Logone et Chari: Des affrontements entre Kotoko et Arabes Choa font deux morts
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Dans l’arrondissement de Makari, la tension est à nouveau vive entre les deux communautés opposées sur un vieux conflit foncier majeur dans l’Extrême-Nord.

Nouvelle éruption de violence dans le volcan actif des conflits intercommunautaires dans le Logone et Chari (Extrême-Nord). Hier mardi, un conflit foncier a dégénéré en affrontement intercommunautaire après qu’un ressortissant de la communauté Arabe Choa a poignardé mortellement le sultan des Kotoko de Ngame, dans l’arrondissement de Makari. Il reprochait au monarque d’avoir injustement tranché un litige foncier en faveur d’un de ses sujets. Pour venger leur chef, les populations du village Ngame auraient, selon les premières informations, organisé une expédition punitive dans le village voisin de Aboudangala, peuplé de Kotoko. 

Selon le sous-préfet de Makari, Doukina Ketemou, un deuxième décès a été enregistré dans les violences qui s’en sont suivies, décès dont le camp n’avait toujours pas été clairement déterminé au moment où nous mettions sous presse. 

Le bilan de la journée fait également état de deux blessés et plusieurs maisons incendiées. Sur les antennes du poste national de la Crtv, le préfet du Logone et Chari, Jean Lazare Ndongo Ndongo, a fait part de sa vive inquiétude et appelé au renforcement des effectifs des forces du maintien de l’ordre sur le terrain.

Un appel à prendre très au sérieux par le gouvernement, qui n’a pas intérêt à ce que ce conflit (re)naissant fasse les effets des affrontements inédits de 1992 entre les mêmes communautés et pour les mêmes causes. Plusieurs dizaines de morts avaient été enregistrés dans les deux camps, et d’importants dégâts matériels déplorés.

En effet, les Kotoko et les Arabes Choa ont toujours été divisés sur la répartition qui avait été faite des près de 500 hectares de terres reprises entre les mains du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) après le départ des réfugiés tchadiens au début de la décennie 1990, après la guerre civile qui éclate au Tchad à la fin de la décennie 1970. Cette parcelle mise à disposition de l’organisme onusien pour y accueillir le flot de personnes qui fuyaient cette guerre, d’une superficie d’environ 500 hectares, avait été répartie entre les différentes communautés riveraines : Kotoko, Arabes Choa, Mousgoum, etc. Les derniers affrontements autour de ces espaces avaient mis aux prises, en 2015, les Kotoko et les Mousgoum.

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