PREDICATION DIMANCHE 28 NOVEMBRE 2021 du Rév. Dr Joël BOUDJA
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Textes : Jérémie 33, 14 – 16 ; 1Thessaloniciens 3, 12 - 4, 2 ; Luc 21, 25-28, 34-36.  Premier dimanche de l’Avent

Devant les perspectives d'avenir, aujourd'hui beaucoup de gens ont peur... Peur d'une catastrophe écologique ou nucléaire... Peur de perdre un emploi, de régresser dans l'échelle sociale, de disposer de moins de ressources pécuniaires... Peur d'aller au fond de soi-même et de découvrir la profondeur de nos attentes.

Alors beaucoup se réfugient au cœur des villes dans des déserts au silence assourdissant et au goût de paradis artificiel. Ils cherchent des petits bonheurs dans des à-côtés. La société de consommation invite d'ailleurs à acquérir toutes sortes de biens éphémères. Et le qu'en dira-t-on excite à suivre le mouvement afin de rester dans le vent.

Et pourtant, elle se fait entendre aujourd'hui la voix de la promesse. Elle raisonne, claire comme le rire d'un enfant, lumineuse comme l'avenir dont il rêve.

"Voici venir les jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda".

Elle n'est pas facile à entendre surtout dans le tintamarre du monde, cette voix de l'espérance. Elle vient d'ailleurs, de l'au-delà de toute créature. C'est une Parole du Seigneur qui vient.

Au moment où Jérémie la prononce, la situation de son pays est aussi dramatique. Le royaume de Juda est ravagé par l'envahisseur, la ville de Jérusalem détruite. Beaucoup ont été tués et d'autres, dont le roi, ont été déportés à Babylone. Mais Dieu veut restaurer la confiance chez ceux qui sont restés au pays. Un monde, leur fait-il dire, s'en est allé, mais mon amour pour le peuple et mon pouvoir de créer sont intacts. Un roi, issus de David, régnera à nouveau sur le pays redevenu libre et il rétablira une ère de justice, de paix et de bonheur pour tous.

Promesse de bonheur, adressée autrefois par le prophète à ceux qui étaient dans le malheur. Promesse de bonheur qui nous est adressée encore aujourd'hui par Dieu. Si vraiment nous croyons qu'il nous aime, qu'il est un Dieu d'amour, nous pouvons imaginer qu'il s'intéresse à nous et que son désir le plus cher est de nous voir heureux sous son regard, comme nous-même nous souhaitons le bonheur à ceux que nous aimons. Mais voilà, le bonheur des autres ne se fait jamais sans eux, comme notre bonheur à nous ne se fait pas sans nous.

Alors la grande question à se poser pour soi-même, comme pour chacun d'autre. Qu'est-ce qu'être heureux ? Qu'est-ce qui fait ta joie, qu'est-ce qui fait aussi la mienne ? On ne sait pas toujours ce qu'est le vrai bonheur ou plutôt, on sait parfois mieux ce qu'il n'est pas. Les souffrances, les malheurs, les privations, les manques, les nôtres autant que ceux des autres, peuvent nous faire prendre conscience de l'absence de bonheur. On dit alors, que c'est malheureux.

Le bonheur est fait souvent d'un tas de petites choses qui comblent nos attentes et nos désirs.

Dans notre monde actuel, il peut être important de rappeler qu'il est d'abord une qualité d'être, plutôt qu'un avoir. Etre heureux, Ce n'est pas avant tout, une possession d'objets, de biens. C'est bien d'avantage une harmonie avec soi-même et avec les autres. Et c'est sans doute pour ce motif que la justice, la paix et le pardon et la réconciliation sont des conditions nécessaires pour que chacune et chacun, se sentant respecté et important, trouve la confiance en soi-même et dans les autres.

Jésus invitait au bonheur. Il invitait à oser croire que Dieu est tendresse et bonheur en lui-même et pour toutes et tous. Par son comportement et dans ses relations, il donnait les signes de ce respect immense qu'il avait pour chacune des personnes qui était devant lui.

Mais voici qu'aujourd'hui il nous parle de sa venue : "Veillez et priez" nous dit-il. Oui, pour voir le Seigneur venir, il faut être vigilant. Si nous gardons les yeux ouverts, nous pourrons discerner les signes de son amour. Si nous sommes éveillés, nous pourrons aussi découvrir ces tas de petites choses qui font plaisir aux autres autant qu'à nous-mêmes et qui contribuent à créer l'harmonie entre nous. Si nous restons attentifs à une qualité d'être, nous pourrons construire des relations justes avec les autres et contribuer à plus d'harmonie dans nos sociétés. Nous serons alors, à notre tour, des semeurs de bonheur !

