AIRKASS, CE CHANTEUR QUI TOURNE AUTOUR DE GAELLE ENGANAMOUIT
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FRANCE :: AIRKASS, CE CHANTEUR QUI TOURNE AUTOUR DE GAELLE ENGANAMOUIT

AIRKASS est le nom d’un artiste camerounais très en vue ce dernier temps, il a une vois qui rappelle celle du rossignol,  Camer.be l’a rencontré pour un entretien à bâton rompu.

Voici l’essentiel de cette entrevue.

Airkass bonjour. Beaucoup de Camerounais et le monde entier te découvrent depuis quelque temps dans les plus grandes chaînes de radio et télé mondiales, est-ce que tu peux te présenter à nos internautes ?

Bonjour à tous et merci pour m'avoir invité à m’exprimer sur camer.be. C’est pour moi un privilège d'être ici pour parler de ma carrière. Je suis Ndzi Joseph, connu sur mon petit nom d’artiste Airkass Nim ki Nim. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis le fruit d’une Bétis et d'un Vùté, c'est d'ailleurs cette mixture qui m'a beaucoup servi d'inspiration.

Ces deux appartenances ont servi de prétexte pour créer le sobriquet de  "Nim ki Nim" qui veut dire « entre-nous. » On se demande d'où vient Airkass ? C'est un garçon qui vient  des profondes de la  forêt du Mbam et Kim. j'ai très tôt  orphelin. je me suis battu très dur dans la vie. Je suis un homme qui a plusieurs casquettes notamment Artiste, Maçon, coiffeur, mécanicien,  qui a dormi au milieu des animaux. Je suis en mesure d’interpréter chaque geste d’animaux dans la forêt parce que je les ai approchés.

Pourquoi avoir opté de s'appeler par  le sobriquet d’Airkass ?

En vérité ce sobriquet, je ne l'ai pas choisi, mais plutôt cela m’a été donné par les camarades, puisque à la base Airkass, je suis rappeur. C’est à l'école que ce sobriquet m'a été collé; alors pour embellir cela j'ai ajouté Nim ki Nim qui signifie entre-nous comme je l'ai dit plus haut.

Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?

Mon parcours musical commence sur les bancs en 2008 avec un groupe d'artiste (LES RÊVES POSSIBLE.) Ce groupe se composait de 8 personnes. je fus le principal fondateur du groupe pour devenir plus tard son  producteur. On a sorti 1 album de 7 titres et 2 films court métrage. En 2018 après quelques soucis, j’ai continué ma carrière en solo.

Cette période solo est marquée par 2 albums de 7 titres chacun notamment : TCHALEY, COLLER NA MOKA, BÉBÉ MÔ. Des titres à succès, coller Na moka, Nim ki Nim,Natanawou, Amadzang, Vanité, Bébé Mò et Vivons Vivants. Ces titres ont été déterminants pour ma carrière d’aujourd’hui.

En dehors d’adoucir les âmes, quels sont les maux que ta musique combat ?

En dehors d'apaisement de l'âme, je décris la division que règne entre les frères et sœurs. D'ailleurs, vous n'avez qu'à chercher à comprendre mon nom d'artiste, "Nim Ki Nim". En effet, en langue Vuté. Il veut dire entre-nous, il promeut l'union entre les nôtres afin de retrouver la notion du vivre ensemble.

À l'époque de nos aïeux, on mangeait dans la même assiette, partageait le même verre, cette façon de faire a disparu. À l'époque de nos aïeux, on mangeait dans la même assiette, partageait le même verre, cette façon de faire a disparu.

L'autre mal, c'est la paresse que je combats. J'interpelle la jeunesse de mon pays à cultiver la notion du travail, qu'elle se batte jusqu'au bout, car la vie, si vous me le permettez, n'est pas facile, c'est un combat incessant. Comme disait quelqu'un, le travail éloigne de nous trois grands maux « l’ennui, le vice et le besoin. »

Quand tu chantes, est-ce que tu parviens à créer cette fusion entre la musique et ton public ?

Un artiste avant tout doit toujours être en communion avec son public quel que soit son style de musique, un artiste dès lors qu'il tient un  micro en main sur une scène est le maître des lieux. Il doit démontrer son talent, faire bouger son public cela fait patrie de l'art...

Qu’est ce qui compte chez toi, la passion de la musique, le message, ou le public ?

La musique d’abord, c'est une passion, et mes textes écrits dans cette chanson sont des messages que je fais passer aux publics.

Que penses-tu de la musique camerounaise en générale et de la musique Vuté en particulier ?

