NOTRE CHOIX A ETE MOTIVE PAR UN MELANGE ELECTRIQUE DE WITHNEY HOUSTON, DESTINY CHILD, ALICIA KEYS...
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FRANCE :: NOTRE CHOIX A ETE MOTIVE PAR UN MELANGE ELECTRIQUE DE WITHNEY HOUSTON, DESTINY CHILD, ALICIA KEYS...

C’est la toute première interview que nous proposons aux jumelles MAWASA (Canelle et Anaïs). Deux chanteuses que nous suivons depuis bientôt trois ans. Il n’y a pas longtemps on pouvait les considérer comme des jeunes talents dans notre diaspora.

Mais les filles ont fait une percée remarquable. C’est la grande relève de la musique camerounaise. Leur premier tube a   réussi avec un titre comme Amina qui a fait le tour du monde. Les jumelles Mawasa, - puisqu’il s’agit d’elles - se classent parmi les préférées des jeunes. Elles reviennent avec un maxi single « One Day. »  Voici deux jeunes filles douées de notre génération.  

Les jumelles ont accepté d'accorder une interview à CAMER.BE et dans un long échange très intéressant, elles parlent de leur carrière et expose leur vision du showbiz.    

Bonjour Cannelle et Anaïs et merci de nous accorder cette interview. Nous sommes   très heureux de vous rencontrer. Avant de nous lancer dans cet échange, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui vous découvrent pour la première fois et surtout nous dire qui est Canelle de vous deux et qui est Anaïs. Y  a-t-il  un  un trait de caractère particulier ?

Bonjour et merci de nous avoir invitées. Nous sommes jumelles et monozygotes en plus. Anaïs est sortie en premier et Canelle environ 3 mn après. Pour nous différencier, c'était difficile pendant notre enfance. Et aujourd'hui, nous aimons bien jouer sur cette indécision lorsque les gens nous posent la question. Nous les laissons deviner car c'est aussi un jeu marrant pour nous. Alors regardez nous et dites-nous qui est qui. 

Le public aimerait connaître votre parcours dans le monde de la musique. Pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la musique ?   

Tout a vraiment commencé lorsque nous avons remporté le prix des jeunes talents de l'hôtel de ville de Paris au temps du maire Delanoë. Nous avons eu des prix entres autres un concert pour aller voir les Destin'ys Child et un enregistrement en studio d'où est sorti le titre "Nos amis nos ennemis"  Par la suite, nous avons été enfants du spectacle et nous avons été choisi pour tourner dans le clip de TINA TURNER "What ever you want".  Nous avions 8 ans. Et c'est le déclic. Puis nous avons fait des concerts pour la famille, les mariages, les anniversaires etc. C'est au Cameroun que nous avons été remarquées par Mme Foning lors d'une présentation à Makepe...Puis par Jean Yves Mbome qui nous a introduites dans un concert des brasseries du Cameroun. C'est là que nous avons commencé à prester régulièrement.   

On sait que vous êtes aussi des brillantes étudiantes, avez-vous abandonné vos études pour faire carrière ?  

Du tout. Canelle a un BTS MUC (Produits de luxe) et prépare une licence en Digital. Anaïs, après deux années en faculté de langues pour approfondir l'anglais, prépare un BTS Esthétique et bien-être.   

Pouvez-vous nous parler de votre style de musique et les influences qui ont bousculé vos instincts musicaux ?  

Notre musique c'est de la World music. C'est un style qui parle à tout le monde. Notre choix a été motivé par un mélange éclectique de Withney Houston, Destiny Child, Alicia Keys...en passant par les sons que nos parents écoutaient durant notre enfance : Eboa Lotin, Henri Njoh, Dina Bell...  

Quels sont les chanteurs ou chanteuses camerounais qui vous ont servi de modèle ?  

Nous apprécions beaucoup la musique camerounaise et nous écoutons régulièrement Mama Nguea, de regrettée mémoire et Grâce Decca  

votre chanson Na tondi oa et Amina ont fait le tour du monde. Chansons qui s’accompagnent d’ailleurs des excellents clips très créatifs qu’on trouve sur YouTube. Il n’en fallait pas plus pour susciter une grosse attente autour de vous ; pourquoi au lieu de continuer leur promotion, il y a directement un autre tube ?    

Le son OA est sorti depuis près de 2 ans. Et on ne peut pas être en promotion tout le temps surtout que c'est payant. Nous avons aussi nos études à assurer. Une ou deux fois que vous avez payé une promotion dans un média, vous êtes supposé être dans leur playlist. C'est aussi à ces médias de continuer à jouer le son...au lieu de continuer à payer. Après, il faut aussi que cette promotion ait un impact c'est à dire qu'elle génère des concerts etc. Sinon à quoi ça sert ? Si nous avons sorti un autre tube, c'est aussi pour avoir de la matière pour les concerts qui vont suivre.    

