Nkotti François: L’hommage musical des artistes de la diaspora
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FRANCE :: Nkotti François: L’hommage musical des artistes de la diaspora

Artistes, mais aussi des fans, mélomanes et passionnés de la culture, étaient présents, à l’église Saint-Denys de la Chapelle, à Paris, vendredi dernier. Les organisateurs en espéraient davantage. 

Environ 150 personnes ont fait le déplacement, dans le 18è arrondissement de Paris, pour dire adieu à Desto. 

Outre les chefs traditionnels de nombreuses communautés, une chorale au lieu des trois prévues et, bien sûr des personnalités du monde du spectacle à l’instar de Nadia Ewandè, Ruth Kotto, Dan et Peter, les jumeaux Masao, Douglas Mbida, Marcel Tjahé, Benji Matékè, Samy Diko, Boby Nguimè, Penda Dallé, Nguimè Manulo, André-Marie Talla et bien d’autres encore… 

La liturgie de la soirée a été assurée par le pasteur Ernest Ewèlè, très connu dans le milieu des camerounais de la diaspora pour ses prédications captivantes et la rigueur de sa gestion du temps. Il axera son prêche sur la bonhomie, la joie que distillait Nkotti François, partout où il allait. « Emotion et recueillement » Les témoignages de ceux qui l’ont bien connu confirmeront la bienveillance de l’artiste défunt et son attention particuliè- re pour chaque personne qu’il croisait. L’une des équations de ce moment unique, était de concilier le tempo imposé par les locaux de la cérémonie, à savoir, libérer les lieux au bout de deux heures et demi d’horloge, avec la nécessité de permettre au plus grand nombre d’artistes présents de dire chacun un mot d’adieu à leur confrère et compatriote, promoteur culturel visionnaire, comme l’ont souligné Esso Priso et Richard Valdez, co-présentateur de la cérémonie. Un autre temps, probablement le plus attendu, de cet hommage à Nkotti François, par les membres de l’AMDC, concerne les témoignages. 

A ce propos, ils ont été tous aussi émouvants les  uns les autres. Nguimè Manulo avait ouvert le ban en interprétant Yetè na. Il n’aura pas la force d’aller jusqu’au bout, s’effondrant en larmes, obligé d’abandonner sa guitare. Nadia Ewandè, seule femme à avoir joué avec les Black Styl’s, a témoigné de sa reconnaissance à l’endroit de Nkotti François. Elle avait à peine 16 ans. Un âge où la plus part des jeunes filles et jeunes garçons de sa génération, cherchent encore à trouver leur voie. Boby Nguimè, celui que Nkotti François a surnommé « capitaine », et qui l’a accompagné à maintes fois à la guitare, était lui aussi submergé d’émotion, au même titre que Benji Matékè, un des jeunes talents de l’époque, déniché par le concours Mutzig star lancé par Desto en 1989, comme Longuè Longuè ou encore Tchop Tchop, l’animateur vedette de Canal 2 International. 

Bouleversant Ruth Kotto, a évoqué son travail avec « papa Nkotti », du temps où elle vivait au Cameroun, puis leur rencontre en février 2021, lors d’un séjour de la chanteuse au pays natal. Elle a tenu à lui dire merci pour tout ce qu’il lui a apporté, en interprétant avec sa sensibilité Madiba m’eyad’ajindé. 

Mais, c’est sans doute, André-Marie Talla, qui a été le plus bouleversant : « Nkotti a joué sa partition. Il a utilisé tous les dons que la nature lui a offerts. Je retiens de Nkotti François, un homme grand par sa carrure, grand par son talent, mais aussi grand pas ses œuvres. Par tout ce qu’il a entrepris autour de la culture. C’était un homme simple. A chaque fois qu’on s’est vu, cette simplicité était intacte. Il dégageait la positivité, il avait un cœur propre. Le temps est court pour raconter des anecdotes sur la vie de Nkotti. Mais la dernière fois qu’on s’est croisé, c’était le 15 juin 2021. Canal 2 était en train de préparer une émission pour la diffuser le 21 juin dans le cadre de la fête de la musique. Il me dit André, tu sais que je vais jouer pour la première fois assis, j’ai tellement mal au pied… », raconte André- Marie Talla. Et d’ajouter : « Il a presté debout et avec un tel dynamisme, que personne ne pouvait penser qu’il avait mal au pied. Nul ne savait alors que c’était la dernière fois qu’il montait sur scène. Nkotti, tu as tout donné. Repose en paix là où tu es désormais ». 

Cet hommage, qui a aussi été marqué par le très remarqué éditorial de Abdelaziz Mounde, journaliste et président de la Maison des Camerounais de France /Centre Franco-camerounais(MCF/CFC), pour qui Nkotti François « était l’une des âmes des Black Styl, groupe mythique de la modernisation du Makossa, avec sa triplette de renom Nkotti François - Toto Guillaume - Émile Kanguè », s’est terminé par l’exécution de l’hymne national, en l’honneur de celui qui fut maire de Bonaléa pendant 11 ans.

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