ETUDIANTS ETRANGERS : LE CALVAIRE  DES PREMIERS JOURS EN FRANCE
FRANCE :: SOCIETE

ETUDIANTS ETRANGERS : LE CALVAIRE DES PREMIERS JOURS EN FRANCE

Clara et Josèphe sont deux jeunes  étranger qui étudient en France depuis peu de temps. Pour ces jeunes qui viennent d’arriver dans un pays où ils n’ont au début aucune relation sociale, les premiers jours peuvent être vraiment compliqués.

Entre la solitude, la dépression et la nostalgie, leur existence peut rapidement basculer. Témoignages de deux étudiants étrangers dont la période d’adaptation a été vécue comme un enfer.

Josèphe C. et Clara N. arrivent  en France respectivement  en septembre 2020 et septembre 2021. En quittant  leur pays (Cameroun pour Josèphe et la république  du Congo pour Clara), ils ont  une image  plutôt positive  de leurs débuts en France : « L’excitation qui précède l’arrivée  en France est toujours  très grande », estime  le premier. Et pour la deuxième,  « même si la tristesse de devoir quitter ses proches et parents est toujours vivante, elle se laisse souvent surpasser par le désir de découvrir ce nouveau pays avec toutes ses belles promesses ».

Mais le désenchantement  est quelquefois  plus rapide. Dès les premiers  pas sur le sol français, certains  étudiants  étrangers se confrontent  à une réalité  qu’ils  n’imaginaient  pas sans doute : une forte impression  due changement  radical de l’environnement.  C’est ce qui arrive justement  à Clara qui étudie  actuellement  à l’université  de Montpellier  3: «  Dès ma sortie de l’aéroport, j’ai reçu comme un choc. Rien n’était pareil. Je me suis sentie un peu perdue. »  Cette africaine  avait vécu  toute sa vie dans son pays et voyageait  en Europe pour la première fois.

Seule au monde ?

Mais le charme des premières  heures passé, d’autres difficultés  apparaissent rapidement. Clara qui intègre  bientôt son appartement  à Montpellier  vit son installation  très mal. La jeune congolaise  était habituée  à vivre  dans son pays dans une grande maison familiale  avec une cour commune.  

Mais en France, elle se confronte  à une réalité  contraire  : «  je restais tout le temps enfermée dans ma chambre.  Ici, c’est chacun pour soi. Je n’avais personne avec qui échanger.», se souvient-elle.  Arrivée en France deux semaines  avant sa rentrée universitaire,  elle n’a pas encore de camarades. Obligée  donc de vivre  totalement  seule, elle en souffre  intérieurement.  Cette situation  la marque très violemment.  et aujourd’hui  encore, elle s’en souvient  avec une forte émotion : «  J’avais l’impression d’être seule au monde.

Le désarroi s’était emparé entièrement de moi. Je pleurais tout le temps . » Complètement  dépassée, elle veut retourner dans sa ville  natale de Pointe-Noire  et regrette rapidement  d’être venue  en France. Mais avec les encouragements  de ses parents et amis, elle choisit  finalement  de rester. Alors pour se sentir  mieux,  elle bouscule  ses habitudes.  

De nature peu bavarde, elle devient plus sociable : « J’ai été obligée de me rapprocher  moi- même des gens » déclare-t-elle  avant d’ajouter : «  mais ça n’a pas  bien marché forcément ». Quand nostalgie et solitude s’assemblent pour accabler. Josèphe a une vingtaine  d’années, vient  de Douala, la capitale économique du Cameroun  et étudie actuellement  à l’université  de Lorraine.  Les deux premières  semaines  qui suivent  son voyage sont plutôt agréables. « Au début, j’étais avec un compatriote  qui m’avait accueilli.

On sortait souvent pour visiter des villes et se détendre », affirme-t-il  avec un petit sourire. Mais dès qu’il s’installe  seul à Metz pour ses études, il commence  à ressentir  le poids de la solitude.  « Je devais tout le temps rester dans ma petite chambre  de 9 m2. Je ne connaissais personne. C’était vraiment compliqué  pour moi.

C’était la première fois que je vivais une situation pareille », se souvient-il  tristement.  Le jeune étudiant  estime que durant ces moments,  il était animé  par un sentiment  de profonde désolation.  Mais ce qui l’accable  encore plus, c’est l’absence  de ses proches. C’est la première fois de sa vie que Josèphe quittait  son pays et les siens, et il a du mal à supporter cette sorte de rupture forcée. « Je pensais tout le temps à mes proches, mon père, ma mère, mes frères et sœurs . Loin de ma famille, c’était terrible  pour moi ».  Alors  il cherche à les avoir continuellement  près de lui.            

« Je téléphonais  mon pays chaque fois, parce que j’avais besoin de parler à quelqu’un  pour me sentir bien. Je cherchais comme une sorte d’assurance », se souvient le jeune Camerounais.   

Ces appels téléphoniques  et les réseaux sociaux le réconfortent  de temps en temps mais sans combler tout le vide laissé par ses parents et amis. Mais après les difficultés  rencontrées  durant les premiers  moments  en France, tout commence à s’améliorer  pour lui tout comme pour Clara. Ils arrivent  progressivement   à s’adapter à leur pays d’accueil et à être épanouis  sur le plan personnel.  

Aujourd’hui,  Clara est parvenue  à se faire des amis dans sa faculté  et elle partage ses beaux  moments  avec eux sur les réseaux sociaux.  Josephe  a réussi à entrer en contact avec d’autres compatriotes  de sa ville,  avec qui, il  a visité  d’autres régions  de France et d’Europe. Comme on dit, les premiers  pas sont  toujours les plus difficiles.

Prisca BARDOT, Stagiaire   

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo