se mettre à l’abri, car la sortie du lion de l’hibernation, du coma ou du confinement pour répondre aux préoccupations des camerounais est proche !

Au moment où la fin du règne de Paul Biya se précise, la cote d’amour du peuple à son endroit s’effrite de manière vertigineuse, son règne peut se résumer  par cette phrase : «Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent». De votre amour, Paul Biya n’en a rien à foutre, un homme haï de la population qui le tient pour responsable de ses malheurs en besoins les plus élémentaires : des routes rurales, des dispensaires ruraux fournis en médicaments et en personnels médicaux, des écoles en zones rurales assurées en enseignants et en  salles de classes. Ces populations qui veulent du travail pour leurs enfants diplômés des universités réduits à la moto taxi, ou des accompagnements pour leurs auto-insertions sociales.

A côté de ces populations qui le haïssent, des impatients qui veulent son pouvoir et le Palais de l’Unité, qui chahutent sa longévité au pouvoir et son train de vie à la Bokassa. Ils le haïssent autant que ceux qui croupissent dans les prisons, après avoir été ses collaborateurs ou de hautes personnalités de la République avant leurs disgrâces. Certains camerounais le haïssent tout simplement à cause de son entourage ; ces officiers de réserve et sans réserve, cette meute prédatrice qui aura dévoré, brûlé et saccagé les concepts de «démocratie, rigueur et moralisation» qui étaient pourtant des principes devant soutenir son magistère à la tête du Cameroun. Le chapelet des mécontents serait long à égrainer  Mais, pour Paul Biya, cela n’a aucune importance, pourvu qu’ils le « craignent ».

Ils le craignent parce qu’il est le seul à connaître l’avenir individuel et collectif de ses collaborateurs, seul à connaître  la date des événements  comme la finale de la Coupe du Cameroun de football. Comment ne pas craindre quelqu’un qui est le seul à connaître la date des prochaines échéances électorales, y compris les délais pour le renouvellement des organes de base, ou d’un gouvernement devenu politiquement insolvable après une élection législative. C’est ce qu’on appelle « le temps du Président ».

L’attente dans l’angoisse

Le remaniement Ministériel, les bulletins météorologiques du pays l’annoncent « imminent », « subit », « brutal », « cyclonique », « tsunamique » dans la gamme de « Katarina », il ne s’agira pas des remous de surface, mais de « séisme » de forte amplitude sur l’échelle de Richter.. La hauteur des vagues ne met personne à l’abri étant entendu que « Le panier de la tortue se rempli avec la tortue elle-même », Premier sinistre, pardon, ministres, « dieu», « vice-dieu », Directeurs Généraux et autres hauts cadres d’administration ; nul n’est à l’abri des torrents de larmes, des dégâts humains et matériels ; la désolation, la consternation, des frustrations et la tristesse règnent dans les duplex et les foyers. Voilà ce qu’il faut prévoir. Les ministres en poste, pris au piège, ne peuvent plus se mettre à l’abri : ils sont déjà dans l’œil du cyclone. Ce sera un «remaniement ministériel-punition et de  reniement». Parmi les ministres en fonction, il ya certains pour qui vous pouvez déjà préparer des lettres de compassion ou de condoléances pour leurs épouses.

Les ministres en fonction font feu de tout bois.

Certains, qui se sont réveillés tard dans leurs charges et missions, font feu de tout bois et preuve d’un regain de dynamisme ces derniers temps. Il n’y a que le coronavirus qui les freine, sinon ils iraient comme de nouveaux fous, régler la circulation dans les grands carrefours aux heures de pointe et des gros embouteillages. Question d’être vu et de ne pas passer inaperçus. Ils s’efforcent de montrer (hélas, trop tard) qu’ils sont les hommes qu’il faut pour faire avancer le Cameroun vers l’émergence non plus en 2035, mais en 2022. Ils multiplient des descentes sur le terrain, pour montrer qu’ils suivent les instructions du chef de l’Etat. Ils s’agitent, se débattent, ne dorment plus mais somnolent et sommeillent en public. Cela s’appelle : « l’énergie du désespoir » ou encore les derniers spasmes d’un condamné à mort. Cela n’a plus aucune importance, la frénésie et l’agitation de dernière minute ne sauraient faire oublier leurs incompétences et l’incurie dont ils ont fait preuve pendant l’exercice de leurs fonctions.

Les résignés du sort.

Il faut les voir à la télévision, pour ceux qui osent encore sortir. Le regard vague, le sourire jaune, la mine défaite derrière le masque anti Covid-19. On comprend qu’ils ont eux-mêmes fait le décompte de leurs frasques et incuries, et y ont ajouté leurs incompétences puis ont compris que la somme ne leur laissait aucune chance pour échapper au cyclone qui se rapproche. Ils ne peuvent pas démissionner, comme l’avait fait Maurice Kamto quelques jours avant un remaniement ministériel.

Ceux des ministres aux causes entendues

Résignés à attendre leur sort pour ne pas fâcher le chef de l’Etat. Une démission du gouvernement, avant le très prochain remaniement ministériel, peut conduire à une convocation au Tribunal criminel spécial (TCS). Et, avec les casseroles qu’ils trainent dans les détournements de fonds et actes graves de corruption, il vaut mieux se tenir sagement et attendre que le sort arrive. Et le sort arrivera probablement, certainement, sûrement, inévitablement dans les très prochains jours.

Ambiance Dans les foyers, ça brûle

Plusieurs ministres ont déjà dépouillé leurs bureaux des photos qui trônaient sur la table (femme, enfants, famille…) et des effets personnels. L’argent de la caisse noire et d’avance, qu’ils laissaient parfois dans le tiroir en rentrant le soir, est désormais emporté à la maison dans le grand sac que portent les gardes du corps. Derrière les hautes barrières des duplex, c’est le calme apparent, l’inquiétude, l’incertitude, la peur. Une ambiance à couper au couteau, une atmosphère qui va s’alourdir encore plus cette semaine, au vu des grondements lointains, éclairs, arc-en-ciel, greulons, tonnerre, qui précédent le cyclone et qui augurent de sa violence ravageuse.

« Popol », c’est toi qu’on attend, dis seulement une parole, et le peuple scandera ton nom haut et fort comme celui de Barabbas. On on on on on attend !

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