Fiscalité : Les chefs d’entreprise toujours en colère
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Ils veulent la suppression de la taxation sur le chiffre d’affaires et l’on réitéré à l’occasion du débat organisé par le GICAM le 9 juillet à Yaoundé.

Le climat des affaires dans l’environnement camerounais n’est pas favorable à la création des richesses et le développement des entreprises. Cette difficulté à laquelle les entreprises sont confrontées est justifiée par la pression fiscale dont elles font face. La loi dénoncée par les entrepreneurs : la taxation sur le chiffre d’affaires de 33% de l’administration fiscale leur impose. Les entrepreneurs reprochent au gouvernement de percevoir l’impôt comme un instrument de recette et non comme instrument pour faciliter du développement des entreprises au Cameroun.

Comme principales conséquences, beaucoup d’entreprises sont obligées de fermer. Plusieurs autres préfèrent rester dans le secteur informel. Celles qui se battent à créer les richesses au quotidien sont asphyxiées par les multiples contrôles de la fiscalité de la part de l’administration La présentation faite lors du débat par le Dr. Yves Ekoué Amaizo, consultant international, expert sur les questions fiscales a démontré que sur le budget annuel du Cameroun en 2021, le GICAM reste l’un des principaux contributeurs dans le budget de l’État. L’expert poursuit en montrant dans le Cameroun occupe le 181ème rang sur 189 pays en matière d’efficacité dans le paiement de la taxe.

Fiscalité confiscatoire

La loi fiscale ne tient pas compte de recettes générées par l’entreprise. Cette problématique a été soulevée ce 9 juillet à Yaoundé, dans le cadre de la 3ème édition du débat patronal « sur la fiscalité », un débat organisé par le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM). Lors des échanges, Laure Kenmogne Djoumessi, présidente de la Commission fiscale et parafiscale et douanière du GICAM a simplifié la compréhension de cette loi en ces termes : « Une entreprise qui a par exemple un chiffre d’affaires de 100Fcfa, pour gagner ce chiffre d’affaires l’entreprise dépense 98Fcfa ça veut dire concrètement que l’entreprise en question a gagné 2F. Dans le système de la loi fiscale actuelle, l’entreprise doit payer 33% de 2F. L’actuel système prévoit que l’entreprise en question doit payer un chiffre d’affaires minimum qui est de 2%. En conclusion l’entreprise qui a gagné 2Fcfa paiera 2,2 sur les 100FCfa. Les chefs d’entreprises présents parlent d’une fiscalité confiscatoire, prédatrice et punitive pour la croissance économique au Cameroun. Raison pour laquelle le GICAM a décidé d’organiser cette année la troisième édition du débat patronal sur la fiscalité dans la capitale politique afin de trouver les voies et moyens pour sortir de cette loi.

« Nous voulons une taxation sur le bénéfice réaliste de l’entreprise et non la taxation sur le chiffre d’affaires. Nous voulons une politique fiscale stable et efficace », propose un participant. Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale affirme pour sa part que le débat sur le minimum de perception est vrai pour certaines entreprises mais ne l’ai pas pour d’autres. Le ministre estime qu’il est essentiel que les discussions tournent autour de la justesse du minimum et non sur la suppression de la loi fiscale comme certains entrepreneurs le souhaitent. Le membre du gouvernement pense que beaucoup de dirigeants d’entreprise ne communiquent toujours pas les vrais chiffres du bénéfice.

Célestin Tawamba, le président du GICAM a affirmé que 95% des entreprises camerounaises ont comme principale difficulté la fiscalité. Le débat organisé par le GICAM a pour objectif de créer un cadre de concertation permanent entre l’administration fiscale et les entrepreneurs pour trouver les solutions à la croissance des entreprises dont la majorité a été impactée par les effets néfastes de la Covid 19. Le seul regret relevé par le GICAM c’est l’absence remarquée des responsables de l’administration fiscale notamment ceux du ministère des Finances qui n’ont pas répondus à l’invitation.

Il y’a quelques mois, le président du GICAM dénonçait la qualité des rapports entre la direction générale des impôts et le mouvement patronal.

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