Produits de grande consommation : Le spectre d’une pénurie généralisée
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Face à la flambée des prix sur le marché international, le GICAM n’exclut pas l’arrêt des importations et de la production dès janvier 2022.

Si le gouvernement et le secteur privé n’engagent pas une concertation d’ici peu, en vue de trouver des solutions compensatoires à la hausse des prix de certains produits à l’importation, depuis janvier 2021, il est fort possible qu’on assiste dans quelques semaines à une cessation d’activités au sein de plusieurs entreprises. Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) a dû sonner le tocsin le 9 novembre à Douala, lors d’une rencontre avec les entreprises victimes de ce choc.

Une situation préoccupante née, explique-t-on au GICAM d’une « reprise économique mondiale particulièrement vigoureuse du fait des plans de relance notamment en Chine, en Europe et aux USA, après la récession de 2020 due aux effets de la pandémie du COVID-19, laquelle a induit des tensions sur les marchés en raison d’une offre qui ne s’est pas ajustée ». À l’origine, il y a la baisse enregistrée autour de la production de quelques matières premières qui oscille entre 30 et 40%. Ce qui semble être consécutif aux « difficultés sanitaires et sociales dans certains pays fournisseurs ».

Malheureusement, l’impact de ce phénomène se répercute sur l’activité des importateurs qui font face à la hausse des prix à l’import « allant du doublement pour les matières comme l’emballage carton ou la semoule ». La production d’un type de matières premières et d’intrants n’en est pas également épargnée. Il s’agit par exemple des ciments, fer à béton, boissons, pâtes alimentaires, riz, sucre, huile de palme, sel, savon, engrais, fuel, lubrifiants et fret. En plus, le fret maritime en rajoute à ce casse-tête. Surtout que « les coûts de transport ont été multipliés par 5 en un an selon l’indice mondial de fret conteneurisé Freightos Baltic Index (FBX).

Sur les liaisons Europe-Afrique spécifiquement, l’indice World Container Index (Drewry) a été multiplié par 3 par rapport au niveau moyen de la période 2017/2019 », déplore le GICAM. Avant d’ajouter : « C’est ainsi que les coûts de transport d’un conteneur de 20 pieds et d’un conteneur de 40 pieds par voie de mer affichent des hausses vertigineuses entre 2020 et 2021, soit un triplement et un quadruplement respectivement ». Le GICAM démontre ainsi qu’en Afrique, les entreprises sont confrontées depuis dix mois à « un double effet inflationniste sur les approvisionnements en matières premières qui tend à se refléter sur les prix au consommateur actuellement et devrait s’accentuer dans les prochains jours, si les mesures adéquates ne sont pas prises ».

Les craintes exprimées par le patronat sont d’autant plus à prendre au sérieux que les entreprises se trouvent dans « l’impossibilité de répercuter, ne serait-ce que partiellement, des hausses des coûts au consommateur final [et] se retrouvent face à des enjeux de survie et de maintien des emplois ». À défaut de s’accorder avec le gouvernement pour alléger ce fardeau financier, le GICAM n’exclut pas, « purement et simplement l’arrêt des activités d’importation et de production au 1er janvier 2022 ». Il faut éviter la catastrophe.

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