Lettre du Politologue Jacques P. Nguemegne à la Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne
ALLEMAGNE :: POINT DE VUE

Lettre du Politologue Jacques P. Nguemegne à la Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne :: GERMANY

Mettre fin à la colonisation française en Afrique: Pour la convocation de la seconde conférence de Berlin

À Madame Angela Dorothea Merkel, Chancelière               
République Fédérale d’Allemagne        
Deutscher Bundestag        
Platz der Republik 1         
11011   - Berlin         
Allemagne        

Chère Madame la Chancelière,  

Citoyen du monde, c’est avec beaucoup d’émotion, que j’ai appris votre prochain départ de la tête du gouvernement allemand pour une retraite bien méritée.  Cette nouvelle est pour tout militant de la bonne gouvernance comme nous, une triste nouvelle. Vous êtes madame, à nos yeux, la personnification même du leadership transformationnel, visionnaire et démocratique. Nous admirons en vous, l’exemple d’une dirigeante humble, à l’écoute et au service de son peuple. Gouvernante exceptionnellement éclairée, vous avez grâce à votre approche humaine, un don inégalé de rassembleuse et une patience à toute épreuve, su mobiliser votre peuple et ses élites dans la participation au développement de votre grande nation allemande. Votre professionnalisme, honnêteté et efficacité dans l’administration et la gestion, des institutions, des hommes et des ressources publiques, ainsi que votre approche efficace dans l’exploitation des opportunités offertes et les choix en politiques publiques, partagés par les experts et l’opinion publique de votre pays ont fait de la nation que vous dirigez, la première puissance économique de l’Europe.
Malgré ce luisant tableau, nous pensons que vous auriez pu ajouter d’autres lauriers à votre couronne. En ce qui nous concerne, nous pensons que l’Allemagne votre pays, tarde à convoquer une Conférence de Berlin II. Il nous semble qu’il y ait la nécessité, pour le gouvernement de votre pays, d’organiser une seconde assise qui rassemble les gouvernements européens, américains et moyen - orientaux, pour mettre fin à la colonisation ou néo - colonisation de l’Afrique.

En effet, à l’initiative de votre prédécesseur, le Chancelier Otto Von Bismarck, fut organisée à Berlin, entre le 15 novembre 1884 et le 26 février 1885, la fameuse Conférence de Berlin (encore appelée Conférence du Congo ou Conférence Ouest – Africaine). Cette instance véritablement internationale, outre l’Allemagne avait connu la participation d’autres nations en mal d’espace et de ressources naturelles ou économiques comme l’Autriche-Hongrie, la Belgique, du Danemark, l’Empire Ottoman, l’Espagne, la France, le Royaume - uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède - Norvège et les Etats-Unis.
 
Malheureusement, cette conférence historique n’avait en fin de compte pour but qu’une visée coloniale. Sa mission était essentiellement d’organiser la collaboration des nations impliquées dans le partage et la division de l’Afrique. D’ailleurs, l’hédonisme éhontée des promoteurs de ce projet, les poussa à ne voir dans le continent africain voir qu’un juteux ‘’gâteau’’ à se partager. L’impact direct de cette entreprise de domination fut le déploiement plus ou moins violent d’une vague de représentants des diverses nations étrangères en Afrique. Dans certains cas, l’occupation rapide du continent se fit à la suite de la signature de nombreux traités rapidement bricolés par les représentants trop pressés des nations coloniales et les chefs autochtones naïfs et incapables de comprendre les enjeux des actes posés. Les chefs indigènes d’une hospitalité toute naturelle et qui ne pouvaient être au fait des néfastes conséquences politiques, économiques et sociales de leurs actes avaient été leurrés dans de sortes de contrats d’occupation forcés de leurs terres.  

