Logone et Chari : La communauté arabe Choa accuse
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Synthèse d’une note d’information adressée le 15 décembre dernier par les chefs traditionnels de cette communauté au président de la République au sujet du conflit qui l’oppose à leurs frères Mousgoum.

La récurrence des conflits ces derniers temps entre les Arabes Choa et les Mousgoum, deux communautés du département du Logone et Chari, région de l’Extrême-Nord, a suscité une réaction des chefs traditionnels de la communauté arabe Choa. Selon nos sources, cinq autorités traditionnelles issues de la communauté arabe Choa ont saisi le chef de l’Etat, Paul Biya, par le biais d’une note d’information signée le 15 décembre 2021 et remise au ministre de l’Administration territoriale (MINAT), Paul Atanga Nji, par ailleurs chef de la mission gouvernementale qui s’est rendue sur le terrain à Kousseri et N’Djamena, les 15 et 16 décembre, dans le but d’apaiser les tensions entre deux communautés appelées à vivre ensemble.

Une démarche qui vise à dénoncer ce qu’ils qualifient de « comportement irresponsable, complaisant et même parfois partisan des autorités et des forces de maintien de l’ordre, pendant les attaques menées contre les villages arabes Choa et la ville de Kousseri en décembre 2021 », peut-on en retenir. Les signataires de ladite note n’hésitent pas à croire que « les tueries, les incendies et les pillages menés systématiquement et indistinctement contre tous les villages arabes Choa accessibles du Yaéré, par les forces coalisées Mousgoum, font partie d’un programme de nettoyage ethnique des Arabes Choa, du type hutu-tutsi du Rwanda ». Le document en notre possession porte les signatures des dignitaires traditionnels bien

connus à savoir Isseini Darkadre, Alka Djidda, Adoum Dalaï, Adoum Mihimit et Abdoulaye Moussa. On y apprend que le Yaéré, autrement identifié comme étant une plaine inondable de Waza Logone, est à cheval entre les départements du Logone et Chari, du Mayo Danay et du Diamaré.

Raids massifs

De plus, il s’agit d’une zone de pâturage riche en eau, poissons et autres ressources naturelles dont un important gisement de pétrole. « Les richesses de cet espace, pensent les signataires de ce document, expliquent sans nul doute, les motivations des promoteurs de ces attaques généralisées contre les Arabes Choas dont la présence constitue un obstacle à son contrôle exclusif par les Mousgoum ». Les auteurs de la note adressée au chef de l’Etat, sont unanimes à penser qu’ « il n’y a pas de doute que ces raids massifs menés contre les Arabes Choa par les Mousgoum du Logone et Chari et du Mayo Danay, ainsi que des milices de la même ethnie venue depuis le Tchad dans des embarcations motorisées, ont été pensés, programmés, financés et bien coordonnés sur le terrain ». Ce d’autant plus que, ajoutent-ils, la barbarie d’un autre âge qui a caractérisé ces tueries, est certainement le résultat d’un embrigadement des modestes paysans Mousgoum qui pourtant, depuis toujours, ont vécu en toute fraternité avec leurs voisins arabes Choa.

Au regard du degré de violence, les cinq signataires n’excluent pas que ce qui s’est produit jusqu’ici soit « la volonté des idéologues de la communauté Mousgoum d’intégrer les arrondissements de Zina et de Logone Birni, situés dans le Logone et Chari, aux arrondissements de Maga et de Kaï-Kaï, dans le Mayo Danay. L’objectif étant d’en faire un espace exclusivement dédié à l’expression politique, administrative, traditionnelle et culturelle des Mousgoum ». Alors que la communauté Mousgoum devrait tenir « compte de l’existence des autres entités sociologiques dont la présence, dans cet espace, est de loin antérieure à la leur ».

En attendant d’en savoir plus, notamment de la réaction des leaders Mousgoum, les douloureux événements qui mettent en péril la paix sociale dans cette zone, ont déjà fait au moins 130 morts. Il faut y ajouter des mutilations et défiguration des corps sans vie. Sans oublier la destruction des habitations et commerces, le vol de bétail et des pillages des réserves de céréales aussi bien dans le Logone et Chari que dans le Mayo Danay. Les parties se doivent de fumer le calumet de la paix.

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