Comme je le disais plus haut vous venez de sortir un nouvel album en 2021 intitulé ONE DAY pouvez-vous nous parler de ce nouveau tube ?  

C'est un maxi single de 4 titres. Il a été enregistré à Buéa sous la direction de monsieur Emile Ngumbah Molindo. C'était important de faire ces sons en langue anglaise car nous avons beaucoup de fans dans le NOSO. Peut-être parce que nous sommes parfaitement bilingues ; le fait de parler aussi l'anglais lors des interviews nous rend accessibles à tous les camerounais sans distinction.  "One day" a été écrit pendant le premier confinement. Nous étions au Cameroun.

Nous discutions beaucoup avec notre MumNager Jeanne Louise Djanga sur l'orientation à donner à notre carrière musicale. Devions nous chanter uniquement pour le public camerounais ou élargir notre champ de vision ? Nous pensions aussi avec un peu d'amertume il est vrai, au temps de nos concerts au Castel Hall pour les "Perles de Fravy'ys" avec Mr Nana Djomou Francis, le PDG des laboratoires BIOPHARMA entres autres qui était notre sponsor, "L'open de Golf des Brasseries du Cameroun avec Mr Guillaume Sarra...Bref, le bon vieux temps. Et puis notre MumNager a suggéré de chanter ce que nous ressentions après toutes ces expériences passées.

Elle a commencé à composer le titre «ONE DAY" en jouant de la musique avec des claquements de mains, de langue... Au début, nous ne l'avons pas prise au sérieux et petit à petit, le son se précisait : "One Day" est le titre de l'album mais aussi celui d'un son qu'elle a composé et que Emile Ngumbah a arrangé. Ce dernier nous a aussi proposé "Burning". Puis il y a eu les sons "Love Pass Motor" et We'll never stop" que nous lui avons proposé. Nous avons adoré travaillé avec le système et la mentalité anglophones. Il y avait beaucoup de sérieux et de réalisme et l'acoustique est parfait.  

Comment le public l’a-t-il accueilli jusqu'à ce jour ?  

Plutôt bien. Nous le mesurons sur le nombre de vues sur YouTube et les téléchargements sur les plateformes officielles. Maintenant, nous devons le présenter en concert. La balle est dans notre camp.  

Quel regard portez-vous sur la musique camerounaise ?  

Elle fait partie de notre histoire. Mais elle prend parfois une direction qui a tendance à nous échapper surtout au niveau des paroles. Il y a parfois des paroles, des mots que n'aimerions pas entendre nos enfants scander. Nous sommes avant tout des éducateurs au-delà de l'aspect festif et nous aimerions entendre nos sons chantés dans les écoles parce que les paroles sont porteuses d'un message d'espoir et d'amour... Pour la musique traditionnelle, nous nous intéressons beaucoup au "Ngosso" qui nous permet de garder nos racines ancestrales en éveil.    

Parlant de la musique camerounaise, est-elle toujours importante qu’autrefois ? Pensez-vous que le public camerounais écoute vraiment les chansons de ses artistes en l’occurrence le jazz ?  

Nous avons l'impression que la musique camerounaise vit en autarcie et qu'elle ne s'exporte pas aussi bien que les autres à l'instar de Fally Ipupa, Koffi Olomide ou Youssou Ndour...  Dans les taxis au Cameroun, on écoute beaucoup de la musique congolaise. Celles de Richard Bona et de Charles Lembé s'écoutent par les mélomanes dans leurs voitures personnelles en plus du jazz, du gospel...S’agissant du jazz, est-ce une musique que les artistes camerounais chantent ?   

A quel moment de la vie artistique vous reconnaissez que ce métier est difficile ?   

Lorsque vous payez pour la promotion de votre son à la radio et que vous entendez des musiques de Shakira ou de Johnny Hallyday. Vous vous demandez à quel moment ils ont payé la promo ?  En fait, ce métier est rendu difficile par les médias camerounais qui ne jouent pas assez notre musique sauf lorsque nous sommes en promotion.

Il y a aussi les promoteurs qui ne vous donnent pas une visibilité puisque lors des festivals, ou de concerts publics, on pense d'abord à des musiques "festoyantes" pour faire danser le public. Et pourtant, il y a aussi des musiques d'écoutes, de réflexion...  Bref, on ne peut pas être en promo ad vitam aeternam. De plus, il y a la question des droits d'auteurs qui reste entière. Nous n’avons jamais rien touché.  

