LES BABOUTES OU VUTES, QUI SONT ILS ?  PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI
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FRANCE :: LES BABOUTES OU VUTES, QUI SONT ILS ? PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI

Les Baboutés ou Vutés sont des peuples originaires du centre du Cameroun. Ils sont parmi les peuples de l’Afrique Noire qui vivaient dans l’Egypte ancienne. Sur la carte du Cameroun, ils sont au juste milieu lorsqu'on regarde les quatre points cardinaux. Ils sont entourés de vastes étendues de terre parsemée de forêts vierges. Dans leur région, règnent des conditions climatiques particulières, auxquelles ne sont pas soumises forcément les paysages alentours  comme le nord ou l'ouest. Les plantes et les animaux qui les peuplent sont pour la plupart, propres au domaine montagnard et n’ont que peu de rapport avec ceux du monde d’en bas. Ce  grand espace géographique  ressemble étrangement à la reproduction d’un tableau de la renaissance que j’avais vu en Italie. Il ne manque que le bleu vaporeux du ciel pour que la similitude soit parfaite.  

On y trouve les villages les plus exotiques qui ont conservé un style de vie, qui ailleurs semble définitivement aboli. Des chaînes montagneuses pareilles à des monuments construits par les dieux. Jamais le baroque ne s’était affirmé dans un paysage naturel avec autant d’ampleur. L’influence d’une forêt y est nettement sensible au regard. Le temps ne joue pas seulement dans les processus de la vie, il se manifeste aussi dans chaque coin réputé inanimé comme nous verrons dans notre article. Beaucoup de peuples émigrent vers le sud de l’Egypte et se dispersent selon la volonté de leur   roi. Certains venant du soudan s'arrêtent au Tchad et d’autres s’aventureront vers le Nigéria.  

Le  Centrafrique et le bas Congo sont également envahis.  La grande partie stagne en Afrique centrale, ou en Afrique de l’ouest. Dans la région de Bankim. Les Bamilekés également sont nombreux dans cette pérégrinations. Ils sont déjà des excellents sculpteurs des masques, ils vont se diriger vers l'ouest et occuper tous ces espaces. Ce n’est pas vrai quand on dit que les bamilekés viennent des Indes, qu’avaient-ils à faire en inde ?

Ils viennent de Bankim près de Banyo. Les tentatives d’islamisation de ce territoire par les Peuls font que les Bamilekés refluent vers le sud et ils vont suivre les chaînes montagneuses avec espoir de se cacher dans les monts en cas d’attaque. Au cours de ce déplacement, les Baboutés se dispersent, certains s'arrêtent au soudan, d'autres au Nigéria et au bénin.   Cette terre jouit d’un climat particulier doux en toute saison. Y séjourner, c’est éprouver la pression de l'histoire. C'est un peuple qui fait moins de bruit. C'est le lieu, pour moi qui suis babouté, de vivre un choc dans la mesure où j'ai l’émotion de voir les baboutés très différents des autres peuples(j'expliquerai cette différence dans un autre article).

C'est peut-être une région où les empreintes des traditions africaines sont encore ardentes et vivantes. J'ai le sentiment d'être né dans une tribu spéciale où j’y vais souvent pour me ressourcer. La richesse et la diversité des espèces qui colonisent un milieu aussi rigoureux que la montagne est surprenante des plantes et des animaux se sont adaptés aux contraintes rencontrées pour survivre.  

C’est au milieu du peuple Vuté que j’ai vécu les plus grands instants de ma vie. C’est là que j’ai rencontré des gens, je dirai naturels très prosaïquement pénétrés par la nature et toujours ordinairement simples. Quand je touche ma terre, je prends forme comme cet homme qui suit le chemin d’une onde pure et une fois qu’il s’est abreuvé, il est boosté pour le reste du parcours. Il peut aller maintenant au bout du monde conquérir d’autres paysages, pourquoi j’y vais souvent ? C’est toujours pour voir ces vieilles personnes impressionnantes qui te captivent dès les premières paroles. Je m'attarde à observer les attitudes des petits enfants, tels que j’étais moi aussi, il y a bien des années. Je regarde leur visage inoffensif, leur sourire inattendu et insipide, leur dada toquade qui s’accompagne de frénésie spontanée. Tout cela me rappelle ma mémoire d’enfant.   Les villages Baboutés rappellent cette façon particulière qu’on a de sillonner  les pistes de la vie qui serpentent en un lointain obscur.

