Groupement Bagam: Vers un bicéphalisme à la tête de la chefferie ?
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Enquête à la chefferie de 2nd degré du groupement Bagam qui traverse depuis quelques semaines, une période de turbulence. A l’origine, la succession tumultueuse de Sa Majesté Jean Marie Simo Nzossie Tenkeu

Le Fo’o Sa majesté Fong Tendop Dieudonné Simo tient les rênes du pouvoir traditionnel de la chefferie de 2nd degré du groupement Bagam dans l’arrondissement de Galim, département des Bamboutos, Cameroun, après la mort de son papa Feu Sa majesté Jean Marie Simo Nzossie Tenkeu décédé le 23 mai 2020.

Contre toute attente, en date du 15 mai 2021, des princes, reines et notables en mal de positionnement et dont les intérêts sont com- promis dans les cercles du pouvoir, après l’avoir voué aux gémonies et rudoyé, pro- clament son illégitimité. Dans la foulée, ils procèdent à l’arrestation d’un prince et nouveau chef qui est introduit au La’akam où il s’initie aux rites de la gestion du pou- voir traditionnel. La chefferie de 2nd degré du groupe- ment Bagam traverse une période de turbulence. Le Fo’o, Sa majesté Fong Tendop Dieudonné Simo, prend le bâton de com- mandement après son arrestation en date du 1er août 2020 à l’occasion des obsèques officielles de son papa, Feu Sa majesté Jean Marie Simo Nzossie Tenkeu décédé le 23 mai 2020, suivi de son initiation au La’akam pour la gestion du pouvoir traditionnel. 

En effet, dans l’administration du devoir de sa charge, selon de sources bien informées, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. En date du 15 mai 2021, des princes, reines et notables en mal de positionne- ment et dont les intérêts sont compromis dans les cercles du pouvoir, ont voué le roi gémonies. 

Dans les rangs des notabilités qui partagent leurs emportements, selon le prince et notable Josué Prowa Tsuehgap, il est reproché à Sa majesté Fong Tendop Dieudonné Simo, « d’être adoubé par un testament apocryphe dont ne relevant pas des dernières volontés de son papa ; d’être entré au La’akam sans la compagnie d’une femme ; de poser des fétiches dans les champs de certaines reines par l’entremise de certains notables acquis à sa cause et de cadenasser les portes de ces impératrices ; de casser des calebasses de purification dans des carrefours, toute chose qui est contraire au rituel traditionnel ; de décoiffer de façon incivile un notable grincheux. » 

Le notable, Ndemounang, enfonce : « le chef est un autocrate, il ne collabore avec personne, nous ne voulons pas le testament. Il n’a rien fait pour le groupement et nous voulons un chef avec qui nous allons construire le village. »

Malédiction

En date du 23 mai 2021, à la faveur d’une messe d’action de grâce célébrée à la chefferie sous les meilleurs auspices du Fo’o de céans en l’honneur de la mémoire de son papa disparu, ces princes et notables amers, débarquent sur les lieux et donnent l’estocade. Ils se saisissent de lui et le rudoie. C’est ainsi qu’il est tiraillé, indécemment, dans diverses directions. Lorsqu’il parvient à se tirer de la furie de ses bourreaux, il se sauve. 

Le préfet du département des Bamboutos, Franklin Etapa, mis au parfum de ce climat délétère, fait une descente à la chefferie et met sur pied une commission de dia- logue et réconciliation. Dans l’intervalle, contre toute attente, les insurgés, confortés par certaines élites, procèdent à l’arrestation d’un autre prince et chef du groupement, Mouoyebe Zossié Mathurin, ingénieur de poste et télécommunication puis, l’introduisent au La’kam où, présen- tement, il est initié à la gestion du pouvoir traditionnel. Signalons que dans les grades des notables, « l’agression espiègle » du Fo’o du groupement Bagam par des « gladiateurs impénitents, » aura des conséquences néfastes. 

Le sous-chef et notable membre du cercle des 9, Nzossié Dzaghab, Fon Mbefouh, se formalise : « Ce que les princes manipulés ont fait, est une malédiction pour le village. C’est très dangereux. Pourquoi ont-ils livré le chef à la vindicte populaire ? Si leurs griefs étaient fondés, ils pouvaient introduire une requête auprès des notables membres du cercle des 9 pour exprimer leur courroux. Ils ne l’ont pas fait. Hélas ! » Et d’ajouter : « L’arrestation et l’initiation du chef Fon Tendop ont été faites selon les règles de l’art, c’est-à-dire conformément à la tradition ; rien n’a été escamoté dans les rites. Je dois également dire que j’étais dans la commission de consultation du testament de son défunt géniteur, le seul nom prononcé et vu était celui de Tendop qui, par la suite a été confirmé dans les lieux sacrés. » 

Réunion de crise 

Il faut relever que ce climat d’instabilité qui règne à la chefferie de 2nd degré du groupement Bagam préoccupe le N°1 du département des Bamboutos au point où « dans la perspective de la recherche d’une solution définitive, » il présidera en date du 19 juin 2021, dans la salle des fêtes de la commune de Mbouda, une réunion de crise qui mobilisera des personnalités, entre autre : les parlementaires Bamboutos ; les 16 chefs de groupements des Bamboutos ; les chefs du troisième degré, les notables, 5 représentants des princes et princesses; les chefs de communautés et élites du groupement Bagam ; le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, fils du département ou son représentant. 

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