Tout dernièrement le concert de Faly IPUPA a fait grand bruit sur le prix très élevé de son accès. Quel est votre avis là-dessus ?    

Chacun se vend au coût qu'il considère être le sien et ceux qui peuvent payer y vont. C'est comme au marché. Chacun vend sa marchandise en fonction de sa valeur. Une tomate du jardin n'a pas le même prix qu'une tomate cultivée avec des engrais. C'est une question de santé physique et mentale. Pareil pour la musique. On ne peut pas à longueur de journée entendre des grossièretés et du boucan sans avoir mal à la tête. Alors ceux qui veulent écouter une musique qui élève voire qui soigne mettent le prix s'ils en sont capables.

La musique est aussi un art médical à plusieurs niveaux de spiritualité. Pour se soigner, on peut s'abonner à la pharmacie et avaler des produits chimiques à longueur de journée ou faire attention à son alimentation ou aller en cure de thalassothérapie ou de balnéothérapie. C'est chacun qui voit midi à sa porte en fonction de la valeur qu'il accorde à sa personne.  

Vous avez déjà une expérience internationale dans le domaine musical. Pouvez-vous nous dire ce qui fait la nuance entre les artistes ivoiriens, nigérians, congolais et camerounais ? Pourquoi les artistes congolais et ivoiriens ont une plus grande assise sur le plan international que les camerounais ?  

Ils ont une grande assise parce qu'ils s'aiment d'abord et sont par la suite portés par leur public. Lors d'un concert de Koffi Olomide en France, ce sont ses compatriotes qui ont rempli la salle après il y a eu les autres. Il y aussi une mise en scène artistique lors des concerts. Visuellement c'est beau, il y a de la musique mais aussi de la danse, des chorégraphies bien menées...ce sont des musiques qui ont su s'adapter à la mouvance actuelle.  

Dans ces moments de balbutiements de nos sociétés avec la pandémie du cov19, quel peut-être le rôle des chanteuses dans la société ?  

 Voici des thèmes à développer : La souffrance, les réalités sanitaires du pays etc. Les chanteuses peuvent mobiliser les masses, éduquer, sensibiliser...Durant le confinement, c'est ce que nous avons fait à travers les vidéos, des directs.   

1-     Jacques Brel disait que « la chanson c’est un métier de femelle ou d’enfant, on se sent suivi par une masse de gens du même âge que vous et brusquement, vous avez 40 ans et plus personne n’est là ; il vaut mieux abandonner. » Auriez-vous un jour une telle perception de la musique ?   Si un jour vous avez 40 ans, ceux qui vous suivaient ont aussi vieilli.  Non, cette vision est un peu pessimiste. Regardez les Beatles, même les jeunes qui ne les ont pas connus les adorent. Il y a des chanteurs comme Jean Jacques Goldman, Alain Souchon, Serge Gainsbourg, Mylene Farmer, Pierre Tchana, Eboa Lotin, Din Abel, Grâce Decca qui malgré le temps qui passent sont toujours appréciés et là il n'y a pas une majorité de "femelle" ni d'enfants    

2-   Vous faites du jazz, y-a-t-il une dimension mystérieuse dans cet art ?   On ne peut pas dire exactement que nous fassions du jazz. C'est de la world music avec une prédominance de sonorités africaines  

3-    On vous voit beaucoup sur les réseaux sociaux ce dernier temps, qu’apportent les réseaux sociaux dans votre vie d’artiste ?  Nous sommes dans l'ère de l'immédiateté. Les réseaux sociaux sont incontournables pour notre promotion surtout en temps réel, nos fans peuvent nous suivre et nous poser des questions.  

4-   Avez-vous un mot de fin ?   Oui. Un message personnalisé :  "ONE DAY, Un jour, tu réaliseras tes rêves. Tu seras ta star parce que tu seras forte. Il suffit d'y croire. Mais ce sera grâce à ta ténacité et à ta persévérance. Ne te fie pas à tous ceux qui t'entourent, et qui flattent ton égo car ils te lâcheront dès que tu ne leur seras plus utile. Il faut juste croire en son travail et à sa bonne étoile. On ne cache pas la lumière du soleil.   Nous allons également commencer une série de concerts au Cameroun en 2022. Nous espérons que nos fans répondront présents. En attendant, ils peuvent nous suivre via les réseaux sociaux   

Merci d’avoir bien voulu répondre à nos questions

Merci à vous de nous avoir invitées. 

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