A propos de la musique camerounaise, je dirais simplement qu'elle affiche actuellement sa cure de jouvence, autrement dit, on assiste à sa renaissance à travers l'essor de la musique dite urbaine portée par une jeunesse dynamique et dotée d'un talent estimable qui a su au fil du temps et des opportunités, s'exporter à l'international. Mais il demeure une constante, c'est que la musique camerounaise repose sur des rythmes et sonorités folkloriques qui ont su faire son originalité au travers de notre diversité culturelle.

C'est ainsi que le Bikutsi, le Makossa, le Makongo, l' Assiko, le Mangambeu, le Benskin, l'Ambassibé, qui définissent  notre véritable identité musicale, devraient faire l'objet de soutien multiformes pour  porter haut notre culture. Enfin, en tant qu'artiste originaire du département du Mbam, je me sens investi d'un rôle d'ambassadeur pour la promotion du rythme ''Vuté'', qui malgré le fait qu’il soit peu connu ou pas connu du tout, le chemin reste long, mais on travaille avec patience pour le faire connaître, lorsque ce rythme est chanté et dansé, il est apprécié par les fans et autres mélomanes qui réclament. C’est un rythme qui a de l’avenir. La musique camerounaise pourra dorénavant compter sur le ''Vuté'' pour rayonner au plus haut niveau...

Est-ce qu’on peut aujourd’hui dire que tu es le représentant du folklore Vuté ?

Je dirais oui, de la révolution puisqu'il y'en a plusieurs dans le même rythme, mais moi, je diffère juste pour montrer que notre rythme peut se vendre même à l'extérieur du pays...

Quel est pour toi le thème le plus important pour toute forme de musique ? .

Pour moi, le thème le plus important pour toute forme de musique repose sur le partage des valeurs et l'échange de cultures au plan national et international. Parce que la musique au-delà d'adoucir les mœurs est d'abord un canal de communication et donc un vecteur de transmission des émotions et un lieu de rencontre de différents univers...

Est-ce que  tu penses que tu as du rythme dans la peau ?

Sincèrement, je pense avoir du rythme dans la peau, ceci peut s'observer au rythme musical de mes musiques, mais également sur scène, et même dans mes clips dans lesquels mes pas de danse ne laissent guère mes fans indifférents... Ce rythme s'observe également dans la créativité artistique qui se dégage de mes productions.

Le métier d’artiste est un long parcours, penses-tu remplir les exigences qu’impose la musique pour réussir ?

De quelles exigences parlez-vous ? Moi, je dirais que la seule exigence de la musique que je prône, c'est le travail. Plusieurs pensent que pour être vu et être écouté, il faut appartenir à des loges, qu'il faut sacrifier un membre de sa famille. Je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est l'endurance, la perfection, l'amour de ce qu'on aime, le courage.

Ce que je fais aujourd'hui est le fruit d'un parcours plein d'embûches que j'ai réussi à surmonter. Il faut croire en ses potentialités, il faut bosser sans cesse. Voilà ce que je puisse vous dire.

Les exigences auxquelles je fais allusion, c’est le temps que cela demande en studio, les pesanteurs derrière un producteur, la promotion, etc. les jalousies dans le milieu. Est-ce qu’on peut aujourd'hui dire que tu es une révélation de la musique Mbamoise ?

Pour certains, oui. Mais moi, il m'est difficile de vous répondre avec exactitude. J'ai fait des tournées dans les  deux départements du  Mbams, à savoir le Kim et l'Inoubou, j'ai participé à des émissions télés et radios, par exemple à Canlal 2 international, mes clips sont diffusés sur Trace Africa,RFI..

Pour moi, c'est déjà un pas et non un succès. Je voudrais aussi être célèbre comme la feue maman Nguéa de regrettée mémoire. J'ai fixé la barre très haute, je dois être écouté à l'international, faire des prestations dans les grands milieux du Cameroun et pourquoi ne pas hors du Cameroun, hors de l'Afrique. J'ai encore du chemin à faire en tout cas !

Qu’est-ce que la musique représente chez toi. Un peu de belles paroles ou un carrefour des rencontres ?

La musique est pour moi la seule chose qui me reste, elle est comme ma femme et elle m'est très fidèle. Je dirais qu'elle joue les deux rôles chez moi. A partir d'elle, j'ai rencontré, je rencontre tous les jours que Dieu crée des personnes interminables dans ma vie, des artistes de renommée internationale, des hommes d'affaires, des footballeurs (es), des écrivains comme le jeune Benoît WANGA. Celles-ci apportent un plus à ma vie en m'encourageant dans ce que j'entreprends.

Quand tu as commencé la musique est-ce que tu t’es demandé ce que les gens veulent entendre ?

