PREDICATION DU SAMEDI 25 DECEMBRE 2021 JOUR DE NOËL PAR LE REV. DR JOËL HERVE BOUDJA
FRANCE :: RéLIGION

FRANCE :: PREDICATION DU SAMEDI 25 DECEMBRE 2021 JOUR DE NOËL PAR LE REV. DR JOËL HERVE BOUDJA

Texte : Luc 2, 13-20

Frères et Sœurs en Jésus Christ,

Nous accueillons aujourd’hui doublement avec joie et action de grâce, une naissance :

-        celle, il y a 2000 ans du Christ notre Sauveur qui nous rassemble aujourd’hui en ce jour de Noël ; et qui veut encore naître aujourd’hui dans l’obscurité de nos vies et de nos blessures.

-        et la naissance et la vie des enfants qui peuvent être pour nous des médiateurs, des messagers de Dieu, des anges qui nous aident aujourd’hui à mieux comprendre ce qui a bouleversé et transformé la vie de ces bergers sur les champs à qui la Bonne Nouvelle de la naissance du Christ fut annoncée en premier.

Oh ! ne me comprenez pas de travers, il ne s’agit pas de verser dans le sentimentalisme et les histoires à l’eau de rose ; il ne s’agit pas de réduire le Christ à une histoire de beau bébé rose qui sourit à la vie et qui nous arrache des larmes d’émotion et de joie. Mais peut-être que la présence de ces enfants à ce culte peut nous entraîner dans la prise de conscience de la victoire de la vie et de la joie sur toutes les morts qui jalonnent nos vies. Et je ne veux pas seulement parler de la morts des êtres chers qui nous ont quittés ; je veux parler de toutes ces blessures, de toutes ces déceptions, de toutes ces tristesses, de toutes ces fautes, de tous ces regrets qui sont autant de morts qui nous figent et nous enferment dans une résignation, parfois une honte et toujours une tristesse infinie ; oui, je veux parler de toutes ces ténèbres qui jalonnent notre vie et qui nous poussent dans les ornières de l’amertume et du doute, de la révolte ou de la haine (de Dieu et / ou des hommes) qui blessent et épuisent une vie d’homme. Je veux parler de tout ce qui dans notre vie nous empêche de relever la tête et de croire aux promesses de Dieu ; de croire à la victoire de la vie et de l’amour, du pardon et de la paix sur la mort, la haine, la faute et la désunion.

Aujourd’hui, l’Evangile nous met en présence des bergers, ces marginaux, un peu fruste et rustre, méprisé de la société du temps de Jésus. Les considérait-on seulement comme des hommes à part entière ?

Je n’en suis pas si sûre. Toujours est-il que c’est eux justement que les anges, c’est à dire les messagers de la Bonne nouvelle du salut de Dieu, viennent rencontrer. Et c’est à des cœurs résignés et blessés, endurcis et blasés, que la naissance du sauveur ; que cette vie, nouvelle prémisse de nouvelle naissance, dans la vie des hommes est annoncée.

Et je me suis demandé comment j’aurais réagi à cette nouvelle ; aurai-je seulement accepté d’entendre ce qu’annonçaient les anges ? Aurais-je été aussi curieux que les bergers, et me serais-je mis en route pour voir ? N’aurais-je pas plutôt conclu que ces anges n’étaient qu’une bande de farfelus, d’illuminés… mais pas forcément par la grâce de Dieu ? Peut-être aurais-je secoué la tête en me disant qu’il faut de tout pour faire un monde, mais qu’en tout cas moi, on ne m’aurait pas avec une histoire de naissance dans une crèche et de langes.

Mais peut-être que justement, les vrais blasés ne sont pas ceux qu’on croit ; les vrais résignés, les vrais incrédules ne sont pas ceux qu’on imagine ou catalogue comme tels ; peut-être que les plus insensibles, les plus durs de cœurs, les plus orgueilleux et les plus fiers, ne sont pas ceux qu’on fige et classe ainsi.

En fait, qui suis-je en vérité, derrière la façade que je me fabrique souvent ? Suis-je encore capable d’émerveillement ? Suis-encore capable de reconnaître dans ma vie, les signes de l’amour et de la tendresse de Dieu ? Suis-je encore capable de recevoir et de croire que l’enfant de la crèche, né en marge de la société des hommes, est véritablement le sauveur du monde, … le sauveur de ma vie qui change mes tristesses en joie, mes déceptions et mes amertumes en explosion de vie, mes mutismes et mes doutes en témoignage de foi et d’espérance ?