Certes, on pourrait dire que depuis toujours des gens ont espéré le bonheur et, malgré toutes les bonnes volontés, les puissances de mort sont encore à l'œuvre, ici maintenant. Mais si ces puissances du mal sont toujours présentes, elles ont déjà été définitivement ébranlées. Le jour du Seigneur, l'avènement du Fils de l'homme dont nous parle Luc dans l'évangile, c'est bien le matin lumineux de Pâques. C'est sa victoire sur toutes les forces de mort et du mal. C'est là le cœur de notre foi et le fondement de notre espérance. Nous attendons l'achèvement de ce qu'il a inauguré par sa résurrection. Aujourd'hui, il nous enseigne ce chemin, rempli de moments de bonheur et qui nous prépare à sa venue, à son retour : "Restez éveillés et priez. Ainsi vous serez jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l'homme."

Bien-aimés dans le seigneur,

L’Avent est le temps de l’attente, ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre cœur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve. Mais de quoi s’agit-il ?

Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?

Pour chacune et chacun d’entre nous la réponse sera différente. Il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi, Dieu. »

Dans cette célébration nous pourrions dire : notre cœur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre cœur, dans nos familles et nos lieux de vie, dans notre société à genou par les effets redoutables de cette pandémie qui n’en finit pas et du terrorisme qui plane comme une constante menace sur nos têtes.

L’Avent est aussi le temps de la venue. Le temps de la préparation de la venue de Dieu. Dieu souhaite venir dans le monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes : Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ?

Lorsque Dieu est en nous, les autres sont aussi présents en nous. En particulier ceux qui d’habitude ne sont pas toujours bien accueillis. Les petits de notre monde de grands, les sans-emplois dans notre société de stress, ceux qui arrivent alors que nous pensons que la barque est déjà suffisamment pleine. Avec la crise sanitaire que nous traversons et qui a rejoint la crise économique dont nous ne voyons pas la fin, nombreux sont ceux qui sont fragilisés et marginalisés et dont le présent et l’avenir deviennent incertains, angoissants et étriqués. Comment pourraient-ils entendre parler de la venue de Dieu alors qu’ils ne voient arriver que les soucis, la misère, la pauvreté ? Comment pourraient-ils croire à sa présence prévenante, son secours, son salut ?

L’évangile nous l’affirme pourtant : Dieu en Jésus Christ est tout particulièrement venu pour eux dans le monde. Pour ceux qui peinent, pour ceux qui marchent dans la nuit de l’angoisse et de la mort, pour ceux qui désespèrent et perdent pieds, pour ceux qui souffrent et sont touchés par la maladie.

Le temps de l’Avent nous rappelle ce désir de Dieu de venir véritablement demeurer en nous, afin que nous devenions semblables à lui : capables de compassion, de patience, de sollicitude, d’attention, d’amour, de solidarité avec ceux qui aujourd’hui ont besoin de nous, de notre humanité, de notre présence, à l’image du Christ Jésus. Plus compliqué à mettre en œuvre aujourd’hui où toute rencontre est devenue difficile, voire interdite. Il nous faut devenir créatifs, inventifs pour continuer garder le lien, pour continuer à partager le message d’espérance de ce temps de l’avent.

Et pourtant ce temps de l’avent nous invite à ne pas nous décourager, à ne pas nous résigner mais à rester ouvert à l’espérance, ouvert au salut de Dieu, ouvert à son Amour bienfaisant pour tout homme, ouvert à la paix du cœur qu’il veut nous donner en ces temps de trouble et d’inquiétude.

Comment vais-je m’y prendre pour que Dieu puisse venir en moi et au travers de moi, vers les autres ? Comment vais-je l’accueillir dans ma vie si ce n’est en accueillant ceux qui peinent sur le chemin, à côté de moi, en me montrant créative pour tisser des liens, les conserver, en prendre soin ?

Ce temps de l’avent sera peut-être différent des autres. Moins exubérant mais plus méditatif ; moins égoïste mais plus attentionné, le regard et le cœur ouvert pour ceux que cette crise a fait souffrir et fait encore souffrir au travers de la perte d’un être cher, au travers de la perte de l’emploi et de ses ressources, au travers de souffrances psychologiques, morales, et probablement bien d’autres causes encore.

Puissions-nous le vivre dans le recueillement, l’attention et la largesse de cœur. Car je crois que c’est ainsi que Dieu se révèle à nous et veut venir en chacune et chacun de nous : comme celui qui nous rend à notre véritable humanité. Amen

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