Troubles à l’ordre public : L’administration complaisante face aux dérives du RDPC
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Le parti au pouvoir semble bénéficier de passe-droits, malgré des cas flagrants d’incivisme observés lors du renouvellement de ses organes de base.

Habituellement, lorsqu’elle donne l’impression d’être bienveillante, l’administration surfe sur des « risques de troubles à l’ordre public » pour interdire les activités des partis politique de l’opposition. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) en a régulièrement fait les frais ces trois dernières années. Depuis le contentieux post-électoral de la présidentielle de 2018, les manifestations du parti de Maurice Kamto ont été/sont systématiquement frappées d’interdiction, ventilée par ces motifs sur la base de simples présomptions. 

Si l’autorité administrative est prompte à anticiper sur les dérapages présumés de l’opposition, l’on se demande cependant pourquoi, et peut-être comment, cette lucidité s’estompe quand il s’agit du parti au pouvoir. Le processus de renouvellement des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) engagé du 07 au 30 septembre 2021 à travers le territoire foisonne de cas pratiques. En effet, de multiples actes flagrants de troubles à l’ordre public ont été enregistrés au cours de ces échéances. Le plus marquant étant l’incendie de la résidence du sous-préfet de l’arrondissement de Bengbis dans la région du Sud. 

Évidemment, la fraude électorale dénoncée par les militants au cours de ces opérations est un non-événement dans la vie de la nation, parce que relevant de la cuisine interne d’une organisation privée, fut-elle le parti au pouvoir. Mais le plus ahurissant, c’est le silence complaisant des autorités, surtout du ministre de l’Administration territoriale (MINAT) face à ces actes de vandalisme qui sont ramassés à la pelle. En de telles circonstances, Paul Atanga Nji a souvent fait montre d’un génie exceptionnel en trouvant des mots et des formules venues d’ailleurs pour mettre en garde les fauteurs de troubles. Sa dernière trouvaille, c’est le fameux « serpent affamé », dressé pour traquer les auteurs d’agressions physiques sur les agents de police.

Justice à double vitesse

Et sans surprise, l’incivisme des militants du RDPC ne pouvait pas échapper à Maurice Kamto qui, aussitôt, a pris « le peuple camerounais » à témoins pour dénoncer cette justice à double vitesse. « Le MRC constate pour le déplorer qu’à ce jour, les auteurs de ces actes ne sont pas interpellés, ni encore moins déférés devant les tribunaux », a-t-il posté sur sa page Facebook hier jeudi, 30 septembre. Revenant sur l’épisode de la présidentielle de 2018, l’opposant rappelle que « 124 militants du MRC sont depuis plus d’un an privés de leur liberté et mis en détention dans divers centres pénitentiaires du Cameroun pour avoir protesté contre la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, réclamé une réforme consensuelle du système électoral, dénoncé les velléités du régime tendant à la transmission du pouvoir de gré à gré en violation des règles démocratiques, réclamé la transparence dans la gestion des fonds débloqués pour la construction des infrastructures destinées à la CAN 2019 renvoyée en 2021, et qui ne se jouera finalement qu’en début 2022, faute par le Cameroun d’être prêt le jour dit ». 

Sur ces entrefaites du régime, le leader du MRC y voit « la volonté affichée du pouvoir en place au Cameroun d’instituer la violence, la fraude, l’injustice et le tribalisme comme mode de gouvernement, et le tient pour responsable de la dégradation du climat socio-politique dans notre pays, ainsi que de tous les débordements qui pourraient s’en suivre ». Il « appelle les autorités compétentes à prendre toutes les mesures administratives, sécuritaires et judiciaires nécessaires pour mettre un terme aux actes de vandalisme et de terrorisme des militants du RDPC qui plongent le pays dans la torpeur, accroît l’instabilité et ternit gravement  l’image du Cameroun ».

Achevant, Maurice Kamto en a profité pour appeler les Camerounais « à faire preuve d’un sursaut patriotique » et à taire leurs clivages afin de bâtir « les conditions d’une alternative à un régime tortionnaire et désorienté dont chaque citoyen de notre pays est une victime potentielle ».

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