Pour l'essentiel, j'aimerais dire   lorsqu'on se lance dans un domaine comme celui de la musique, ce genre de question se pose très rarement pour un artiste qui veut faire découvrir son art. Dans mon cas, j'ai été tout naturellement porté par une fibre artistique qui exprime les valeurs et symboles traduisant la richesse culturelle de mon terroir, à travers mes sonorités, et même les accessoires et langue employés dans mes clips.

Maintenant, il ne faut dire qu’en tant que créateur d'œuvres de l'esprit, il faut être à l'écoute des mélomanes selon les besoins formulés. C’est ainsi que j'essaie d'adapter les messages de mes sons aux réalités de notre temps et de la société en général tout en remodelant le rythme qui convient à la diffusion de ces messages...

Dans un de tes clips qui tourne en boucle dans les chaînes, on te voit t’entrelacer avec l’ancienne capitaine des lionnes indomptables Gaëlle Enganamouit, nous savons qu’elle vient de connaître un scandale, quel commentaire peux-tu faire à ce sujet ?

Tout d'abord Gaëlle est une connaissance de longue date bien avant son ascension dans le football et sa reconnaissance au plus haut niveau. Ainsi, le choix de la collaboration avec elle à travers son image était non seulement un honneur pour moi, mais également et surtout un objectif artistique de promotion de la féminité africaine dont exercent toutes nos sœurs dans le domaine professionnel du football au-delà des stéréotypes.

Concernant le scandale dont il est fait mention ici, je dirais tout simplement qu'en tant qu'ami et proche de Gaëlle, j'ai été profondément marqué par la divulgation et la circulation incontrôlées des images les plus intimes de mon amie dans les réseaux sociaux, preuve au-delà du caractère choquant des images, que la cybercriminalité est une pratique qui constitue une réelle gangrène pour nos sociétés, africaines de surcroît.

Tout ceci est beaucoup plus apparu comme une révélation pour moi, non sans interrogations sur le choix de cette orientation qui malheureusement fait l'objet de rejet par nos mœurs, us et coutumes. Cependant, en tant que modèle et icône du football africain et mondial, Gaëlle mérite le respect de l'intimité de sa vie privée qui constitue l'un des fondements des droits humains...

Qui est-elle pour toi ? La connaissais-tu dans cette posture qui fait scandale ?

J'ai déjà un peu répondu a cette question plus haut. Gaëlle est une amie de longue date, avec qui j'entretiens une relation quasi-fraternelle pratiquement depuis l'enfance.

Notre complicité va au-delà de toute ambiguïté. J'avoue cependant sa posture qui fait scandale aujourd'hui m'a plus surpris qu'autre chose malgré certaines appréhensions qui subsistaient déjà et les préjudices qui entourent les footballeuses professionnelles. Malgré tout, ma relation avec elle demeure au-delà de tout stéréotype et discrimination dont elle fait objet...

 Est-ce que la musique te permet de voyager et d’atterrir dans n’importe quelle sphère ?

Oui bien sûr, et dans les milieux même inconnu. c'est d'ailleurs le rôle de la musique de voler très haut pour toucher tous les cœurs, puisqu'on dit que la musique n'a pas de frontière.

Aujourd’hui le peuple Babouté se démarque avec des talents comme toi, que peux-tu dire à tous ces jeunes qui veulent suivre tes pas

C'est déjà un honneur pour moi d'appartenir à ce digne peuple Babouté, en plus d'être un privilège d'en être considéré comme un des multiples talents dont regorge cette communauté du département du Mbam.

Cette reconnaissance de mon terroir est l'une des plus belles récompenses que je reçoive à ce jour. Je profite encore de cette occasion pour envoyer un grand coucou a tout ce peuple et ses signes représentants qui se trouvent dans toutes les régions de notre pays. Cependant, tout ce que je peux dire à tous ces jeunes qui veulent suivre mes pas est d'être rigoureux envers eux-mêmes dans les objectifs qu'ils se fixent, surtout de ne pas lésiner sur les efforts pour parvenir aux résultats qu'ils espèrent. Le travail constitue la seule base de réussite. Cela doit représenter leur credo principal, ainsi, nous pourrons compter sur eux pour la relève...

Quel est ton mot de fin

Je tiens tout d'abord à vous remercier pour l'attention accordée à ma modeste personne. Dans ma posture d'artiste en plein essor, cela représente un énorme privilège et surtout une reconnaissance du travail accompli de longue haleine.

Cette opportunité renforce ma détermination à aller de l'avant dans le travail artistique qui est le mien pour la satisfaction des fans et surtout contribuer à l'édification de la culture musicale ''Vuté'' en particulier et Camerounaise dans sa globalité. Je ne saurai  terminer cet entretien sans remercier tous mes fans qui ont fait de moi l’artiste que je suis. Merci encore à camer.be et surtout à vous qui avez pris le temps de me suivre.

Que la musique soit avec vous ! 

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