ECHEC DANS UN INVESTISSEMENT DES POULETS DE CHAIRS AU CAMEROUN: CAS PRATIQUE
CAMEROUN :: POINT DE VUE

ECHEC DANS UN INVESTISSEMENT DES POULETS DE CHAIRS AU CAMEROUN: CAS PRATIQUE :: CAMEROON

La production des poulets de chairs  au Cameroun présente de nombreux avantages ce qui expliquent la convoitise des investisseurs dans ce secteur d’activité. De plus, la population grandissante exprime une demande pour satisfaire ses besoins nutritionnelles et plus précisément les besoins protéiques. On estime la consommation moyenne en viande pour un camerounais moyen à 13kg/an et 36kg en ce qui concerne les protéines en générale. Ce qui est en deçà des 46 Kgde viande/ habitant/an recommandé.

Il est donc plus que jamais nécessaire d’élever les animaux à cycle court pour contribuer à la satisfaction des besoins des populations de façon rapide. Le poulet de chair du fait des nombreux atouts dont dispose son élevage occupe une place de choix de premier ordre. En effet, son cycle de production court de 45 jours, l’inexistence de tabou dans sa consommation, accessibilité par toutes les couches sociales, sa chair blanche, le marché accessible et les bénéfices conséquents font de cette filière un véritable moteur de créatrices de revenus. Nous avons suivi des projets qui ont échoué et les productions ne permettant pas un retour sur investissement. Le promoteur de ces fermes obligé d’arrêter l’activité.

Ce qui nous a poussé à mener des réflexions sur le choix d’une telle décision. Ces réflexions nous ont permis de dégager deux facteurs qui ont animer cette prise de décisions de la part du promoteur. Ces facteurs seront partagés dans la suite de cet article. 

Deux facteurs peuvent être responsables de l’échec dans un investissement des poulets. Les facteurs endogènes encore appelé facteurs intrinsèques, sont celles qui sont étroitement liés à l’animal lui – même. Plusieurs éléments entrent dans ces facteurs. Nous pouvons illustrer en utilisant deux cas de figures. La qualité du poussins à la sortie du couvoir : une souche fragile à la réception entrainera une baisse de performance à la ferme.

On enregistrera un taux de mortalité élevé (supérieur au 5% recommandé) et on ne parlera plus de rentabilité. La qualité du matériel animal (souche à élever) : une souche dont les caractéristiques sont médiocres peut influencer la vitesse de croissance pendant la période d’élevage. Les souches ayant des problèmes génétiques présenteront une faible croissance expliquant ainsi les cas de nanisme observés dans le bâtiment de production.

Vous conviendrez avec moi que l’éleveur ne s’en rendra pas compte s’il n’est pas du domaine. Toutefois, il est important de travailler avec les couvoirs réputés pour la production des poussins de qualités. La Cobbs 500 est un exemple de souche livré par le Sociétés des provenderies du Cameroun (SPC). 

Le second facteur appelé facteurs exogènes ou extrinsèques est celui lié le plus souvent à l’environnement dans lequel l’animal sera élevés. Ils sont manipulables par l’éleveur. Le succès de l’élevage ici repose sur le niveau de maitrise de l’itinéraire technique par le producteur.

Il doit être capable de jouer sur ces facteurs tout en respectant les normes pour une meilleure production. Ces paramètres inclus : le type de site et du bâtiment, l’alimentation, la santé animale et le marché. 

La condition sine qua none pour la réussite dans tout élevage en générale et celui des poulets de chair en particulier est le bâtiment. Son orientation a une influence sur les performances de productions. En effet, la mauvaise ventilation du bâtiment sera responsable d’une apparition des maladies respiratoires causées par une accumulation de l’ammoniac.

Une mauvaise orientation peut entrainer les mortalités par étouffement. La densité des poulets dans un bâtiment est fonction de la zone agro-écologie que l’on se trouve et le respect de cette densité a une incidence sur la courbe de croissance et réduit le taux de mortalité lié souvant à l’étouffement. L’hygiène de la ferme est un autre facteur responsable de la réussite ou de son échec. Il consiste au nettoyage quotidien des abreuvoirs, des mangeoires, au service de l’eau et de l’aliment de qualité, au renouvellement constant de la litière, à l’entretien des alentours du site de production, du service adéquate de la ration des animaux. Or les investisseurs disposent des ressources financières nécessaires pour le succès de leurs activités mais à la fin de la production ils se rendent compte qu’ils n’obtiennent pas un retour sur investissement.  

Qu’est ce qui n’a pas marché ?

il est recommandé d’acquérir les capacités de gestion d’exploitation afin d’avoir une vue globale sur les activités. Pourquoi nous le disons ? la maitrise des compétences en gestion permet de retracer les fuites d’aliment pouvant être lié au vol par exemple et même les techniques de conservation d’aliment contre les intempéries et les rongeurs. Les bonnes compétences permettent aussi de déterminer les différents coûts et de mieux comprendre le marché. Le marché est dominé par la concurrence il faut le savoir. Les gros producteurs rentabilisent leur exploitation en s’appuyant sur l’économie d’échelle tandis que les petits producteurs maximise leur profit sur les quantités qu’ils disposent.

D’où la nécessité de trouver les stratégies afin de produire à un coût faible tout en satisfaisant les besoins nutritionnels des animaux pour faire face à cette concurrence.

Qui est votre vendeur ?

Faites attention de la commercialisation car la plupart des commerciales cherchent au 1er rang leur intérêts personnels au détriment de l’entreprise d’où les pertes énormes rendant l’activité inerte.  

Au regard des contraintes rendant l’activité de production des poulets de chairs compliqués, nous pouvons tirer la conclusion selon laquelle pour se lancer il doit falloir : maîtriser l’itinéraire technique, avoir un volailleur loyal, un commercial loyal, produire en convergence avec les prix du marché et surtout de vendre avant de produire car à partir de 45 jours le dépôt du tissus devient faible et l’indice de consommation augmente significativement. Un business plan vous permet d’évaluer au préalable avant tout début de lancement d’activité. 

Fabrice NKOUADJIO

Ingénieur Agronome Tel: +237 6 91 50 00 39

 

Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo