Déclaration de Maurice Kamto à la suite de l’hécatombe survenue le 16 septembre 2021 à Ngog - Etunji
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CAMEROUN :: Déclaration de Maurice Kamto à la suite de l’hécatombe survenue le 16 septembre 2021 à Ngog - Etunji :: CAMEROON

Déclaration à la suite de l’hécatombe survenue le 16 septembre 2021 à Ngog - Etunjia et sur l’urgence d'un débat public patriotique au sujet des propositions de sortie de la guerre civile dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest faites par le MRC et ses Alliés le 19 mai 2019.

Des images insoutenables de soldats abattus à bord de véhicules blindés, dénudés et exposés font actuellement le tour des réseaux sociaux. Ces images horribles sont accompagnées de commentaires ainsi que d'éléments qui laissent penser qu'il s'agirait d'une scène de guerre civile survenue dans l'une des régions anglophones de notre pays.

Sous toutes réserves, au nom des militants et sympathisants du MRC, au nom de la Résistance Nationale et en mon nom propre, je présente aux familles des victimes nos condoléances les plus attristées. Et si par miracle il y a eu des survivants ou des blessés, je leur souhaite un prompt rétablissement.

Ces événements font suite au week-end sanglant du 10 au 12 septembre 2021 au cours duquel plus d'une vingtaine de Camerounais ont été tuées, parmi lesquelles des civils et des soldats.

Il n'a pas lieu de rappeler ici tous les morts, civils et militaires, tués dans ce conflit armé interne inutile. Que de souffrances pour les pauvres populations des deux régions anglophones de notre pays ! Que de pertes pour la Nation !

Dès le début de la crise anglophone, j'ai conseillé publiquement au gouvernement d'éviter d'engager la guerre contre sa propre population. En effet, le problème que posaient nos compatriotes Anglophones était et demeure légitime. À ce problème légitime il fallait une réponse politique. Mais en raison de l'arrogance, du sentiment de toute puissance du pouvoir, des intérêts bassement égoïstes de certains milieux et du triomphe des extrémistes au sein des cercles dirigeants du pays, la guerre a été déclarée avec une légèreté déconcertante. Le pouvoir s'est trompé dans cette affaire. Cependant, nul ne pourrait lui faire le reproche s'il venait à se ressaisir, au nom de l'intérêt national. Car l'heure est grave. Ce sont nos fils et nos filles, frères et sœurs, nos parents, qui s'entre-tuent. Il est évident que le Grand Dialogue National a été un échec. Pouvait-il en être autrement ?

Maintenant que plus personne dans notre pays ou parmi les partenaires étrangers du gouvernement ne peut plus croire que la violence et la guerre peuvent ramener la paix et la stabilité dans le NOSO, la Nation doit faire bloc pour sortir de cette salle guerre. Dans cette perspective, je présenterai à nouveau, dans un proche avenir, les propositions actualisées que j'avais faites, le 19 mai 2019, avec les alliés du MRC de la campagne présidentielle de 2018, du fond de la Prison Principale de Yaoundé où nous étions embastillés à la suite des Marches Pacifiques du 26 janvier 2019.

Nul ne fera la partition du Cameroun. Personne ! Nous avons les ressources et l'intelligence nécessaires pour faire régner dans ce beau pays la paix et la concorde, gages de la sécurité et d’une stabilité durable. Il suffit de reconnaître nos erreurs et de faire appel à notre fraternité, notre patriotisme et à notre génie collectif.

Dans cet esprit, il est plus que temps d'arrêter le bain de sang et ce spectacle macabre à répétition qui endeuillent les familles et la Nation, et de mobiliser toutes les énergies et les ressources de notre pays vers un progrès partagé et le rayonnement international qu'il mérite.

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