Barrage de Nachtigal : Les premiers mégawatts attendus en juillet 2023
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Les taux d’avancement des travaux sont les suivants : génie civil (52%), électromécanique

(48,2%), ligne de transport (99,8%) et cité d’exploitation (86,6%).

Aquelque 65 kilomètres au nord de la capitale Yaoundé, au confluent des fleuves Sanaga et du Mbam, se construit le barrage hydroélectrique de Nachtigal. Avec une puissance installée de 420 mégawatts, il sera le plus grand jamais réalisé au Cameroun, pour un investissement de 786 milliards F.Cfa. Le projet prend pied au carrefour de trois départements de la région du Centre : la Lekie, le Mbam et Kim et la Haute Sanaga. Le site, autrefois couvert d’une végétation luxuriante, a beaucoup changé depuis le démarrage des travaux le 1er février 2019.

La zone d’emprise du projet s’entend à perte de vue. Même en voiture, la visite prend plus d’une heure sur les multiples routes ouvertes sur le vaste chantier. Le check point est un passage obligé où les fouilles sont opérées par des militaires du Bataillon du quartier général partis de Yaoundé. Le détachement affecté aura sa caserne dont les travaux sont maintenant achevés.

Plus loin, la cité d’exploitation laisse découvrir les bureaux des différentes entreprises engagées dans le projet, au premier rang desquelles Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), le maitre d’oeuvre. Une base vie est également érigée ici et héberge une partie des 3 176 travailleurs présents sur le chantier au quotidien. Il y a de la vie ce 20 décembre 2020.

Des minibus vont et viennent. Chaque fois qu’un de ces véhicules s’arrête, des ouvriers descendent, d’autres montent. La voiture reprend la route vers le coeur du chantier. Les travaux battent leur plein, au rythme du ronflement des bulldozers, des pelles excavatrices, des pelles chargeuses et de bien d’autres engins lourds. La carrière produit divers calibres de gravier. Sur une bonne distance s’alignent des monticules de granulats et de sable. Des camions bennes vont et viennent, vides ou chargés de gravats. Ici on dynamite encore la roche. Plus loin, on collecte des blocs de pierre. Le sol est jonché de cailloux.

Sur les quelques 3,5 kilomètres menant au barrage proprement dit, on ne se tourne pas les pousses. Notamment les ouvriers du consortium Société camerounaise de construction du barrage de Nachtigal (CCN) qui assure l’ensemble des travaux de génie civil. La grève du mois de février est un souvenir qu’aucun des employés rencontrés ne souhaitent plus évoqués. L’heure est au travail.

Transport assuré

La partie du projet la plus avancée c’est la ligne de transport de l’électricité qui sera produite à Nachtigal. La ligne de 50 kilomètres va jusqu’au poste de transformation de Nyom II à Yaoundé. Les pylônes massifs, aux allures de géants en acier, se dressent dans leur immensité et se passent les câbles électriques jusqu’à perte de vue. La satisfaction est affichée du côté de l’entreprise Elecnor. Il lui reste à faire quelques tâches résiduelles çà et là, notamment au niveau du poste de départ d’où partiront les 420 mégawatts sortis du barrage.

Si l’ensemble du chantier de Nachtigal a aujourd’hui atteint son rythme de croisière, il n’empêche que le projet accuse un retard entre 8 et 9 mois. L’aveu vient du ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, au terme de la visite. « Le nouveau calendrier c’est que la première machine devrait être mise en production en juillet 2023. La septième et dernière machine en juillet 2024 », a-til déclaré. Initialement, le barrage devait produire ses premiers mégawatts en septembre 2022.

La fin de l’ouvrage était prévue à la fin 2023. A la fin novembre 2021, les taux d’avancement des travaux sont les suivants : génie civil (52%), électromécanique (48,2%), ligne de transport (99,8%) et cité d’exploitation (86,6%). Le retard est donc acté. La faute à la pandémie du coronavirus  qui, selon le ministre, a perturbé la livraison du matériel importé. Mais il se veut rassurant. « Cette contrainte est levée. Toutes les entreprises sont aujourd’hui sur le terrain. Il n’y a plus de raison que le travail s’arrête du fait de la cette pandémie », explique Gaston Eloundou Essomba.

Sur le climat social, il affirme que « les problèmes ont été réglés et le climat social est serein. » Le maitre d’oeuvre est appelé  à « faire des efforts pour respecter le nouveau calendrier. » Le top management de NHPC a reçu cette mise en garde du ministre : en cas de nouveau retard, quelqu’un devra payer la facture. L’entreprise est fruit du partenariat public-privé pour le projet Nachtigal. Le capital social de NHPC est reparti comme suit : 40% pour le groupe Electricité de France (EDF), 20% détenus par la Société financière internationale du Groupe de la Banque mondiale, 15% pour le fonds Africa50 de la Banque africaine de développement, 10% détenus par le fonds d’investissement français STOA et 15% revenant à l’Etat du Cameroun. 

Après avoir construit le barrage hydroélectrique de Nachtigal, la société NHPC en assurera l’exploitation pendant 35 ans.

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