Les bergers, se sont mis en route ;  au point où ils en étaient, ils n’avaient plus rien à perdre. Mais faut-il tomber aussi bas pour enfin se mettre en route à la recherche du Christ ? Toujours est-il qu’ils se mettent en route vers l’enfant de la crèche pour voir ce que les anges leur avaient annoncé. Et cette mise en route, va être pour eux le commencement d’un bouleversement radical de leur vie ; auprès de l’enfant de la crèche, ils vont vivre une nouvelle naissance, une véritable résurrection à la joie et à la vie ; cette rencontre avec le Christ va les réintégrer dans le monde des hommes et les conduire vers ceux qui les excluaient afin de leur apporter la bonne nouvelle de l’amour et du pardon de Dieu. Le monde à l’envers ! Les derniers deviennent les premiers. Les sans-voix deviennent des témoins ; ceux qui ont peur et vivent dans la crainte, chantent – à la manière des anges - la louange de Dieu. Eux qu’on considérait un peu comme des démons, ils deviennent en fait eux-mêmes ange, messagers de Dieu sur terre, porteurs de bonne nouvelle ; témoins d’une expérience vécue et non d’un catéchisme rabâché. Témoins d’un événement qui est pour eux un avènement ; d’une vie qui devient leur vie et qui fera dire plus tard à l’apôtre Paul et à des générations de croyants : Christ est ma vie !

Voilà la réalité de Noël : des hommes ont entendu, ont cru et ont vu et l’ont fait connaître au monde entier. Ils n’étaient pas des héros, ni des savants ou des princes mais de simples bergers capables d’émerveillement ; assez conscients de leur détresse et de leur misère, de leurs limites et de leur vide intérieur pour accepter de se laisser toucher pour la tendresse de Dieu et de faire le pari de l’amour et de la vie.

Et nous ?

Les bergers repartent de la crèche vers le quotidien de leurs jours, mais désormais, ils ne sont plus les mêmes, leur silence s’est déployé en témoignage et en partage ; en chant de louange et de joie ; oh leur vie n’a certainement pas beaucoup changé ; ils sont et restent bergers. Mais au fond d’eux-mêmes, dans leur cœur, dans leur tête tout a changé car ils se savent désormais reconnus et aimés d’un amour infini, l’amour de Dieu qui s’est approché d’eux dans ce petit enfant de la crèche.

Tout est bouleversé : les exclus sont les premiers accueillis ; les méprisés sont réintégrés dans leur dignité humaine ; ceux qui vivent dans la crainte et la tristesse sont rendus à la joie ; ceux qui vivent dans l’obscurité et la mort sont rendu à la lumière et à la vie.

C’est cela Noël : un bouleversement dans toute logique humaine ; un renversement des raisonnements et des discours humains, une révolution des valeurs, des priorités et les principes, simplement, par la naissance d’un enfant. Pouvez-vous comprendre cela ?

Nous sommes venus, aujourd’hui, fêter Noël, autrement dit, nous sommes venus accueillir et fêter une révolution, un renversement, un bouleversement dans notre vie ; nous sommes venus pour réapprendre l’émerveillement devant la promesse de vie et d’espérance que représente la naissance et la vie d’un petit enfant ; nous sommes venus réapprendre la foi et la confiance au lieu de la crainte et de la peur ; nous sommes venus pour retrouver un nouveau souffle, un nouvel élan dans notre vie figée dans l’amertume ou la tristesse, blessée par la faute ou la mort ; nous sommes venus réapprendre l’adoration, la louange et l’action de grâce à Dieu qui nous a rejoint dans nos solitudes et nos fragilités et qui nous met en mouvement, en route vers la vie et vers les autres. Nous sommes venus, comme les bergers, pour accueillir dans notre vie, le Messie, le Sauveur promis, Jésus Christ, lumière dans nos obscurités, réconciliation et paix dans nos fautes et nos rancœurs, consolation et vie dans nos blessures et nos morts.

Frères et Sœurs, si c’est effectivement ainsi que nous sommes venus aujourd’hui au pied de la crèche pour fêter Noël, pour fêter le Christ, alors, nous ne repartirons pas les cœurs vides ; alors notre vie peut renaître à l’amour et à l’espérance, à la paix du cœur et à la joie, au pardon et à la réconciliation, autrement dit : au bonheur véritable et à la vie en plénitude par le Christ qui veut naître aujourd’hui dans la fragilité, dans les impasses et dans les nuits de nos vies ! Amen

 

 

 
 

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