Prendre l'ethnofascisme au sérieux à Yaoundé
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La démonstration magistrale d'une étude ethnographique médico-légale de l'ethnofacisme à Yaoundé, sur JMTV+ avec la journaliste Jackie Moiffo, par Joël Didier Engo, président du CL2P, traduit que les choses sont encore pires qu'on ne le pensait dans le pays. L'ethnofascisme n'est pas simplement une abomination du pouvoir, c'est la conception même du pouvoir en place.

Engo parle d'un homme (Paul Biya) qui n'a affiché aucune trace de tribalisme avant son arrivée au pouvoir en novembre 1982 pour se rendre compte qu'il n'y a pas d'autre moyen de gouverner dans un pays maintenu depuis 40 ans en état d'exception permanent, où les « indésirables » sont tués ou enfermés dans ses camps de concentration.

Comme le décrit Engo, dans une société de contrôle disciplinaire, l'exercice du pouvoir est un exercice d'inclusion et d'exclusion structurelle où les citoyens ordinaires sont réduits à être des Homo Sacer, ce qui signifie qu'il n'y a pas de conséquences juridiques pour leurs disparitions. C'est très problématique, car, s'ajoutant au culte du chef et à son immortalité obscène, nous avons un problème systémique où notre rapport au pouvoir est profondément narcissique et psychopathique. Des pratiques institutionnelles qui s'insinuent et façonnent nos expériences politique d'une manière que nous ne reconnaissons pas souvent, mais qu'Engo reconnaît comme une forme de TSPT, de syndrome post-traumatique, et ce que le savant français Bernard Stiegler appelle le Pharmakon, un produit à la fois poison et remède. Reconnaître cet état traumatique est nécessaire à notre guérison.

À ce sujet, nous dénonçons toute les sourdes guerres de clans familiaux dans l'optique d'une succession au sein d'un pouvoir devenu tribal...à Yaoundé

Parce que c’est tout ce que nous devons éviter et combattre sans la moindre concession....

En effet le Cameroun n'est pas une possession clanique et familiale, mais demeure formellement cette république dont chacun de ses ressortissants doit veiller à la pérennisation en privilégiant une approche égalitaire et démocratique des institutions.

Aussi, au CL2P, nous développons les notions de droits épistémiques comme une disposition critique essentielle dans notre lutte pour la démocratie et le changement. Ces droits épistémiques nous offrent la possibilité de questionner le statu quo et responsabiliser le gouvernement. Par conséquent, nous luttons inlassablement pour nos droits supposés donnés par Dieu aux êtres humains. Nous reconnaissons que ces droits impliquent des obligations de la part du gouvernement, principalement, de fournir les informations pertinentes. De plus, le droit de notre individu à l'information implique également une gamme de protections contre la désinformation, la tromperie, la manipulation, la diversion, la propagande etc... Nous avons le droit de savoir comment notre pays est gouverné et nous avons le droit de le tenir responsable.

Dans ce contexte, dans une culture hautement ethnofasciste chargée de néolibéralisme compétitif, il existe une préoccupation tacite concernant des quantités limitées de ressources. L'idée que si nous acceptons les plaintes de ce groupe, quelqu'un d'autre doit être perdant. Il faut comprendre que personne n'est spécial au Cameroun. Tous les héros de notre indépendance ont été assassinés. Pour honorer leur mémoire, nous n'avons pas d'autre choix que de pratiquer la justice sociale et la politique égalitaire.

http://www.cl2p.org 

Pr. Olivier J. Tchouaffe, Porte-parole du CL2P

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