Covid-19 : la crise pousse l’Afrique à produire elle-même des vaccins
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Covid-19 : la crise pousse l’Afrique à produire elle-même des vaccins :: AFRICA

Après l’Égypte, l’Afrique du Sud ou encore le Maroc, c’est le Sénégal qui va pouvoir produire sur place des vaccins contre le Covid, mais pas seulement.

Alors que la vaccination contre le Covid-19 tarde à décoller en Afrique, l’Égypte est devenue le premier pays sur le continent à produire sur place des vaccins contre le coronavirus. L’enjeu est de taille et politique désormais pour les États africains qui ne parviennent pas à se procurer les doses nécessaires pour vacciner leurs populations.

D’après l’OMS, plus de 1,6 million de doses ont été déployées en Afrique par le mécanisme Covax. Par ailleurs, plus de 20 millions de doses des vaccins Johnson et Johnson/Janssen et Pfizer-BioNTech sont attendues très prochainement sur le continent africain, en provenance des États-Unis. Pour autant, le Dr Moeti, directrice Afrique de l’organisation, a appelé les pays africains à mettre à profit la période actuelle pour planifier la multiplication des sites de vaccination et sensibiliser les populations à avoir davantage confiance dans les vaccins. Certains pays comme l’Afrique du Sud et l’Algérie ont annoncé lancer prochainement leur production locale de vaccins. D’autres comme l’Égypte, le Maroc et le Sénégal accélèrent.

L’Égypte a commencé à produire du Sinovac

À la fin du mois de juin 2021, l’Égypte a fait de ce vœu une réalité en annonçant avoir produit ses premières doses du vaccin chinois Sinovac – approuvée en urgence par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – après la signature d’un accord entre une entreprise locale, l’Egyptian Holding Company for Biological Products and Vaccines (Vacsera), et la firme chinoise Sinovac. Le pays est également en pourparlers pour fabriquer localement le vaccin britannique AstraZeneca.

Le Maroc ambitionne de produire 5 millions de doses par mois

Le Maroc veut aussi suivre cette voie. Le royaume chérifien a annoncé un projet de fabrication locale du vaccin chinois Sinopharm contre le Covid-19, avec « à court terme » une capacité de production de 5 millions de doses par mois, d’après l’agence de presse marocaine MAP. Un mémorandum de coopération entre le royaume et le groupe pharmaceutique chinois Sinopharm a été signé lors d’une cérémonie présidée par le roi Mohammed VI, a indiqué l’agence MAP.

Le projet nécessitera un investissement global d’environ 421 millions d’euros, a-t-elle précisé. Le projet vise à renforcer « la souveraineté sanitaire » du pays face « aux dépendances extérieures et aux contingences politiques », d’après la même source. Le pays de 36 millions d’habitants a vacciné plus de 10 millions de personnes, dont 9,1 millions avec les deux injections requises, depuis le début de la campagne de vaccination fin janvier avec les vaccins chinois Sinopharm et britannique AstraZeneca. Les contaminations sont en hausse au Maroc, avec au total 534 797 cas, dont 9 329 décès, selon un dernier bilan officiel, poussant le ministère de la Santé à appeler au respect des mesures de prévention pour éviter un « renforcement des restrictions ». Fin mai, le royaume a assoupli les différentes restrictions mises en place contre le Covid-19 et a rouvert ses frontières aériennes avec plusieurs pays, essentiellement européens.

Au Sénégal, l’Institut Pasteur reçoit des appuis

Vendredi 9 juillet, le Sénégal est également entré dans la course. Le pays avec plusieurs institutions, des pays européens et les États-Unis notamment, a annoncé la signature à Dakar d’un accord d’un montant de 200 millions d’euros, visant à financer l’installation dans ce pays ouest-africain d’une usine de production de vaccins contre le Covid-19 et d’autres maladies endémiques.

Cet accord est signé alors que l’Afrique subit une troisième vague de coronavirus sur fond d’une rupture de vaccins anti-Covid alors que les unités de production de vaccins y sont déjà rares. On en recense six seulement : le réseau des centres Pasteur dans les trois pays du Maghreb et au Sénégal, l’entreprise publique Vacsera en Égypte et l’institut public Biovac en Afrique du Sud.

L’Afrique importe ainsi 99 % de ses besoins en vaccins. L’accord de financement conclu vendredi vise à démarrer la production de vaccins à l’Institut Pasteur de Dakar (IPD) pour réduire ces importations. Il va poser les fondations d’une « souveraineté pharmaceutique et médicale » au Sénégal et en Afrique, a déclaré le ministre sénégalais de l’Économie Amadou Hott, cité dans communiqué. Il permettra d'« améliorer l’accès à des vaccins à des prix abordables en Afrique et [en] faciliter la production pour faire face efficacement aux pandémies », a-t-il ajouté, lors de la signature de l’accord vendredi à Dakar, en présence du président Macky Sall.

La construction de l’usine de production de vaccins doit démarrer au plus tard en 2021 et 25 millions de doses de vaccins doivent être produites fin 2022. 

La Commission européenne, la Banque européenne d’investissements, la Banque mondiale, les États-Unis, la France, l’Allemagne et la Belgique doivent contribuer au financement de cette opération, aux côtés du gouvernement sénégalais et d’autres donateurs. L’Allemagne doit contribuer à hauteur de 20 millions d’euros (23,7 millions de dollars). Toutes les contributions n’ont pas été précisées.

Le projet devrait coûter au total quelque 200 millions d’euros, soit 130 milliards de FCFA, a déclaré, lors d’une conférence de presse vendredi à Dakar, Thierry Breton, commissaire européen chargé du Marché intérieur et dirigeant la task force de la Commission européenne sur le développement industriel de la production de vaccins.

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