CONDAMNATION DE ALAIN FOGUE, OLIVIER BIBOU NISSACK ET DES MILITANTS DU MRC : JEAN MICHEL NINTCHEU éc
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CAMEROUN :: CONDAMNATION DE ALAIN FOGUE, OLIVIER BIBOU NISSACK ET DES MILITANTS DU MRC : JEAN MICHEL NINTCHEU éc :: CAMEROON

Dans une lettre parvenue à notre rédaction, le député du Social Democratic Front condamne « cette cruauté judiciaire, ce cynisme inadmissible et cette monstruosité inacceptable, Lucifer lui-même n'est qu'un élève en apprentissage du mal » et condamne « ces verdicts arbitraires et absurdes qui ne sont qu'une illustration supplémentaire de la répression généralisée à l'encontre de toutes les voix dissidentes et pacifiques au Cameroun ».

le Président de la République

À l'issue d'un simulacre de procès, M. Alain Fogue et M. Bibou Nissack - injustement arrêtés alors qu'ils ne participaient même pas à la marche pacifique du 22 septembre 2020 -  viennent d'être inculpés par le tribunal militaire de Yaoundé sur la base des motifs relevant des régimes totalitaires. Plusieurs autres militants du MRC ont également écopé de peines effroyables entre  2, 5, 6 années de prison pour les mêmes motifs fallacieux par une justice aux ordres.

Face à cette cruauté judiciaire, ce cynisme inadmissible et cette monstruosité inacceptable, Lucifer lui-même n'est qu'un élève en apprentissage du mal.

Je condamne fermement ces verdicts arbitraires et absurdes qui ne sont qu'une illustration supplémentaire de la répression généralisée à l'encontre de toutes les voix dissidentes et pacifiques au Cameroun.

le Président de la République,

Parlant de votre testament politique, vous avez indiqué à radio Monte Carlo devant Yves Mourousi  - puisque vous parlez de préférence aux journalistes étrangers- que vous souhaiteriez qu'on retienne de vous  l'image de celui qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun. Comme si le temps démentait vos souhaits, voilà qu'au soir de votre vie, vous êtes plus proche de Staline et de Pol Pot dans les heures les plus sombres de l'histoire de leurs pays que de celui que vous projetiez d'être. Sinon comment expliquer que vos concitoyens, pour avoir eu des idées divergentes,, soient mis en joug par les mêmes institutions qu'utilisaient Staline et Pol Pot pour anéantir leurs peuples ? Est-ce cela la démocratie ? Sommes-nous dans l'ex-URSS de Staline ou le Vietnam de Pol Pot ? Tout semble nous y installer. En tout cas, Staline et Pol Pot n'étaient pas des démocrates.

L'ultime occasion vous est offerte lors de votre adresse à la nation le 31 décembre prochain pour faire démentir  ceux qui préparent autour de vous le Grand Soir et qui veulent vous humilier en poussant à bout le peuple camerounais à travers des décisions aussi iniques que celles qui viennent d'être rendues par le tribunal militaire de Yaoundé pourtant mis en place pour juger des militaires et non des civils qui ont marché pacifiquement et à mains nues.

Aujourd'hui, démonstration vient d'être faite que le Cameroun est entrain de sombrer dans l'une des plus iniques dictatures que l'Afrique ait connues.

Comme l'a fait en 2016 mon collègue Député l'Honorable Joseph Wirba qui, du haut de la tribune de l'Assemblée nationale, attirait déjà l'attention de la représentation nationale et du peuple sur le feu qui couvait dans les deux régions du nord-ouest et du sud-ouest et que personne dans l'oligarchie régnante et autiste n'y prêtait attention, je sonne aujourd'hui le tocsin sur cette colère sourde que j'entends des tréfonds de la République. Ça gronde en puissance.

En tant que Député de la nation,  j'en appelle donc à votre hauteur d'esprit et votre sursaut républicain pour apaiser les cœurs des camerounais en vous invitant à :

  • Procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de tous ces prisonniers politiques dont aucun prétexte ne saurait justifier les lourdes peines qui leur ont été infligé.
  • Garantir en toutes circonstances leur intégrité physique.
  • Mettre un terme à la persécution démentielle que subissent en permanence ceux qui expriment pacifiquement leur opposition à votre pouvoir quarantenaire.
  • Instruire, en votre qualité de président du Conseil supérieur de la magistrature, les tribunaux de la République à se conformer aux droits fondamentaux reconnus par la Constitution camerounaise qui prescrit la liberté de s'exprimer et la liberté de manifester, aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l'Homme ratifiés par le Cameroun.

Vous gagnerez, en cette fin de règne qui s'annonce, à faire vôtre cette déclaration du président John Fitzgerald Kennedy : " À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes". On n'en est manifestement plus si éloigné. Il y a des limites à toute chose.


Honorable Jean Michel NINTCHEU

Député

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