Louis Paul Motaze : « Nous avons racheté près de 80 % de l’eurobond de 2015 »
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Face aux députés à l’occasion du débat d’orientation budgétaire, puis devant la presse le 6 juillet dernier, le ministre des finances est notamment revenu sur les clés de la réussite de l’opération d’émission de l’eurobond à Paris le 30 juin dernier.

LES ACTEURS QUI ONT CONTRIBUÉ À LA RÉUSSITE DE L’EUROBOND

Avant que nous allions à Paris, nous sommes venus à la rencontre des parlementaires. Beaucoup ont été surpris de voir le ministre des Finances à l’Assemblée national un vendredi, puis en plénière le lendemain matin. La loi étant voté par l’Assemblée nationale samedi matin, le ministre des Finances passait déjà devant la Commission des finances du Sénat samedi après-midi. Ça veut dire que nous avons travaillé extrêmement vite ; parce que l’habilitation que les parlementaires ont accordée nous était nécessaire à Paris. Nous sommes allés rencontrer les marchés financiers, et ces marchés voulaient s’assurer que ce que nous sommes en train de faire est accepté par le corps social. Les parlementaires l’ont fait, le chef de l’État également. Parce qu’après que le Sénat a adopté lui-aussi le projet de loi habilitant le ministre des Finances, immédiatement après, le chef de l’État a promulgué la loi. Cela a rendu les choses faciles pour le ministre des Finances, lorsqu’il arrive à Paris. Il a pu démontrer que tout le corps social, le gouvernement, les parlementaires et le chef de l’État parlent d’une seule voix.

LES CHIFFRES CLÉS DE L’OPÉRATION RÉUSSIE À PARIS LE 30 JUIN DERNIER

Le gouvernement a été habilité à aller chercher 450 milliards. Mais au fond, il y a deux opérations : l’émission et le rachat des eurobonds. Sur les 450 milliards sollicités, les investisseurs qui sont venus à notre rencontre nous ont proposé le triple. C’est à dire, plus de 1 400 milliards. Sur ce plan, l’opération est déjà un succès. Nous avons ensuite, l’opération de rachat des eurobonds. En 2015, l’opération que nous avons réalisée a été faite à un taux de 9,5 % d’intérêt. Cette fois-ci, nous avons moins de 6 %. C’est le deuxième succès de notre opération. Le troisième élément c’est que, si on se réfère à l’habilitation qui nous a été donnée, l’opération consistait à racheter toute ou une partie de l’émission de 2015. Nous avons racheté près de 80 % de l’eurobond de 2015. C’est un autre succès. Le quatrième élément, c’est que, alors que le pic du remboursement de l’eurobond de 2015 allait avoir lieu en 2023, 2024 et 2025, nous avons renvoyé l’échéance au-delà de 2030.

Ça aussi, c’est un franc succès. Mais la plus grande victoire c’est que, le Cameroun a renforcé son crédit, le Cameroun a renforcé sa signature. Parce que, à la vérité, les investisseurs ne vont pas dans un pays, alors qu’ils ne sont pas certains de rentrer dans leurs fonds. Les investisseurs font confiance au Cameroun, sous la direction du chef de l’État, Son Excellence Paul Biya. C’est pourquoi le ministre des Finances a pris l’engagement de revenir plus souvent dans les marchés financiers ; parce que nous nous sommes rendu compte que la signature du Cameroun est respectée, la signature du Cameroun est restaurée.

À PROPOS DES FÉLICITATIONS DES DÉPUTÉS

Nous avons en effet été heureux de recevoir les félicitations des parlementaires. Le gouvernement a été félicité pour ce qui a été fait sur le marché des eurobonds (le 30 juin dernier Ndlr.). Et nous avons eu à rappeler aux parlementaires que ce n’est pas seulement une victoire du gouvernement ; mais une victoire de tout le corps social. Nous nous souvenons que le parlement a travaillé dans des conditions extrêmement particulières. Aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Ce qui nous a permis d’être confortable devant les marchés financiers qui avaient besoin de savoir que tout le Cameroun était derrière cette opération et que tout le Cameroun voulait que cette opération se fasse. Tout le monde a mis du sien et c’est grâce à cela que nous avons eu ce résultat. Ce succès, nous le devons à tout le monde.

SUR LE DÉROULEMENT DU DÉBAT D’ORIENTATION BUDGÉTAIRE DU 6 JUILLET

Nous sommes au débat d’orientation budgétaire. Et nous avons bien expliqué aux députés qu’il ne s’agit pas de discuter de la loi de finances 2022. Il s’agit de voir les grandes tendances ; parce que le débat d’orientation budgétaire permet aux parlementaires d’apporter également leur touche dans la préparation du budget. C’est-à-dire que le gouvernement leur dit comment il voit les choses, et les parlementaires avec le ressenti qui est le leur parce qu’ils connaissent certains problèmes locaux parfois mieux que nous, disent que d’après eux, il faudrait qu’on insiste sur tel ou tel point. Certaines de ces recommandations nous semblent pleines de bon sens, et nous allons les prendre en considération pour que lorsque nous reviendrons en novembre-décembre pour les discussions et le vote de la loi de finances, que les préoccupations des parlementaires aient été prises en compte. Nous sommes en train de nous projeter vers les années 2022, 2023 et 2024.

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