Procès du saccage de l'ambassade du Cameroun à Paris: Voici enfin ce qui s'est passé
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FRANCE :: Procès du saccage de l'ambassade du Cameroun à Paris: Voici enfin ce qui s'est passé

Le verdict tant attendu est enfin tombé le lundi 5 juillet dernier, suite à une très longue procédure qui aura mis très exactement deux ans lorsque l'opinion publique national et international se souvient que la première convocation du Général Wanto par le bureau des enquêteurs du premier district de la police judiciaire de Paris avait eu lieu  le 11 juillet 2019, et par la suite,celui du "Commandant" Calibri Calibro , Nelson  Azonsop Tchetchago alias  maître Corbeau et enfin le Combattant Calife Mbaki.

Deux ans après de longues enquêtes et procédures judiciaires, les griefs et demandes de dommages évoqués par la partie civile ont été peu à peu démontés par le procureur de la République.

Au départ le pouvoir de Yaoundé  représenté par son Ambassade avait porté plainte contre les leaders de la Diaspora Combattante pour disait-il :
- Association de malfaiteurs
- Violation de domicile privé 
- Destruction du mobilier de l'Ambassade 
- Vol en bande organisée de 70 000 € 
- Vol du matériel de l'Ambassade 
Etc.

Après des investigations et le passage au crible de centaines de vidéos et les différentes auditions, les enquêteurs avaient retenu uniquement les dégradations volontaires  en réunion du mobilier au préjudice de l'Ambassade du Cameroun.Les autres griefs ayant été purement et simplement balayés.

C'est ainsi que le procès s'est ouvert le 28 février 2020, et a été reporté dans un premier temps le 20 novembre 2020 et ensuite le 31 mai 2021.

Procès au cours duquel on a assisté au dilatoire quasi permanent du conseil de la partie civile qui a dans un premier temps essayé de  contester en vain le chef d'accusation retenu par le parquet. Et par la suite ce conseil de la partie civile, constitué de trois avocats, qui s'était illustré par une cacophonie en son sein, digne des Républiques bananières et assez révélatrice de l'état de l'État du Cameroun...

Pour rappel, lorsque le 20 novembre 2020 trois avocats se présentent à la barre chacun prétendant être le vrai conseil de l'État du Cameroun, dont l'un mandaté par Ngoh Ngoh, l'autre par Mvondo Ayolo et le troisième par le ministère des relations extérieures. 

Ces trois avocats qui ont échoué dans leur demande insistante de la réouverture de l'instruction avec pour objectif de procéder à l'intrusion de certaines taupes... que vous connaissez tous et qui pour d'aucuns ont même demandé publiquement pardon...

Lorsque le procès s'ouvrira enfin le lundi 31 mai 2021, l'un des avocats de la défense en l'occurence Me Florence Noumo, rappellera au juge que nous ne pouvons dissocier les faits qui sont reprochés au prévenus du contexte sociopolitique dans lequel ces faits ont été commis.

Un contexte de terreur politique, marqué notamment par une répression aveugle des manifestants pacifiques aux mains nues sur qui la soldatesque a tiré sans vergogne à bout portant et même parfois à bout touchant.

À la barre, les avocats du pouvoir de Yaoundé au Cameroun ont voulu présenter les trois prévenus comme étant des fauteurs de trouble et des dangers à l'ordre public.

Me Florence Noumo en mode defense de rupture, expliquera que les trois prévenus qui se trouvent être des gens responsables, altruistes et soucieux du devenir de leurs peuple et pays.

Me Noumo qui n'aura pas manqué de relever l'incongruité de la demande 15.000€ x 3 pour les honoraires des trois avocats du Cameroun qui sont pourtant venus revendiquer les dommages et intérêts de 43.500 €, qui plus est sur la base des devis douteux écrits à la main;  tristes réalités pour un PPTE(pays pauvre très endetté).

Les prévenus par une pléthores d'arguments plus ou moins convaincants justifieront leurs actes.

Maître Corbeau évoquera sa "colère due au contexte" avant de rappeler qu'il avait cependant "demandé pardon pour son acte de participation au saccage".

Le Commandant Calibri Calibro attirera l'attention du juge sur "le génocide qui est en train de se produire au Cameroun. Ce pays où on est torturé et jeté en prison pour avoir eu l'intention de vouloir manifester. Ce pays où les détournements de la fortune publique se chiffrent par milliards pendant que les enfants n'ont pas de l'eau potable à boire. Ce pays où les malades  meurent faute de nivaquine. Ce pays qui voit des centaines de milliers de ses enfants mourir en mer ou dans le désert à cause de ce régime sanguinaire de Yaoundé. Avant de demander  pardon au juge et non à la partie civile qui reste pour lui le bourreau du peuple camerounais".

Le Général Wanto s'est étonné que "ce soit sur la terre des droits de l'Homme qu'un "régime dictatorial, sanguinaire, liberticide et injuste veuille que justice lui soit faite. Et qu'au vu des agissements du régime de Yaoundé ce jour du 26 janvier 2019, il n'éprouvait aucun regret". 

Dans le monde globalisé où nous vivons, le Général Wanto  s'est simplement "inspiré du précédent ivoirien, lorsque des centaines de partisans de Ouattara ont assiégé leur ambassade à Paris le 27 décembre 2010 pour mettre un terme qu régime de Gbagbo, sans pour autant que cela fasse l'objet d'une quelconque poursuite devant les tribunaux français". Avant d'ajouter que "la destruction des effigies de Paul Biya en mondovision était un mal pour le bien, car cela aura contribué  à  atténuer la colère de la foule de plus de 500 cents manifestants qui ont interprété cela comme une fessée publique administrée au dictateur Paul Biya". Il a enfin indiqué à madame le juge que "même si elle n'avait jamais eu l'opportunité de séjourner  au Cameroun pour connaître les réalités atroces de ce pays, le seul fait cependant d'avoir vécu en direct la cacophonie au sein du conseil de la partie civile était assez suffisant et révélateur pour qu'elle  fasse une psychologie des profondeurs de la personne morale qu'est l'État du Cameroun et qu'elle perçoive l'état de l'État du Cameroun".

Nul ne pouvant se prévaloir de ses propres turpitudes, le procureur de la République a rejeté les demandes de condamnation lourde plaidées par la partie civile, pour ne demander qu'une peine de trois mois avec sursis et des dommages et intérêts pour le remplacement du mobilier détruit.

Madame le juge avait donc à l'issue de la comparution, fixé le verdict au 05 juillet 2021.Date à laquelle le jugement suivant a été rendu :

Robert Waffo Wanto dit "Général Wanto" président du CCD (Conseil des Camerounais de la Diaspora, Ndlr) et principal organisateur  est condamné à  03 mois de prison avec sursis, avec  inscription dans le casier judiciaire 

Abdoulaye Thiam dit " Calibri Calibro" est condamné à 03 mois de prison avec sursis, sans inscription dans le casier judiciaire 

Nelson Azonsop dit "Maître Corbeau" est condamnée à  04 mois avec sursis, sans inscription dans le casier judiciaire.

Les trois prévenus sont condamnés solidairement à payer  4500 € au titre de l'indemnisation pour le préjudice materiel subi. Chacun des trois prévenus est condamné à une amende de 127 € à verser au greffe.

À l'issue de ce verdict, le Général Wanto bien qu'étant lourdement pénalisé du fait qu'il ne pourra plus exercer dans le domaine de sécurité et sûreté où il a fait une étude en ingénierie du management de la sécurité incendie, de la sûreté et de la sécurité du travail, a cependant exprimé sa joie de savoir que ses jeunes camarades n'étaient pas  impactés dans leurs démarches administratives de régularisation, et pour ce a décidé de ne pas interjeter appel et d'assumer sa peine avec courage et bravoure. "Ceci pour le triomphe de la patrie !" a-t-il conclu.

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