Mme la Chancelière, depuis la Conférence de Berlin, la vie des peuples Africains a subi moulte virements et revirements et des changements profonds sur le plan politique, économique et social, qui ne furent pas à leur avantage, au contraire ! le moins qu’on puisse dire, c’est que 137 ans après la Conférence de Berlin, la plupart des nations coloniales qui étaient parties prenantes à ce projet, se sont maintenant retirées de l’Afrique. Elles ont pris l’engagement de ne traiter avec les nations africaines anciennement colonisées et qui sont supposées désormais indépendantes, que sur la base du respect de leur indépendance et de la dignité de leurs peuples. 

Par contre, certaines nations et, en particulier la France, n’ont jamais renoncé à la perpétuation de leur politique coloniale en Afrique. La France continue d’exploiter gratuitement les ressources naturelles du sous-sol et du sol africain. Toutes les richesses qui sont dans le sol africain appartiennent exclusivement à la France. La population africaine est considérée par elle comme une main d’œuvre corvéable à souhait, dont la force de travail est surexploitée et les travailleurs sous-payés, lorsqu’ils sont payés. Les économies africaines sont un marché où les entreprises françaises se comportent comme des organisations en territoire conquis. Elles peuvent s’installer quand et où elles veulent, sans autorisation, s’adonner aux activités licites ou non, abuser des travailleurs, fixer les prix sans aucunes bornes, rapatrier à volonté les profits faramineux directement en France, ne pas payer le moindre sou aux administrations fiscales locales, user et abuser des passe-droits qui leur sont accordés par des gouvernants autochtone soumis et entièrement à la solde de la France.  En outre, le franc CFA, monnaie en usage dans ces pays est une institution à but colonial mise ne place par la France. Cette monnaie est produite et gérée exclusivement par le gouvernement français. À ce jour, elle demeure le plus grand outil d’exploitation inique des économies africaine et de maintien en soumission ou en esclavage des nations africaines. La France en récoltes, épargne et fructifie pour son bénéfice exclusif depuis plus de 6 décennies l’essentiel des retombées économiques de cette monnaie.

Pire, sur le plan politique, la France a refusé l’implantation de la démocratie en Afrique. Elle a consciemment déployé toutes sortes de stratagème pour favoriser la mise en place dans ses états néocoloniaux d’une démocratie purement instrumentale. En effet, pour dominer les peuples africains, fatigués d’exiger la jouissance de leurs droit humains, leurs libertés publiques et l’égalité devant la loi, la France a choisi, d’encourager l’implantation des véritables dictatures et d’états de police en Afrique. Sous pression des changement politique qui ont suivi la fin de la guerre froide, la Pérestroïka dans le monde communiste et la chute du mur de Berlin la France a organisé une démocratisation de façade en Afrique. Elle s’est organisée à maintenir les anciens régimes de parti unique au pouvoir. Les autocrates et tyrans placés à la tête de ces pays par elle ont été revêtu du manteau de démocrates.  Dans ces pseudo démocraties, dont les institutions ont été vidées de toutes substances, on a une démultiplication de pseudo partis d’opposition, dont la mission est de saborder l’opposition politique réelle et de travailler au pouvoir de régimes régime néocoloniaux. Il n’y a pas d’élections véritables et la plupart des citoyens sont soit interdits de vote, soit voient leurs votes détournés ou annulés. En fait tous les mécanismes concourant à une élection libre et transparente sont déformés, contrôlés, orienté vers le choix des candidats de la France et qui défendront les intérêts français. Donc, en Afrique francophone il n’y a pas élection libre de dirigeants politique par la majorité des citoyens. Il y désignation par des voies détournées accompagné de la corruption de masses par les services français de certains africains incompétents désignés par la France. Ceux-ci sont idéologiquement préparé à servir les intérêts français contre les intérêts nationaux. Les « élus » africains actuels, en général, ne jouissent d’aucune légitimité populaire. Ils ne doivent leur position de pouvoir qu’à leurs accointances avec le gouvernement de France. Les candidats aux élections désignés par la France prêtent le serment de défendre et de protéger les intérêts de la France. La France a même réussi à les installer ses candidats choisis indéfiniment et de père en fils au pouvoir. Cette même politique coloniale domine le processus de recrutement de ressource humaines dans l’administration publique et surtout celle de sa classe dirigeante. À cause de la France et de sa politique de France – Afrique, les peuples africains ne connaissent qu’une démocratie factice. Vu ce qui précède ils désespèrent des lendemains.

Personnellement, notre ethnie, les Bamilékés de l’Ouest Cameroun, avons soufferts et souffrons encore dans notre propre pays de l’ostracisme, l’exclusion et la haine organisés par la France, qui a encouragé les autres ethnies du pays à nous haïr. Cette détestation des Bamilékés par la France cultivée depuis longtemps, se justifie uniquement par le fait qu’elle a découvert que les Bamilékés, à cause de leur organisation sociale solide et efficace, de leur dynamisme économique et de leur esprit d’indépendance, de leur intégrité, sont les seuls capables à faire échec au projet d’exploitation sans limites des ressources et des hommes de ce pays. Cette haine du Bamilékés avait connu son point d’orgue à la fin des années cinquante, qui ont été témoins du génocide des Bamiléké consciemment organisée par le pourvoir colonial français. Des enquêtes véritables et le point sur ce génocide n’ont jamais été fait ni par la France, ni par le gouvernement néocolonial local. Sur les circonstances, le déroulement et les faits de cette entreprise macabre, la France maintien un black-out total en organisant systématiquement une opacité sur les archives classées en secret défense et en travestissant continuellement l’histoire distillée par dose homéopathique par ‘’ses’’ historiens et chercheurs triés sur le volet pour défendre la cause française. 
Aujourd’hui encore, la France encourage le gouvernement fantoche, tyrannique et génocidaire et la bourgeoisie compradore nationale du Cameroun, à mettre en place une politique sur la base de laquelle les Bamilékés sont insultés, humiliés, torturés, assassinés au quotidien dans leur pays. Les Bamilékés sont en général considérés comme des citoyens de seconde zone. Dans certaines circonscriptions électorales ou régions où ils sont majoritaires, le gouvernement illégal et illégitime organise techniquement leur exclusion des postes électifs, des représentations politiques locales, régionales et nationales et de la direction des institutions gouvernementales importantes. Des représentants des minorités sont désignés pour gouverner. Bien entendu, la doctrine la plus importante du pouvoir tribalisé de Yaoundé – qui a pour socle principal les Bulus-, qu’on s’efforce à enfoncer dans la tête de tous les citoyens est celle selon laquelle, ‘’un Bamiléké n’a pas le droit de diriger le pays’’. Cela même si, par extraordinaire, il arrivait de remporter les élections présidentielles. Cette doctrine n’est pas qu’un vœu il s’est déjà bien matérialisé par l’éviction du siège présidentiel, après le détournement des vrais résultats des élections présidentielles de deux Bamilékés que sont M. John Fru Ndi en 1992 et M. Maurice Kamto en 2018.  Ainsi, la France a mis sur pied un régime de l’exclusion et l’injustice au Cameroun qui est une bombe sociale à retardement.

Tout ce que la France entreprend c’est parce qu’elle est déterminée à poursuivre sa recolonisation de l’Afrique, quel qu’en soit le prix. La situation inouïe qu’elle a volontairement créée au Cameroun en est la preuve patente. Ici, elle ne lésine pas sur les approches les plus inimaginables et les plus barbares, sans communes mesure avec les idéaux, l’idéologie et la pensée politique telle que proclamés par la France et les intellectuels organiques en France. La France, tout le monde le sait, se veut être une république, une nation qui pratique un système politique démocratique. D’ailleurs, sa devise ‘’liberté, fraternité et égalité’’ en dit long sur sa prétendue volonté politique et historique de promouvoir les droits de l’homme. Nous supposons qu’il s’agit de le faire partout dans le monde et pas seulement en France. Pourtant, pour garder le contrôle de ses intérêts au Cameroun, la France en association avec le gouvernement néocolonial et antipatriote du Cameroun, dont il est le sponsor et commanditaire, a planifié et organisé une guerre dans les régions anglophones du Nord - Ouest et du Sud – Ouest qui a déjà causé plus de 13 000 morts (selon diverses sources), ainsi que la destruction de centaines de villages, des propriétés et biens des citoyens. Des centaines de milliers de citoyens ont été poussés hors de leurs habitations familiales. Certains ont migré ailleurs dans le pays ou même dans des pays voisins, comme le Nigéria, où ils vivent comme des déplacés et des réfugiés. D’autres, par peur de représailles des forces armées nationales et de milices, dont certaines sont à la solde du gouvernement, vadrouillent dans des conditions inhumaines dans les forêts environnantes. Tous sont dans des conditions sociales exécrables et insupportables pour le commun des mortels depuis bientôt cinq ans. Ceci n’émeut ni la France, ni le gouvernement camerounais.

 Ailleurs, dans les autres pays d’Afrique noire ayant été sous colonisation française et notamment au Gabon, Congo, Cote d’ivoire, République Centre africaine, Tchad, Togo, Benin, Niger, Djibouti, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Sénégal, Guinée Conakry et Madagascar, c’est les même structures, institutions, politiques et esprit de domination politique, d’exploitation économique et  c’est le même développement la pauvreté, de l’injustice et des souffrances sociales indescriptibles et révoltantes qui se présentent à la vue de tout visiteur. Mais, au Cameroun spécialement la situation sur tous les tableaux est en passe de surpasser tous les records d’ignominie.  Sur un plan prospectif, l’avenir ne s’annonce pas radieux pour ces peuples africains qui s’inquiètent à juste raison. En effet, la France s’est donnée le droit, en violation des diverses constitutions nationales et contre la volonté de la majorité des opinions publiques dans différents pays, d’organiser la succession monarchique ou du moins de père à fils au pouvoir d’État dans les pays sous sa colonisation. C’est ainsi que, par exemple, au Togo, Faure Eyadema a remplacé Gnassingbé Eyadema, au Gabon, Ali Bongo Odingmba a succédé à Omar Bongo Odingmba, au Tchad Idriss Deby Itno a été remplacé par son fils Mahamat Idriss Deby Itno, Il se susurre qu’au Cameroun, après avoir maintenu Paul Biya, 88 ans, au pouvoir depuis 40 ans, la France songerait à le remplacer par son fils, Frank Emmanuel Biya, etc. Cet état de fait est un cauchemar pour les africains qui redoutent que ce même schéma de succession héréditaire ne soit appliqué chez eux. Ils n’aimeraient pas vivre de nombreuses autres décennies sous le poids de ces dictatures des fils ou petit-fils, qui ne sont en rien différentes de celle des pères.  

Sous tout un autre plan, on peut s’étonner de l’attitude indifférente, attentiste voire complice des occidentaux, de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union européenne, et surtout du gouvernement américain et des pays européens, pris individuellement, si prompts à s’ériger en juges de l’évolution démocratique des situations dans le monde, mais qui sont muettes devant l’implantation par la France de régimes dictatoriaux et autocratique en Afrique et le maintien de la colonisation du continent.  On peut d’autant s’étonner  devant cette cécité de l’Europe et des américains que, la nature tyrannique des régimes instaurés en Afrique, les États de police qu’ils  génèrent, la suppressions des libertés publiques , les violation massives des droits humains, l’effondrement des économies  du faits de l’incompétence des élites politiques et bureaucratiques et des choix inappropriés et incongrues des  politiques publiques, une mauvaise gouvernance avérée , la corruption  généralisée, la pauvreté  des masses  et le désespoir des jeunes générations frappées par le chômage ( qui touche plus de 70 % d’entre eux dans certains cas )  et la misère , etc  poussent des milliers d’africains à  traverser le déserts et à se jeter dans la mer pour fuir les souffrances quotidiennes.  Tant que, des nations comme la France continueront à perpétuer la colonisation en Afrique, à maintenir la tyrannie et à sponsoriser les mêmes abjectes politiques de domination politique et d’exploitation économique, l’Europe et l’Amérique doivent s’inquiéter. Le désert, la forêt, la mer, les barrières électriques, la bombe atomique, tout autre barrière physique, ainsi que les politiques publiques les plus sophistiquées ne suffiront pas à arrêter les vagues de millions d’autres africains qui se préparent à migrer. L’Allemagne devra encore en accueillir sur son sol.

C’est au vu de ce qui précède que nous pensons que, pour définitivement marquer l’histoire il aurait été important pour vous d’organiser une Conférence de Berlin II. En effet, parallélisme de forme oblige, seule une conférence du genre permettra de mettre fin à la situation administrative et toutes les politiques qu’avaient engendrées la Conférence de Berlin. La nouvelle conférence devra rassembler toutes les nations qui étaient présentes en 1884-1885 ou les nations qui les ont succédées. Elle pourrait associer les nations africaines, qui sont une conséquence de la conférence. Les nations africaines pourraient, à cette occasion, formuler leurs plaintes, vœux et éventuelles réclamations. Berlin II aura pour but de rapporter le traité signé à l’issu de la conférence de 1884-1885 et ses conséquences. Sur un plan philosophique ou symbolique elle devra publiquement renoncer à la colonisation qu’elle devra condamner comme une abomination du fait de la mise à mort des droits et des libertés qu’elle occasionne et de la pauvreté et la misère qu’elle engendre. Elle devra reconnaitre que la colonisation est une négation de l’humanité des peuples colonisée. Sur le plan juridique, Berlin II devra tirer toutes les conséquences des divers instruments juridiques internationaux mis en place par l’organisation des Nations unies, ses démembrements ou toutes autres institutions significatives. 

Pour être tout à fait rationnel, il convient d’attaquer le mal à la racine. La déclaration par Berlin II, mettant fin à la colonisation telle qu’instituée par Berlin I, enlèvera toute légitimité, s’il en existait une, à toute entreprise actuelle de recolonisation de l’Afrique. À partir de là, il sera possible pour l’Afrique d’expulser la France son territoire et de mobiliser ses ressources pour apporter un minimum de bien être à sa population. Ceci apportera un petit répit aux peuples et citoyens Africains. La France doit libérer l’Afrique. Il ne s’agit pas seulement de bon sens mais d’une question de salut publique.  

À notre avis, il est important que le monde entier soit témoin du fait que l’Allemagne a mis fin de son propre chef au projet dont - elle avait été l’initiatrice. Pour vous, Mme la Chancelière, il s’agira, d’entrer aussi dans l’histoire comme celle qui a au moins reconnu un tort que l’Allemagne et certaines autres nations ont fait à l’Afrique. 

En vous transmettant nos sincères félicitations, veuillez recevoir nos salutations des plus sincères. 

Jacques P. Nguemegne, Ph D.


 
        
Lettre ouverte de Jacques P. Nguemegne    à                
    
        
Madame Angela Dorothea Merkel, Chancellor, Federal Republic of Germany. Deutscher Bundestag        
Platz der Republik 1         
11011   - Berlin         
Germany        

Dear Madame Chancellor,

Citizen of the world, it is with great emotion that I learned of your upcoming departure from the head of the German government for a well-deserved retirement.  This is sad news for any activist of good governance like us. You are, in our eyes, the very personification of a transformational, visionary and democratic leadership. We admire in you the example of a humble leader, listening and serving her people. An exceptionally enlightened governant, you have, thanks to your human approach, your unparalleled gift for bringing people together and your unfailing patience, been able to mobilize your people and their elites to participate in the development of your great German nation. Your professionalism, honesty and efficiency in the administration and management of institutions, people and public resources, as well as your effective approach in exploiting available opportunities as well as your choices in public policies, shared by the experts and the public opinion of your country, have made the nation you lead, the first economic power in Europe.

Despite this glowing picture, we think you could have added more laurels to your crown. As far as we are concerned, we believe that your country, Germany, is delaying the convening of a Berlin Conference II. It seems to us that there is a need for the government of your country to organize a second meeting that brings together European, American and Middle Eastern governments to put an end to the colonization or neo-colonization of Africa.
Indeed, at the initiative of your predecessor, Chancellor Otto Von Bismarck, the famous Berlin Conference (also called the Congo Conference or the West African Conference) was organized in Berlin between November 15, 1884 and February 26, 1885. This truly international body, in addition to Germany, was attended by other nations in need of space and natural or economic resources such as Austria-Hungary, Belgium, Denmark, the Ottoman Empire, Spain, France, the United Kingdom, Italy, the Netherlands, Portugal, Russia, Sweden-Norway and the United States. 

Unfortunately, the purpose of this historic conference was ultimately colonial. Its mission was essentially to organize the collaboration of the nations involved in the division of Africa. Moreover, the shameless hedonism of the promoters of this project, pushed them to see in the African continent only a juicy "cake" to be shared. The direct impact of this enterprise of domination was the more or less violent deployment of a wave of representatives of various foreign nations in Africa. In some cases, the rapid occupation of the continent was the result of the signing of numerous treaties quickly cobbled together by the overeager representatives of the colonial nations and the naïve indigenous chiefs unaware of what was at stake. The indigenous chiefs, who were naturally hospitable and could not foresee the harmful political, economic and social consequences of their actions, had been lured into some kind of forced contracts in order to occupy their lands.  
Mrs. Chancellor, since the Berlin Conference, the life of the African peoples has undergone many twists and turns and profound political, economic and social changes, which have not been to their advantage, au contraire! The least we can say is that 137 years after the Berlin Conference, most of the colonial nations that were involved in this project, have now withdrawn from Africa. They have undertaken to deal with the formerly colonized African nations, which are now supposedly independent, only on the basis of respect for their independence and the dignity of their peoples. 

However, some nations and France in particular, have never given up on the perpetuation of their colonial policy in Africa. France continues to exploit the African natural and land resources without spending a single cent. All the wealth and underground natural resources that exist in the African countries colonized by France belong exclusively to France according to France ‘’post-colonial’’ policy. The African population is considered by France as a workforce that can be used and abused at will. Under this framework the African labor force is overexploited and workers are often underpaid or not paid at all. African economies constitute markets where French companies behave like organizations in conquered territory. They can set up when and where they want, without authorization, engage in legal or illegal activities, abuse workers, set prices without any limitation, repatriate at will the huge benefits made over their businesses directly to France, not pay a single penny to local tax authorities, use and abuse the privileges granted to them by the indigenous governments, which are entirely at the service of France. In addition, the CFA franc, the currency in use in these countries, is a colonial institution set up by France. This currency is produced and managed exclusively by the French government. Till this day, it remains the greatest tool for the iniquitous exploitation of African economies and the enslavement of African nations. France has been harvesting, saving and fructifying for its exclusive benefit for more than six (6) decades most of the economic benefits of this currency.

Worse, on the political side of this issue, France has stopped or weakened the implantation of democracy in Africa. It has consciously deployed all sorts of tricks to favor the establishment in its neo-colonial states of a purely instrumental democracy. Indeed, in order to dominate the African peoples, tired of claiming for their human rights, their public liberties and equal protection before the law, France has chosen to encourage the establishment of real dictatorships and police states in Africa. Under the pressure of the political changes that followed the end of the Cold War, the Perestroika in the communist world and the fall of the Berlin Wall, France organized a democratization of facade in Africa. It maneuvered to keep the old one-party regimes in power. The autocrats and tyrants placed at the head of these countries by it were clothed with the mantle of democrats.  In these pseudo-democracies, whose institutions have been emptied of all substance, there is a multiplication of pseudo-opposition parties, whose mission is to scuttle the real political opposition and to work hard to keep to power the neo-colonial regimes. There are no real elections and most citizens are either banned from voting or have their votes diverted or cancelled. In fact, all the mechanisms that contribute to a free, fair and transparent election are distorted, controlled and oriented towards the choice of anyone that is designated as a candidate by France and who will take oat before French authorities to always fight to defend and protect France’s interests. Thus, in French speaking Africa there is no free election of leaders by the majority of citizens. There is always a designation by devious ways, accompanied by the corruption of masses by the French services, of some incompetent or biased Africans and ideologically prepared to serve the French interests, against the national interests. The current African "elected officials", in general, do not have any popular legitimacy. They owe their position of power only to their connections with the French government. France has even managed to install its chosen candidate indefinitely and from father to son in power. This same colonial policy dominates the recruitment process of human resources in the public administration and especially that of its ruling class.   Because of France and the so-called   France-Afrique policy, the African people know only a fake democracy. Given the above, they despair of the future.

Personally, our ethnic group, the Bamilekes of West Cameroon, have suffered and still suffer in our own country from the ostracism, exclusion and hatred organized by France, which has encouraged all other ethnic groups of the country to hate us. This hatred of the Bamilekes by France, which has been cultivated for a long time, is justified solely by the fact that it has discovered that the Bamilekes, because of their solid and efficient social organization, their economic dynamism, their spirit of independence and their integrity, are the only ones capable of thwarting the project of unlimited exploitation of the resources and people of this country. This hatred of the Bamilekes had reached its climax in the late 1950s, which witnessed the genocide of the Bamilekes consciously organized by the French colonial power. Genuine investigations and updates on this genocide have never been made by either France or the local neo-colonial government. On the circumstances, the course and the facts of this macabre enterprise as described above, France maintains a total blackout by systematically organizing an opacity on the archives classified as secret defense and by continuously distorting the history distilled in homeopathic doses by its historians and researchers handpicked to defend the French cause.

Even today, France encourages the puppet, tyrannical and genocidal government and the national comprador bourgeoisie of Cameroon to implement a policy on the basis of which the Bamilekes are insulted, humiliated, tortured and murdered on a daily basis in their country. Bamilekes are generally considered second-class citizens. In certain electoral districts or regions where they are in the majority, the illegal and illegitimate government technically organizes their exclusion from elective positions, from local, regional and national political representations and from the leadership of important government institutions, while the minorities, representatives are designated to rule. Of course, the most important doctrine of the tribalized Bulu power in Yaoundé that is being forced into the heads of all citizens is that "a Bamileke does not have the right to lead the country". This is the case even if, by chance, he was to win the presidential elections. This doctrine is not just a wishful thinking, it has already materialized with the eviction from the presidential seat, after the misappropriation of the real results of the presidential elections of two Bamilekes, Mr. John Fru Ndi in 1992 and Mr. Maurice Kamto in 2018.  Thus, France has set up a regime of exclusion and injustice in Cameroon that is a social time bomb.
Elsewhere, in the other countries of Africa that have been under French administration during the colonial era, notably Gabon, Congo, Cote d'Ivoire, Central African Republic, Chad, Togo, Benin, Niger, Djibouti, Mali, Burkina Faso, Mauritania, Senegal, Guinea Conakry and Madagascar, the same structures, institutions, policies and spirit of political domination, economic exploitation, and, the same development of poverty, injustice and unspeakable and revolting social sufferings are visible to any visitor. But, in Cameroon in particular, the situation on all fronts is about to surpass all records of ignominy.  On a prospective level, the future does not look bright for these African peoples who are rightly worried. Indeed, France has given itself the right, in violation of the various national constitutions and against the will of the majority of public opinion in various countries, to organize monarchical or at least father-to-son succession to state power in the countries under its colonization. Thus, for example, in Togo, Faure Eyadema replaced Gnassingbé Eyadema, in Gabon, Ali Bongo Odingmba succeeded Omar Bongo Odingmba, in Chad Idriss Deby Itno was replaced by his son Mahamat Idriss Deby Itno, and in Cameroon, after having kept Paul Biya, 88 years old, in power for the past 40 years, France is thinking of replacing him by his son, Frank Emmanuel Biya, etc. This state of affairs is a nightmare for Africans who fear that the same pattern of hereditary succession will be applied at home. They would not like to live for many more decades under the weight of these dictatorships of sons or grandsons, which are no different from those of the fathers. 
 