Les routes boueuses qui s’enfoncent et ensemencent notre être dans la terre. Il y a les animaux domestiques qui déambulent dans les pistes du quartier et qui dorment en pleine véranda sans hésiter de manger le repas d’un homme distrait par les causeries. Tout cela rappelle l'ambiance villageoise que les premiers auteurs africains tels Camara Laye ou Aké Loba (Kocoumbo) nous faisaient sentir jadis dans nos lectures classiques de l’école primaire.  

L’arrivée des Baboutés au Cameroun est reculée et imprécise, mais les témoignages ethnologiques sont abondantes lorsqu’on va au sud Soudan et en Egypte ou en Afrique occidentale on trouve leur trace. Ils sont proches des Sarakollés du Mali et au Sénégal ou ceux de Mauritanie qui ont les mêmes habitudes et les mêmes tics que les baboutés. Surtout les Bambaras très marqués par le sentiment de l’honneur.  

Aujourd'hui nous savons avec les multiples investigations que les Baboutés sont arrivés d'Egypte entre le 16ème et le 17ème siècle. Ils sont des lointains descendants de la garde de Pharaon. Il ne faut pas oublier que le premier Pharaon était Noir. À partir du 11 au 16ème siècle, l’Egypte connait des attaques, les tentions d’islamisation. Il y a aussi surtout les brusques changements du climat, les régions deviennent désertiques. Les Baboutés ont conquis de grands espaces et détiennent la plus grande parcelle de terre au Cameroun après les nordistes. À cette époque aucune géographie ou écologie n’empêche la remontée d’espèces venues des tropiques. Dans cette immensité, l’homme Vuté intervient pour modifier, l’équilibre des populations, en même temps qu’il martyre la faune, il fait varier sa composition.  

Nous voyons donc que la forêt occupe une place privilégiée dans leur vie. Un cadeau de la nature. Les villages vutés étaient le pays des animaux, ses forêts faisaient concurrence avec toutes les autres forêts du monde. Elles ont été cruellement exploitées. Je dirai, qu’elles ont été dévorées, et aujourd’hui presque extenuées. Ce peuple se livre avec passion à la chasse, des troupeaux des buffles paissaient dans la savane et on pouvait les apercevoir en se  perchant sur une colline. Sur la route de Yoko, on rencontrait dans les années 60, une famille de lions qui stationnaient sur la route et qui ne quittaient que  quand ils le voulaient sous le regard médusés des voyageurs. On pouvait aussi être  fasciné par les attitudes magistrales de milliers des singes et d'antilope qui traversait la route. Il y  avait des Gorilles  gigantesques qui pouvaient atteindre les deux mètres, tous ont été tués. Il n’est plus facile de trouver un petit singe qui grimace dans les forêts qui demeurent  par chance inaccessibles.

En 1975 on a découvert un matin les pas d’un lion  autour du village Yangba. le chef ordonna  la patrouille, tout le village était  sous le pas de guerre, On rentrait tôt des champs la peur au ventre, je me souviens que plus tard,  on découvrit  que c’était un berger qui avait traversé de nuit le village en compagnie de son âne.   En dehors d’une déforestation massive et sauvage, subsistent toujours des pratiques destructrices. 

Ils ont un régime l'alimentaire nettement agricole. Ils cultivent en abondance du cacao. Pas très riches matériellement malgré leur espace. Dans ce petit paradis animalier, qui surplombe les centres du Cameroun, foisonnent une intense activité de petits commerces de vivres, on appelait les forêts du peuple babouté la première dame. Les rivières descendent fougueusement du nord Cameroun, impatient, il manque cruellement d’eau dans ces villages de nos jours. Des oiseaux sont aussi présents dans ces vastes clairières revêtues d’un manteau forestier primitif.  

