CRTV : le malaise anglophone
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Les récentes nominations ont ravivé la polémique autour de la place des professionnels d’expression anglaise au sein de l’Office national de radio-télévision (CRTV).

« La frustration des Anglophones atteint son paroxysme ! » Le titre barre la première page du journal The Horizon du 28 juin dernier. À en croire nos confrères, les journalistes d’expression anglaise ont peu goûté au remplacement du directeur central du Pôle Radio jusque-là un anglophone, par un cadre francophone. Plus prosaïquement, le retour de François Marc Modzom à la radio à la place de George Ewane ne passe pas. Il ne faudrait pourtant pas croire que les tenants de la thèse de la marginalisation plébiscitent la personne d’Ewane en tant que telle. Cadre de l’office, universitaire proche du pouvoir, l’enseignant au département d’anglais de l’université de Yaoundé 1 a été nommé conseiller technique à la présidence deux semaines avant son remplacement par un Modzom, sorti pour l’occasion, de son poste de directeur délégué de l’Institut de Formation et de Conservation du Patrimoine Audiovisuel, une sorte de garage, où avait été relégué l’ancien rédacteur-en-chef du Poste national il y a six ans.

Les frustrés regrettent que le Conseil d’administration n’ait pas choisi de proposer un remplacement d’anglophone à anglophone d’une part. D’autre part, en dehors du lot de consolation qu’aurait pu être la présence d’un anglophone au poste de directeur central du Pôle Radio, une sourde rumeur monte dans les rangs du personnel d’expression anglaise sur le fait qu’aucun anglophone n’occupe un poste de directeur exécutif à la CRTV. Une allégation difficile à mesurer au regard de l’incertitude qui plane toujours sur l’organigramme de l’office. Au moins, peut-on remarquer que les récentes nominations semblent avoir soigneusement contournées les professionnels d’expression anglaise de la maison « quitte à confirmer des retraités » et à responsabiliser de nouvelles recrues, s’étrangle-t-on dans la presse anglophone. Jean Atangana et Ghislain Pierre Essono apprécieront.

CHARLES NDONGO SE DÉFEND

Les antennes radio, TV et web de la CRTV ont abondamment commenté les décisions des Conseils d’administration – ordinaire et extraordinaire – qui ont débouché sur ces nominations controversées. Des commentaires orientés davantage sur la nécessité pour l’entreprise d’être à la hauteur de la couverture de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations prévues en début d’année prochaine. Oui, mais au prix du sacrifice du vivre-ensemble à tous les moments de la prise de décision ? Charles Ndongo a bien été obligé de se défendre au moment d’installer les responsables nouvellement nommés. « Le débat qui a cours sur les velléités de confiscation de la CRTV par telle ou telle communauté ne trouvera jamais d'écho favorable chez moi », a-t-il tenté de rassurer.

En filigrane, le directeur général sous-entend que les personnes choisies pour l’aider à accomplir sa mission, l’ont été sur la base exclusive de leur compétence et de leur expérience. L’idée qui se dégage est que le savoir-faire est tant et bien universel qu’il peut se concentrer dans une seule communauté – ou donner cette impression. De toutes les façons, son option est que la démarche de la CRTV est « de promouvoir les valeurs humaines et culturelles de toutes nos cultures ». Avec ou sans les Anglophones aux côtés du capitaine de bord ? Cette dernière question anime les discussions les plus sérieuses au sein même du Conseil d’administration.

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