On another level, one can be astonished by the indifferent, wait-and-see attitude of the West, the United Nations, the European Union, and especially the American government and European countries, taken individually, which are so quick to set themselves up as judges of the democratic evolution of situations in the world, but which are mute in the face of the implantation by France of dictatorial and autocratic regimes in Africa and the maintenance of colonization of the continent. One can be astonished by the blindness of Europe and the Americans, given the tyrannical nature of the regimes established in Africa, the police state they generate, the suppression of public freedoms, the massive violation of human rights, the collapse of economies due to the incompetence of the political and bureaucratic elites and the inappropriate and incongruous choices of public policies. Added to these are, poor governance style, widespread corruption, poverty of the masses and the despair of the young generations, hit by unemployment (which affects more than 70% of them in some cases) and misery. This is why thousands of Africans are pushed to cross the desert and throw themselves into the sea to escape the daily suffering.  As long as nations like France continue to perpetuate colonization in Africa, maintain tyranny and sponsor the same despicable policies of political domination and economic exploitation, Europe and America must be concerned. The desert, the forest, the sea, electric fences, the atomic bomb, any other physical barrier, and the most sophisticated public policies will not be enough to stop the waves of millions more Africans preparing to migrate. Germany will still have to welcome them on its soil.

It is in view of the above that we believe that, in order to make history, it would have been important for you to organize a Berlin Conference II. Indeed, only a conference of this kind will make it possible to put an end to the administrative situation and all the policies that the Berlin Conference had generated. The new conference should bring together all the nations that were present in 1884-1885 or the nations that succeeded them. It could involve the African nations, which are a consequence of the conference. The African nations could, on this occasion, formulate their complaints, wishes and possible claims. Berlin II will aim to report on the treaty signed at the end of the 1884-1885 conference and its consequences. On a philosophical or symbolic level, it will have to publicly renounce colonization, which it will have to condemn as an abomination because of the killing of rights and freedoms that it causes and the poverty and misery that it engenders. It should recognize that colonization is a negation of the humanity of the colonized peoples. On the legal level, Berlin II will have to draw all the consequences of the various international legal instruments set up by the United Nations, its members or any other significant institutions.

To be rational in our proposed approach, it is necessary to attack the evil at its root. The declaration by Berlin II, putting an end to colonization as instituted by Berlin I, will remove all legitimacy, if any, from any current undertaking to recolonize Africa. From then on, it will be possible for Africa to expel France from its territory and to mobilize its resources to bring a minimum of well-being to its population. This will bring a small rest to the African people and citizens. France must liberate Africa. This is not only a matter of common sense but a matter of public salvation.  

In our opinion, it is important that the whole world should witness that Germany has put an end by itself to the project that it initiated many years ago. For you, Mrs. Chancellor, it will be a matter of going down in history as the one who has at least recognized a wrong that Germany and some other nations have done to Africa. 
While expressing our congratulation, please receive also our most sincere greetings and extend them to your beloved family.

Jacques P. Nguemegne, Ph D.

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