Interdit d’enterrement dans son village
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La dépouille de Thomas d’Aquin Biyouha, mort le 26 juillet à Douala, a été rejetée par les siens à Manyai II samedi.

Thomas d’Aquin Biyouha, technicien de génie civil mort le 26 juillet dernier à Douala à 62 ans, n’a pas pu être inhumé dans son village, par Manyai II (Nyong-et-Kelle, région du Centre) samedi dernier, comme prévu par ses enfants. En raison d’une opposition des oncles au village ce jour-là. Une hostilité que les enfants du défunt avaient déjà perçue en allant y annoncer son décès. Des oncles avaient alors reproché au défunt père d’avoir abandonné le village, de n’y avoir plus mis les pieds depuis 31 ans. Cela dit, après ces échanges, au moment où ils reprenaient la route pour Douala, un oncle les a approchés, et promis de négocier pour eux par la suite.

Rassurés, les enfants du sieur Biyouha – neuf en tout – engagent les adieux à leur géniteur. Levée de corps jeudi à la morgue de l’hôpital de district de Logbaba, veillée au domicile du défunt à Pk 11, puis départ pour le village vendredi matin. Entre-temps, l’oncle s’étant proposé pour la négociation a fait signe. Il a demandé (et obtenu) de l’argent pour la location de 400 chaises (80 000 F en tout), d’une bâche (20 000 F), pour la main-d’œuvre des creuseurs de tombe (25 000 F), leur nourriture (les enfants ont envoyé un forfait de 25 000 F). Soit 150 000 F, auxquels il a ajouté 20 000 F, le prêtre qui dirait la messe d’inhumation.

Le voyage pour le village est pénible. À un moment, les voitures s’arrêtent et il faut porter le cercueil pour la suite. Aux premières heures ce samedi 14 août, la délégation arrive au village. Surprise : pas de tente ni de chaises en vue. Autre surprise : l’oncle « négociateur » est introuvable. A la place, d’autres villageois toujours hostiles. Le chef de famille redit : pas d’enterrement. Et leur donne deux heures pour reprendre leur souffle, puis ils devront partir. Les enfants essaient de parlementer, en vain.

À un moment, il leur est dit que si, après une décision de justice, ils obtiennent quand même le droit d’inhumer leur père en ces lieux… ils le suivront bien vite. Cette menace met fin aux débats. La délégation reprend la route de Douala. Un des enfants réussira à trouver, alors l’enterrement devenait urgent, une place au cimetière du Bois des Singes. La dépouille y repose depuis dimanche.

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