Bavure militaire à Pouma: les révélations du père de la victime
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Italen Aaron (image capture d'écran) est sans voix depuis plusieurs jours. Ce ressortissant de la localité de Ngopem à Pouma vient de perdre son fils Tang Ndjock Just, 25 ans.

Le 21 juillet dernier, la victime a été interpellée et conduit nuitamment au bureau de la gendarmerie de Pouma par les éléments de ladite gendarmerie. Ainsi mis aux arrêts, Just Tang Jock décèdera des suites de ses blessures. Blessures causées vraisemblablement par une bastonnade à lui infligées par les éléments de la gendarmerie. 

Italen Aaron, le père du défunt explique : « Ils arrêtent mon enfant à une heure tardive entre 22 et 23 heures (dans la nuit du 21 au 22 juillet 2021, ndlr). Ils n'avaient [ni] mandat d'arrêt. »

Selon le père du défunt, la victime « n'avait commis aucun acte qui conduisait à ce qu'on l'arrêt. [...] Ils se sont permis [à] le tabasser jusqu'à le tuer ». 

Différend familial

Plusieurs sources révèlent que Tang Jock et son épouse exerçaient le métier d’agriculteur. Un différend les auraient opposé quant au partage du gain issue de la vente du manioc qu’ils ont produit eux-mêmes. L’épouse de Just Tang aurait saisi la brigade de gendarmerie pour se plaindre de la cupidité de son époux.

C’est donc sur la base de la plainte que la gendarmerie a effectué une descente au domicile de l’infortuné. Il a ensuite été conduit au poste de la gendarmerie où il serait battu à mort. Le corps sans vie serait déposé finalement à la morgue d’une unité de santé de cette localité.

Une version des faits contestés par les autorités qui indiquent plutôt que la victime serait décédée à l’hôpital. 

Le gendarme amant ou justicier ?

Selon les révélations de la famille, l'épouse de la victime entretenait des relations extra-conjugales avec sieur Okola, un gendarme en poste à Pouma. Les deux amants ne se cachaient plus pour filer leur idylle depuis peu.  
D'après Tang Jeanne Mireille, tante du défunt, la belle-fille (épouse du défunt) entretenait plusieurs relations adultères : « au niveau du village, il y a d'abord un cousin qui sort avec la même fille." La tante du défunt ajoute que c'est cet amant qui a conduit la belle fille en moto jusqu'à hauteur de la gendarmerie où officie le second amant, gendarme de profession.

Tentative de pression

Italen Aaron déroule : « Ils se permettent de prendre le corps de mon enfant, d’amener à la morgue, de négocier avec le docteur pour qu’il accepte que mon enfant était malade et est mort à l’hôpital alors qu’ils ont transporté son cadavre de la gendarmerie pour la morgue directement.»

Le père éploré argumente : « J’ai demandé au sous-préfet, d’accepter qu’on me livre le certificat de genre de mort (certificat de décès, ndlr). Cela ne s’est pas fait. Ils ont tenté toujours [à] me corrompre. »

Les autorités auraient proposé de délivrer le certificat de décès après l’inhumation du défunt. Italen Aaron qui s’exprimait au micro d’Equinoxe Tv mardi martèle : « C’est là où j’ai exigé que je ne peux pas accepter prendre ce corps si ces choses (les causes du décès, ndlr) ne sont pas vérifiés. » 

Pour rappel, Tang Jock, 25 ans, était marié et père de cinq enfants. Ses proches qui prépare l'inhumation de la dépouille mortelle de Tang réclament désormais justice. Les autorités n'ont pas encore officiellement communiqué sur ces faits.

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