Les entreprises de presse menacées de sanctions pour défaut de dépôt administratif des journaux
CAMEROUN :: MéDIA

CAMEROUN :: Les entreprises de presse menacées de sanctions pour défaut de dépôt administratif des journaux :: CAMEROON

Le ministre de la Communication (Mincom), René Emmanuel Sadi, a signé, le 2 juillet, un communiqué menaçant de sanctionner les entreprises de presse au Cameroun pour « défaut de dépôt administratif » des journaux.

Selon l’article 16 de la loi nº 90/052 du 19 décembre 1990, relative à la liberté sur la communication sociale, « chaque directeur de publication est tenu de déposer auprès des services centraux et extérieurs du ministre chargé de l’information, selon le lieu du siège de l’organe de presse, deux exemplaires signés, deux heures au plus tard après la parution ».

L’article 23 de la même loi dispose que, « chaque organe de presse étranger doit faire l’objet de la part des distributeurs d’un dépôt en deux exemplaires auprès des ministres chargés des relations extérieures, de l’administration territoriale, de l’information et de la Justice, 24 heures au moins avant sa distribution et sa mise à la disposition du public ».

« Le ministre de la Communication invite par conséquent, les éditeurs et distributeurs de presse au respect des dispositions légales (…), et met en garde les contrevenants qui s’exposent de ce fait aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur », lit-on dans le communiqué.

En réaction, le Réseau des patrons de presse du Cameroun (Repac) indique qu’il va accompagner le Mincom dans cette démarche qui consiste à rendre obligatoire le dépôt administratif des journaux tel que prévu par la loi. « La Commission Sadi y travaille avec le Repac. Les résultats ne tarderont pas », déclare-t-on au Repac.

Cependant, certains patrons d’entreprises de presse expliquent que le relâchement constaté par le Mincom est la conséquence de la morosité économique qui prévaut dans le secteur. « Plus de publicité, pas d’assistance ; moins d'aide à la presse ; moins de partenariats, etc. Comment voulez-vous que le dépôt administratif soit la première préoccupation d’un journal ? », déclare un directeur de publication.

Pour la viabilisation des entreprises de presse, le Repac reste en attente d’une réponse au mémorandum adressé en décembre 2020 au chef de l’État camerounais, Paul Biya. Dans ce plaidoyer le Réseau plaide principalement pour un meilleur accompagnement des pouvoirs publics, à travers une subvention de 2 à 3 milliards de FCFA chaque année. Dénommée, jusqu’en début 2020, aide publique à la communication privée au Cameroun, cette subvention oscille jusqu’ici entre 150 et 300 millions de FCFA chaque année.

Depuis avril 2020, on parle désormais d’appui institutionnel de l’État à la presse à capitaux privés. Il est réservé exclusivement aux entreprises éditant des journaux et périodiques paraissant à intervalles réguliers et aux entreprises de presse en ligne. Lors de l'allocation intervenue en juillet 2020, une centaine de médias se sont partagé 240 millions de FCFA.

Lire aussi dans la rubrique MéDIA

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo