Développement : l’exemple qui vient du Rwanda
RWANDA :: POINT DE VUE

Développement : l’exemple qui vient du Rwanda

Le budget du Cameroun pour l’exercice 2022, de 5 762 milliards de francs CFA, est sous le poids de la dette, comme les années précédentes. Selon la note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement CAA l’encours de la dette du secteur public était estimé en septembre 2021 à 11 109 milliards de francs CFA, composée de 10 207 milliards de FCFA de  dette directe et garantie de l’Administration Centrale et de 902 milliards de FCFA de dette des Entreprises et Etablissements Publics.

Ce qui est à relever pour faire simple, c’est que le développement économique, le progrès et l’amélioration des conditions de vie des population sont hypothéqués depuis de longues années, et les choses ne sont pas prêts de s’améliorer, car quoique lourdement endetté, l’Etat continue de tendre la main.  Et plus grave, la stagnation et le recul du pays est voulu et entretenu par une politique dont le but est l’embourgeoisement d’une classe et le maintien de l’autre dans la misère profonde. Parce qu’il était possible de faire autrement.

Renaître de ses cendres

En 2021, le monde entier parle du miracle rwandais, présenté comme un exemple de développement. Baisse du taux de pauvreté, espérance de vie doublée depuis 2001, taux de scolarisation en école primaire de 98 %, entre autres. En observant les indicateurs du développement du Rwanda, on peine à croire qu’il y a 25 ans seulement, le pays aux mille collines était le théâtre du dernier génocide du XXe siècle, ou en 100 jours, 800 000 personnes – majoritairement Tutsis – étaient massacrées dans un excès de violence faisant culminer l’instabilité politique et économique causée par la guerre civile. Pourtant, entre 2001 et 2017, l’espérance de vie des Rwandais est passée de 49 à 67 ans. Le pays est proche d’atteindre l’objectif d’éducation primaire universelle. Le taux de pauvreté a baissé de cinq points entre 2011 et 2014, le revenu moyen par habitant a plus que quadruplé, passant de 150 dollars US en 1994 à 700 dollars en 2018.

Tout cela, avec un coefficient de Gini, mesure des inégalités, qui demeure stable à 0,44. À titre de comparaison, celui de l’Afrique du Sud, pays très inégalitaire, est de 0,63, et ceux des pays les plus égalitaires comme la Suède se situent entre 0,25 et 0,30. « Le pays ne s’inscrit pas seulement dans une dynamique de développement spectaculaire, il est en outre devenu un exemple économique à suivre pour de nombreux pays du continent africain, incarné par sa capitale Kigali.

Le PIB a été multiplié par six en 20 ans, avec un taux de croissance supérieur à 7 % chaque année. La Banque mondiale classe le Rwanda au 29e rang sur 190 pour l’attractivité des affaires, ce qui en fait le deuxième pays africain du classement après l’île Maurice. Transparency international le compte enfin parmi les pays les moins corrompus du continent » relève le média du développement durable ID4D.

Le dernier gouvernement formé il y a deux est composé de 28 membres, dont 18 ministres et 10 secrétaires d’Etat. Sur les 18 ministres, 12 sont des femmes, et 4 femmes occupent également les postes de secrétaires d’Etat sur les 10 que compte le gouvernement. Au total 16 femmes pour 12 hommes pour tout le gouvernement, dont la moyenne d’âge tourne autour de 50 ans, le plus âgés des ministres ayant 62 ans.

Au moment où les projets structurants sont abandonnées faute de moyens, le gouvernement est obèse, composés de 55 ministres et 9 secrétaires d’Etat, qui tous se déplacent en cortège, flanqué chacun d’au moins deux éléments des forces de défense et de sécurité, avec un train de vie princier. Et si l’on étend ce mode de vie dispendieux sur le dos de l’Etat à la présidence de la république, à l’Assemblée nationale, au conseil économique et social, et à tous les organes étatiques, on comprend aisément que le spectre du développement véritable est bien loin, et ce n’est pas demain que le Cameroun sortira du cycle de la dette.

Volonté politique

Sur le plan politique, le pays s’illustre désormais comme le pionnier dans plusieurs domaines. Paul Kagame dirige le pays depuis 2000. Il affiche l’unité du peuple rwandais au monde lors des cérémonies de commémoration du génocide. Et pour cause : les dispositifs de la réconciliation et du vivre ensemble sont déployés au quotidien dans ce pays où il n’existe plus officiellement ni de Hutus ni de Tutsis, et où les événements de 1994 sont enseignés sans tabou à l’école. Au lendemain du génocide, les citoyens ont participé aux juridictions populaires Gacaca  permettant de désengorger les prisons tout en initiant un dialogue sur le passé traumatique.

Le dernier samedi de chaque mois depuis 1998, les travaux communautaires umuganda réunissent tous les citoyens – anciens bourreaux, anciennes victimes, et leurs enfants – pour qu’ils participent ensemble à la construction nationale. Le dernier gouvernement formé il y a deux est composé de 28 membres, dont 18 ministres et 10 secrétaires d’Etat. Sur les 18 ministres, 12 sont des femmes, et 4 femmes occupent également les postes de secrétaires d’Etat sur les 10 que compte le gouvernement. Au total 16 femmes pour 12 hommes pour tout le gouvernement, dont la moyenne d’âge tourne autour de 50 ans, le plus âgés des ministres ayant 62 ans.

Au parlement  64 % de sièges sont occupés par des femmes. Sur le plan environnemental, le Rwanda était en 2004  le premier pays d’Afrique à prendre la résolution d’interdire les sacs plastiques sur tout le territoire. Et le respect de cette mesure ne souffre de rien comme c’est le cas au Cameroun. Tous les membres du gouvernement d’ailleurs sont conscients du rôle qui est le leur, à savoir porter le pays le plus haut en assurant le bien-être des populations. Le ministre des sports par exemple, Aurore Mimosa Munyangaju, âgé de 32 ans, utilise le vélo comme moyen de transport pour aller au bureau, par conscience écologique, sans sirène et sans cortège. Certes, les prouesses rwandaises ne sont pas regardées du bon œil par les pêcheurs en eau trouble. Des organismes internationaux qualifient déjà Paul Kagame de dictateur, surtout qu’il a été réélu pour un troisième mandat en 2017 avec 99 % des voix. Mais l’exemple libyen est encore frais dans les mémoires, et fort de ses indéniables avancées, le Rwanda ambitionne de devenir un « Singapour africain »

Tout cela est possible au Cameroun, pays en principe stable depuis 60 ans. Mais y a-t-il seulement la volonté de le faire. Les faits démontrent que non. Au moment où les projets structurants sont abandonnées faute de moyens, le gouvernement est obèse, composés de 55 ministres et 9 secrétaires d’Etat, qui tous se déplacent en cortège, flanqué chacun d’au moins deux éléments des forces de défense et de sécurité, avec un train de vie princier. Et si l’on étend ce mode de vie dispendieux sur le dos de l’Etat à la présidence de la république, à l’Assemblée nationale, au conseil économique et social, et à tous les organes étatiques, on comprend aisément que le spectre du développement véritable est bien loin, et ce n’est pas demain que le Cameroun sortira du cycle de la dette.

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