L’avenir des animaux a été compromise depuis longtemps avec les activités des hommes qui ne respectent plus la nature. On coupe les bois, on les coupe tous les jours. On passait tout petit à la scierie de Ngoro, on voyait des milliers de billes de bois stationnées et nombreux sont des scieries qui existent au Cameroun depuis 1954. Le comble. On est allé jusqu’à couper même des baobabs qui ont toujours été épargnés.      

Ces zones regroupaient d’animaux comme des abeilles dans une ruche. Si les chasseurs pouvaient donner leur version de la chasse comme dit l’écrivain Serges Ngounga, on comprendrait qu’ils ont été brutalement, et injustement tués. Le nombre d’oiseaux de proie reste l'impressionnant ; aigle, perdrix, corbeau, perroquet, faucon, héron, vautour, coucou, alouette, oiseaux gendarmes, moineaux, pigeons, tourterelles.  

Très dignes, ils ont la foi pour la préséance. Une anecdote raconte qu’un ressortissant qui travaillait dans une usine à Nkongsamba dans les années 50 s’était vu justement licencié. Mais lorsque le chef s’est aperçu de son erreur, il a décidé de le réhabiliter, ce dernier a refusé de reprendre son travail alors qu’il n’avait pas encore trouvé un autre.

Dans le temps, un Babouté préférait se suicider que de vivre si on l’avait traité de menteur. Moins divisés, ils vivent en communauté. C’est dire la délicatesse glamour qu’on peut trouver au sein de ce peuple. Village humaniste, avec des petits trocs dans les matins pittoresques, qui se déroulent rapidement pour aller vite au champs chasser les rares animaux qui risquent de tout dévaster.   Le chasseur au bonnet pointu, qui arrive très tôt tenant à l’épaule son gibier, les marchands de poteries qui vous vendent ses calebasses aux dessins pyrogravés d’un art primitif en récitant des onomatopées qui charmeront tes oreilles pour déclencher l’achat. De petits coins comme les racines d'arbres où venaient s’échouer les errants d’un monde typiquement primitif.   

Aujourd'hui quelques arbres, des maigres hérissons ou porc-épic, sur un terrain vague voilà de quoi doivent se contenter les populations vutés. Les oiseaux constatent l’absence des animaux sont aussi tous partis, des chasseurs se tirent entre eux. Il y a quelques années à Nguétou dans un village sur la route de yoko, un chasseur avait confondu son compagnon de chasse à un vieux singe. Un si grand et beau peuple, très enraciné dans l’animisme, ils ont des ressources foisonnantes grâce à leur nature environnante. Les Baboutés occupaient de grands quartiers des grandes villes du Cameroun avant les indépendances. On les trouvait à Tschinga, à Essos, carrefour Coron, Briqueterie ; à Douala, ils étaient à New-Bell et Deido, Bonabéri. Il y avait aussi des grands groupements à Nkongsamba, ils étaient nombreux à Souza, à Mbanga, Ndjombé, Loum Chantier, Bafang et Kumba.

On ne retrouve plus leur trace parce que lorsqu’ils prennent leur retraite, ils vendent leur maison et rentrent au village. Pour voir les Baboutés à présent, il faut voyager le long de Ntui à Tibati, environ 350 km. Ils sont nombreux à Nanga Eboko, et à Mbandjock comme coupeurs de cannes. Ils se distinguent les uns des autres par leur habillement qui sont souvent des boubous, leur mode d’habitation, généralement, n’est pas compliquée, ils aiment les maisons en terre battue. Tous partagent une culture très similaire des Etong et des peuls. La nature tient une place prépondérante dans l’identité et la culture des Baboutés. Beauté et ombre, le jour comme de nuit, allégresse et détresse, rêverie et violence, le pays Babouté est tout cela à la fois, à travers des siècles une fidélité à soi-même, qui enflamme l’imagination pour aimer cette terre, il ne faut pas l'admirer de loin,  il faut  la voir mais surtout   la toucher.

Les femmes Vuté s’imposent par sa noblesse, avec leur pelage gris et ses yeux noirs, elles peuvent remporter tous les concours de beauté africaine. Elles sont belles, elles bouleversent leur compagnon de vie, d’une profondeur, qui attise les rêveries, frémissante et quelque fois bariolée, elles ont des excès comme des faiblesses. Leur destin, n’a cessé de s’accomplir à la lumière d’une certaine grâce, physiquement il n’y a pas une fille babouté, il y a des filles babouté, toutes méritent un regard. On peut aimer la fille Vuté d’amour profond.

C’est presque toujours le coup de foudre, elles déçoivent difficilement, parce que chez les vutés on se marie pour la vie. C'est ce  qui est  frappant même en cas de séparation une femme vuté sait que tu demeures son mari jusqu'à la mort. J’ai toujours l’impression qu’elle est la plus gai et la plus vivante, tête baissée elle suit son homme partout où il le désire. Les filles baboutés appartiennent au jeune garçon vuté, les femmes Baboutés sont très attachées au frère babouté et manifestent une légèreté quand elles rencontrent ce dernier. La présence des autres tribus venues  habiter autour des baboutés  a amorcé le déclin culturel et les a presque marginalisés. Ce qui est d’ailleurs normal parce que la nature a horreur du vide.  

De nombreuses tribus sont leur voisin comme les Sanaga, les banens, les Tikars, avec qui ils ont signé des pactes de paix. Les Baveks, les Midjanti, les Sereres, les Yassem, les Bafias, les Baloms, leur mode de vie ancestrale s’effleure avec les impératifs de la vie moderne. Ils ne sont pas trop aventuriers, le Babouté aime rentrer chez lui à la fin à l'approche de sa mort où ils espèrent retrouver l’âme des ancêtres. Il y a beaucoup de secrets dans cette attitude parce qu’ils sont essentiellement animistes.

Ils résolvent tout chez les féticheurs qu’on trouve au moins un dans chaque quartier d’un village. Les baboutés sont des gens fiers, leur premier atout. Ce n’est pas la richesse qui les rend heureux, mais le fait d’être avec les gens qu’ils aiment est une grande leçon de vie. Les Baboutés ont croisés le fer avec les Tikars qu’ils ont toujours battu, mais ceux-ci ne s’avouent jamais vaincus, il reviennent toujours à la charge. Le dernier accrochage entre Babouté et Tikar a eu une fin glorieuse. Les Baboutés les ayant repoussés victorieusement à chaque bataille, les tikars ont toujours espéré prendre leur revanche. Aussi préparent-ils une riposte secrètement.

Mais ils trouvent à 4h du matin les baboutés debout qui les attendent des pieds fermes, aucune flèche ne sera échangée mais plutôt un pacte de non agression sera scellé, deux jeunes filles pucelles seront sacrifiées pour sceller à jamais le lien de ces deux peuples, c'est pourquoi ils s'appellent les  (Mandjaras) Le roi influent des Baboutés fut Nguté à Linté, Tamdjoubi à Yangba , Grang et Guila, ils résistèrent à la colonisation allemande, tacticien, j’y ai fait un long portrait de ces chefs dans mon livre « Revoir Yangba et Nkongsamba. » Plein d’humour et fantasque (mechankan) les baboutés restent curieux de tout et ouvert au monde, ils avancent aujourd’hui à petit pas même si la légende faisait d’eux  autrefois une tête héroïque de premier plan. Ils ont eu des grands féticheurs reconnus sur le plan national, Wadjiri et Malam Djoumtchi, et bien d’autres. 

Ils ont une culture guerrière, beaucoup ont fait la carrière militaire et ont constitué une grande  partie de la légion de  l’armée française  en 1940 (la France). Les baboutés ont à présent deux passions leur choix porte régulièrement sur la police, ou l'armée. lorsqu'un membre de la famille devient policier tout le village est en fête. Ils sont dans la police camerounaise par milliers. La passion du métier faisait même que certains ressortissants Vutés encore en formation à Mutenguené venaient à Bonabéri diriger discrètement la circulation. Les femmes vutés sont un air gentil et intelligent, cette élégance naturelle et aristocratique leur fait être disponible, elles n’abandonnent jamais leurs enfants après un divorce.

Les parents, mais sans oublier ce caractère docile qui sied  à leurs maris, chez les baboutés ce sont les ainés qui ont la parole ; désobéir à un patriarche entraine la malédiction aussitôt, leurs voix comptent même s’il est moins gradé. Très diplomate, on rencontre chez certains  des savoirs platoniques lorsqu'ils prennent parole. J’ai souvent assisté à des débats à la chefferie lors des règlements de conflit entre mari et femme ou entre deux voisins ; je suis convaincu que les arguments qui se disaient, auraient été persuasifs devant n'importe quel juge.

J’étais émerveillé par la plaidoirie des uns et des autres. Les cours d’eau foisonnent, le plus célèbre est sans doute la rivière  Medenou à l’entrée du village Yangba. Une rivière qui avait une onde pure dont l’absorption d’une gorgée coupait la soif pour plusieurs jours. Le chauffeur le plus connus  sur ces   routes  s’appelaient MBalla, Ali et un autre non moins célèbre était Michel. Leur fibre artistique s’exprime sur le « Tibirin » instrument traditionnel dont Guinarou fut le meilleur joueur. À sa mort pendant une semaine, on entendait l’écho lointain de son instrument qui jouait d’un bout à l’autre du village.

Quand tu allais au sud le son donnait au nord du village et en te rendant vers le nord du village, le son revenait au sud. Mon père y jouait aussi admirablement cet instrument qui demande l’initiation pour le pratiquer. Ils ont donc ce qu’on appelle chez les vutés le « Tok », petit intelligence qui développe le sixième sens. Lors d’une gastronomie. le gibier à plumes faisandé règne tous les jours, les couscous au feuille, de manioc (mademè son apprécié) La biographie des Vutés restent encore à écrire. Le Cameroun comme le continent africain est composé des peuples relativement riches. J’y ai  rencontré beaucoup de tribus aussi fabuleux.

Quant à moi, j’avais vocation à aimer mon peuple, je leur ai d’ailleurs consacré un livre. Tout un passé mêlait cela et je fredonne encore les chants de mes   grandes mères, c’était bien de vivre au cœur de ce pays. Pourquoi étais-je si heureux dans les villages vutés, peut-être parce que j’y ai vécu. La ville la plus peuplée, c’est Yoko à présent, elle a été dans les années 50 le centre administratif qui commandait jusqu’à Bafia.

On espérait qu’il fut érigé en département. Mais c’est le petit village de Ntui qui sera préféré à Yoko. Pourtant, le carrefour de toutes les tribus qui peuplent le Mbam. On espérait avec la venue du ministre Sadi René, lui-même ressortissant des villages cités. Mais le diplomate après avoir vécu l’âge d’or de son ministère ne fit même jamais allusion. Et il fut la dernière chance. Yoko est une prison.

Elle est prisonnière depuis l’Ancien Régime. Parler sa langue maternelle est un trésor. ma tribu reste aussi ma passion,  mes amis d’enfance, je les ai ainsi à peu près tous perdus de vue, excepté Remy Manga qui tient toujours la dragée haute. Reste la terre, à laquelle je me sens attaché. Terre dure, et éprouvée comme ses fils, et qui, même lorsqu’elle porte fruits et moissons, garde l’esprit de pauvreté, chaque fois que le froid m'envahit, je ne laisse pas ma vie tomber sur mes épaules et si je pressens l’amertume, je retourne au près de mes ancêtres pour leur parler comme s’ils étaient vivants.                                                                      

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