RESTRICTION DES VISAS POUR L’UNION EUROPÉENNE : Le mauvais prétexte du vaccin
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Les Européens ont encore trouvé une entourloupe pour empêcher les Africains d'aller chez eux, par une manœuvre grossière qui entend profiter de la crise sanitaire mondiale pour ostraciser une fois de plus ces derniers.

L’annonce a été laconique en diable. En un mot, elle dispose que seuls les gens à qui on aura injecté le vaccin accepté par l’Agence Européenne du Médicament (AEM) pourront désormais obtenir un visa pour leur espace. Oublions les circonlocutions d’usage : voilà l’énoncé de fond, et c’est clair. Toutes les explications postérieures, parlant de “procédures d’homologation internes à l’UE”, et d’autres balivernes supposées techniques ou administratives de ce tonneau, étaient tellement embrouillées qu’elles ne méritent même pas qu’on s’y attarde : c’était du rattrapage après-coup.

Et au vrai ce blabla a même contribué à faire considérer par beaucoup que cette affaire-là était vraiment louche, compte tenu de l’évident embarras de ses instigateurs après la levée de bouclier des Africains, et d’autres personnalités de bonne volonté qui ont facilement flairé la malhonnêteté du stratagème. Pourtant, cette restriction des visas basée sur la prétendue homologation locale du vaccin pose, immédiatement, des problèmes importants. D’abord, la possibilité ahurissante que les vaccins puissent ne pas être les mêmes, malgré une désignation commune. Sinon ce serait à n’y rien comprendre. Or s’il ne s’agit pas du sérum qu’on a réservé à l’Europe, et que les autorités sanitaires de cet espace sont au courant, pourquoi ne pas l’avoir signalé dès que les campagnes tonitruantes d’appel à la vaccination ont été lancées dans le monde entier ? Et particulièrement chez nous ?

Et s’ensuit l’affreux soupçon : que contiendrait donc en réalité le “vaccin africain”, pour que les Européens semblent s’en méfier ? S'il est frappé d’ostracisme, comme cela paraît être le cas en première hypothèse, quel était le réel cahier de charge assigné par on ne sait qui à son fabricant ? Pour quel objectif qui reste à déterminer ? Et si, comme on l’a cru de bonne foi jusqu’à récemment, ce vaccin a eu l’aval de l’Oms, après cette dénégation qui ne dit pas son nom, que doit-on penser désormais des décisions de cet organisme quand on parle de pandémie au niveau mondial ? Ses communiqués ne seraient-ils donc que du pipeau à l’intention des gogos, notamment Africains, qui prennent cette Organisation au sérieux comme tout ce qui s’apparente à l’ONU, considérée par ces naïfs comme une espèce de suprême gouvernement supranational qui en imposerait à tout le monde ? On a pourtant ici une preuve que le multilatéralisme onusien représenté par les instances internationales comme celle-là ne vaut rien aux yeux des grandes nations, qui s’assoient dessus, pour ainsi dire, dès que leurs intérêts ou leurs agendas sont en jeu.

Qui veut noyer son chien…

Ensuite, s’il s’agit effectivement du même vaccin, et que une fois de plus l’Union Européenne le sait pertinemment, à quoi rime donc exactement cette bizarre décision ? Et qui peut alors empêcher que l’on interprète tout ce ramdam comme une manœuvre de plus pour coincer les personnes d’origines indésirables tentant d’accéder à leurs territoires ?

Il est même permis de penser que ceci était parfaitement prévisible : l’occasion était trop belle pour que ces gens qui n’ont que la crainte du “Grand remplacement” à la bouche, ne profitassent pas de la circonstance pour fabriquer une instruction aussi équivoque. Que certains taxent déjà, à tort ou à raison, de particulièrement raciste puisqu’elle ne concerne que les ressortissants du Continent noir, mine de rien. Ce n’était probablement pas le plan de départ, mais on semble y a pensé après coup, pour faire d'une pierre douteuse deux mauvais coups pernicieux, voilà tout !

C’est d’ailleurs pourquoi ils ont ajouté, dans la foulée, le distinguo entre les “ pays sûrs” dont ils sont prêts à accueillir les voyageurs sans barguigner, et les autres, dans une liste où ne figure, pour toute l’Afrique, que le Rwanda ! Sur quels critères objectifs, autres que politiques ? Allez donc savoir. Mais c’est trop gros, franchement. À l’analyse, ce que cette décision voudrait dire aux Africains n’est qu’un rappel de ce que certains ici ont tendance à oublier. Et c’est ceci : “Vous les nègres et bougnoules, vous n’êtes pas (ou plus) les bienvenus chez nous ! Vous teintez trop le paysage démographique de nos pays de la mauvaise couleur de peau ! Restez chez vous, c’est-à-dire dans vos “shitholes countries”, pays de merde, littéralement, à la ‘’Donald Trump !” Aux Africains de tirer, pour une fois et si cela est possible, les conséquences de cette énième manigance qui démontre encore, s’il en était besoin, le peu de respect que les Européens ont à leur égard. En comprenant que toute apparente sollicitude pour eux n’est jamais exempte de préjugés « suprémacistes », de mépris systémique et en tout cas d’arrière-pensées inavouables.

Et qu’ils cessent de leur faire croire que notre rêve commun est d’aller à tout prix chez eux : ce complexe de quelques-uns ne doit pas être le fantasme attribué abusivement aux habitants de tout un Continent. Faire partie de ce qu’on appelle la diaspora n’est pas un projet de vie, mais chez n’importe quel humain une sorte d’accident de parcours. En réalité, beaucoup savent désormais que le paradis sur terre n’existe nulle part dans ce monde, surtout pas en Europe. Ils se rendent même compte que, s’agissant d’Eden, ce sont nos terroirs qui s’en approchent un peu plus, nonobstant une pauvreté entretenue chez nous à dessein par la communauté pompeusement dite internationale, à travers des mécanismes divers et variés. Les Européens en sont parfaitement conscients, même s’ils passent leur temps à nous inculquer le contraire avec une désinformation sans répit. Et même comme certains, dans nos contrées, s'obstinent à croire à ce gros mensonge, consentant volontairement à l’image déformée que donne d’eux et de leurs beaux pays le miroir du “Blanc “.

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