Tribunal militaire : Sept ans de prison à la présidente des femmes du MRC
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: Tribunal militaire : Sept ans de prison à la présidente des femmes du MRC :: CAMEROON

L'avocate Mispa Awasum et Pascal Zamboué ont été déclarés hier coupables de coaction de révolution et de complicité. En tout, 46 militants condamnés en 24h.

Mispa Awasum, présidente des femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), et Pascal Zamboué, cadre du directoire du parti ont été condamnés ce 28 décembre 2021 à sept ans d’emprisonnement ferme par le tribunal militaire de Yaoundé. Ils ont été reconnus coupables de coaction de révolution et de complicité.

Pour la journée du 28 décembre 2021, sept militants du MRC ont été condamnés à sept ans d’emprisonnement ferme. Ces condamnations interviennent 24 h après celles infligées à Alain Fogue, le trésorier national du MRC et Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto et 35 autres militants.

La première audience de leur procès s’est déroulée le 24 décembre 2021. Ce jour-là, les accusés qui contestaient la compétence du tribunal militaire pour juger les affaires des civils ont refusé de se rendre devant la barre. Malgré leur refus de se présenter à l’audience, les juges ont décidé de renvoyer l’affaire au 28 décembre. Contre toute attente le délibéré prévu le 28 décembre a été rabattu au 27 décembre.

Au sujet de cette affaire qualifiée par une frange de l'opinion de procès politique, les différentes procédures introduites devant le tribunal de grande instance du Mfoundi et devant la Cour d’appel du Centre pour exiger la libération immédiate des détenus ont été annulées.

"Les militants du MRC ont été torturés en prison comme dans les différentes cellules. Il est inacceptable aujourd’hui qu’on inflige des lourdes peines », explique un avocat. Compte tenu des multiples violations des droits de la défense observées dans les affaires impliquant les militants du MRC, le collectif d’avocats constitués pour la défense de ces manifestants a décidé depuis septembre 2021 de se retirer de toutes les procédures impliquant ces personnes. Olivier Bibou Nissack et Alain Fogue ont été interpellés à leur domicile avant d’être envoyés au secrétariat d’Etat à la défense où ils ont été retenus pendant plus d’un mois.

Au total, en deux jours d’audience, 46 militants du MRC ont été condamnés pour avoir pris part à la manifestation organisée le 22 septembre 2020 par le bureau national du parti. Une série d’audiences marathon au cours desquelles les accusés n’ont pas eu la possibilité de se défendre conformément aux textes en vigueur.

Pascal Zamboué est condamné alors qu’il a déjà passé plus de 15 moins en détention. La présidente des femmes du MRC comparaissait libre. Le 21 novembre 2020 elle était à la tête d’une manifestation organisée au domicile de Maurice Kamto par les femmes du MRC pour exiger le départ des forces de maintien de l’ordre qui avaient élus domicile chez Maurice Kamto. Interpellée dans le cadre de cette manifestation, l’avocate avait été placée en détention provisoire pour une période de six mois à la prison centrale de Yaoundé, avant d’être libérée quatre jours plus tard. Pour l’instant les avocats du MRC n’ont toujours pas communiqué de manière officielle sur ces multiples condamnations.

Les avocats des condamnés ont dix jours pour interjeter appel. Depuis la condamnation le 15 novembre des militants du MRC par le tribunal militaire de Bafoussam, aucun appel n’a été interjeté. Les décisions « iniques » prises ces deux derniers jours par le tribunal militaire de Yaoundé, continuent de susciter une vague d’indignation sur le plan national. Les associations de défense des droits de l’homme dénoncent une cabale judicaire avec pour seul objectif de faire peur.

Il y a quelques jours, le président national du MRC lançait une campagne pour la libération des détenus « politiques » encore emprisonnés. Dans une déclaration publiée hier, l’honorable Jean Michel Nintcheu, député du Sdf condamne fermement ces verdicts arbitraires et absurdes qui ne sont qu’une illustration supplémentaire de la répression généralisée à l’encontre de toutes les voix dissidentes et pacifiques au Cameroun. Ce député de la nation appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des personnes condamnées. 

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo