Un an de détention arbitraire des manifestants pacifiques : L'indignation de Génération-90
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Génération-90 appelle le pouvoir de M. Paul Biya à libérer immédiatement et sans conditions tous les prisonniers politiques, notamment les personnes arrêtées autour des manifestations pacifiques de septembre 2020

I. LE CONTEXTE 

En septembre 2020, une plate-forme de partis d’opposition et d’organisations de la société civile autour du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) avait appelé à des manifestations pacifiques le 22 septembre 2020, sur toute l’étendue du territoire,  pour exiger notamment la fin du conflit en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et qui oppose  l’armée nationale à des groupes «séparatistes» et, et la révision « consensuelle » du Code électoral. Face à cet appel, le pouvoir a réagi comme d’habitude par une répression barbare, la chasse à l’homme, les persécutions, les arrestations et détentions arbitraires, suivi d’actes de tortures et autres traitements cruels inhumains et dégradants.

Il convient de rappeler que le régime de M. Paul Biya a procédé à de nombreuses arrestations de personnes qui n’avaient pas participé aux manifestations, certaines même avant la date des manifestations. Ainsi, Le 18 Septembre 2020 déjà, quatre militants de la Coalition Stand-Up for Cameroon (MM. Moussa Bello, Ntsama  Etienne, Mira Angoung et Tehle Membou) qui revenaient d’une réunion anodine dans le cadre de l’opération  “Vendredi en noir” ont été arrêtés par les forces de l’ordre et détenus sans motifs pendant plusieurs jours, à la  Légion de Gendarmerie du Littoral à Douala, avant d'être mis sous mandat de dépôt le 22 septembre à la prison de  New bell. Ces militants sont toujours en détention un an après. Des responsables du MRC, notamment M. Bibou Nissack et le Pr. Alain Fogué ont été arrêtés à leurs domiciles avant même le début des manifestations. Le 22 septembre 2020, des centaines de camerounais qui manifestaient pacifiquement, sans aucun acte de  violence, ont été arrêtés et emprisonnés, notamment à Douala. Plusieurs autres ont été blessés suite aux violences  des forces de l’ordre qui se sont abattues sur ces manifestations. De nombreux citoyens qui vaquaient à leurs occupations ont également été arrêtés partout dans le pays.

II. L’ANALYSE DE GENERATION-90 

Au-delà de la répression des manifestations de septembre 2020, c’est toute la problématique du respect des  droits fondamentaux des citoyens et même du respect des lois de la république qui reste posée au Cameroun. Des citoyens exerçant leurs droits et libertés individuelles ou collectives, sont  brutalement empêchés de le faire par les forces de l’ordre sous des prétextes fallacieux. 

Trente ans après l’abrogation des ordonnances de 1962 sur la "subversion" qui permettaient à la police politique au service du parti unique de traquer sans ménagement les dissidents, le Cameroun fait une dramatique marche en arrière. Tenir une simple réunion d’un parti politique relève désormais de l’exploit. Les manifestations sur la voie publique qui obéissent au régime de simple déclaration, sont devenues des activités  subversives, de rébellion et sont systématiquement frappées du sceau du refus des sous-préfets, qui sont les  véritables bras séculiers du régime pour entraver les libertés des citoyens pourtant garanties par la Constitution.
Un an après, les personnes arrêtées en septembre 2020 sont toujours détenues à divers endroits du pays. Plusieurs ont subi des sévices corporels et les pires formes de torture psychologique allant jusqu’à la contrainte de déclamer des chansons à la gloire du tyran camerounais. Elles ont été enrôlées dans une procédure judiciaire kafkaïenne devant le tribunal militaire où les procès vont de renvoi en renvoi, la plupart du temps à la requête du Ministère public qui demande du temps pour se préparer, nous donnant à voir une justice où l’on arrête des citoyens avant de chercher à savoir pourquoi on les a arrêtés.

III- L’APPEL DE GENERATION 90 

Au regard de ce qui précède, GENERATION-90 : 
1.Appelle à la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques, notamment des personnes arrêtées et arbitrairement détenues avant, pendant et après les manifestations du 22 septembre 2020.

2.Appelle à l’arrêt de toutes poursuites concernant ces personnes arbitrairement privées de liberté depuis un an ! Cette situation a à ce jour brisé des familles de citoyens innocents.

3.Rappelle au régime de M. Paul Biya que les entraves récurrentes à l’exercice des libertés fondamentales par nos  compatriotes et le recours systématique à la répression sauvage contre des manifestants pacifiques, aussi  bien de l’opposition que de la Société Civile, sont une incitation du peuple camerounais, à l’utilisation de  méthodes violentes et non-démocratiques pour recouvrer la plénitude de ses droits et libertés, une situation  qui ferait planer sur le pays, le spectre d’une violence généralisée donc la situation dans les régions du  Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont une tragique illustration ; 

4.Appelle le régime de M. Paul Biya à ouvrir sans plus tarder, un dialogue politique inclusif sur les principales  revendications des Camerounais, y compris de l’opposition politique, notamment :

-le règlement par le dialogue de la crise et la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
-la réforme totale du  système électoral,
- l’élaboration d’une Charte des droits et libertés fondamentales et de la citoyenneté en République du  Cameroun. 

5.Appelle toutes les forces progressistes et tous les patriotes camerounais à faire bloc pour s'élever  radicalement contre la confiscation des libertés individuelles et collectives des citoyens par le régime  autocratique au pouvoir au Cameroun. 

Johannesburg, ce 22 septembre 2021 

Pour le Comité Exécutif de GENERATION-90, 

Tene SOP, Coordonnateur Général        
JOMBWE MOUDIKI ,Secrétaire Général 
Association à but non lucratif de droit Français, loi du 1 juillet 1901 | thinktank.generation.90@gmail.com | Tel: +49 177 41 37 539

GENERATION-90 est un Groupe de réflexion et d’action regroupant d’anciens dirigeants de la contestation estudiantine des années 1990 au Cameroun et qui vise à  contribuer aux débats sur l’évolution socio-politique du Cameroun et de l’Afrique

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