Bayero Fadil : est-ce la fin d’un règne ?
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En difficulté dans la gestion du groupe que lui a légué son père et fortement contesté par une partie de sa  famille nucléaire, l’homme d’affaires vient d’être limogé de son poste de Président de la commission de renouvellement des organes de base du RDPC dans la section Wouri 5. Peut-il rebondir ?

Les temps ne sont guère cléments pour Mohamadou Bayero Fadil. Habitué à faire face aux vents contraires, le capitaine d’industrie doit cette fois puiser au fond de lui pour se tirer d’une mauvaise passe qui perdure. Englué dans une gestion calamiteuse de l’imposant patrimoine dont il a hérité de son père, le patron du mythique Complexe Chimique Camerounais(CCC) est obligé de lâcher du lest sur plusieurs dossiers sans même avoir la garantie de s’en tirer à bon compte. Les derniers chapitres de ce qui apparaît comme le roman de la descente aux enfers du sémillant businessman viennent en effet de s’écrire d’une manière tonitruante.

Il y a 3 semaines encore, des scellés ont été apposés sur les locaux de l’entreprise CCC, fleuron du groupe Fadil sis au quartier Bassa à Douala, par la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS). L’entreprise en charge de la gestion des pensions des retraités camerounais tentait ainsi de recouvrer les quelques 800.000.000 Fcfa que lui doit le Groupe Fadil qui n’est rien moins que son partenaire d’affaires.

Quelques jours plus tard, votre journal se faisait l’écho d’un litige entre la Commercial Bank-Cameroun (CBC) et Bayero Fadil.L’homme d’affaires avait un accord avec la banque qui a bien voulu éponger une partie de sa dette contre l’hypothèque d’un terrain. Mais ce dernier a revendu le bien à l’insu de la CBC qui le somme désormais de régler sa créance initiale estimée à 3 milliards de FCfa. « Dans son entreprise de braderie des biens de l’empire Fadil, Bayero a toujours pu s’appuyer sur ses soutiens politiques au sein du RDPC mais cette situation va certainement changer », nous glisse un proche de la grande famille Fadil.

Bayero : les raisons d’un limogeage

Sa prédiction s’appuie d’abord sur les derniers développements concernant l’association dénommée Communauté du Grand Nord du Wouri (Cgn) dont Bayero est le superviseur général. «Cette association a toujours suscité la réprobation de plusieurs hauts commis du grand Nord qui la jugeait sectaire et dangereuse pour la cohésion nationale. A titre d’exemple le Secrétaire général adjoint de la Présidence de la République Mohamadou Moustapha a plusieurs fois dissuadé Bayero Fadil de mener ces activités. Mais ce dernier s’est toujours entêté, comme s’il avait un défi à relever », nous indique une élite du grand Nord bien au fait de ce dossier.

Bayero, est-ce donc le clap de fin ? Une actualité récente vient renforcer le pessimiste autour de l’avenir de l’homme d’affaires. Elle concerne sa propre famille politique, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). En effet, par une note datée du 17 septembre 2021, Pierre Titi, président de la Commission départementale de Renouvellement des Organes de Base du RDPC dans le Wouri, démet sans-façon Bayero Fadil de son poste de président de la commission de renouvellement' de base du RDPC dans la section Wouri 5.

Bayero : stop ou encore ?

Pour anodin qu’il puisse paraitre de prime abord, ce désaveu confirme la perte d’influence de Bayero au sein du RDPC dont il reste membre du Comité Central. « Sur le plan local on explique cette sanction par le fait qu’il ait choisi d’installer son quartier General à Douala 3e alors qu’il est président à Wouri 5. De même il aurait déserté Douala pour aller contrer des cadres du parti de Tchiroma dans le Nord », nous explique notre source avant d’enfoncer le clou. « Au fond c’est la descente aux enfers pour lui, il a perdu beaucoup de soutien au sein du parti et on le soupçonne de vouloir lancer sa propre formation politique ». 

Il reste que cette thèse est battue en brèche par Bayero et ses affidés. « Etre démis d’une commission ne signifie pas qu’on a perdu la confiance du parti. Cette campagne est construite par des individus aux desseins malveillants, animés par une volonté manifeste et gratuite de nuire », rétorque un des fidèles lieutenants de Bayero. Il reste toutefois que selon plusieurs sources crédibles, Bayero Fadil serait désormais dans le viseur de la machine gouvernementale au sein de laquelle certains pontes du régime sont décidés de lui faire payer son désir d’émancipation politique. Sujets à plusieurs redressements fiscaux, le Groupe Fadil croule sous les dettes et l’essentiel des ayants droit de cet empire industriel en pleine déliquescence sont bien décidés à pousser Bayero Fadil vers la sortie.

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