ACTIVISME POLITIQUE : On récupère même les artistes célèbres !
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Les artistes ont le droit de dire ce qu’ils veulent, même n’importe quoi comme n'importe qui. Mais, que la moindre de leurs déclarations à caractère politique fasse toujours un immense buzz reste un (faux) mystère.

Charlotte Dipanda dit-elle, vraiment en passant et sans aucun engagement militant, son “désir d’alternance” au sommet de l’État ? Voilà que la toile s’enflamme, comme si cette excellente chanteuse, qui s’est d’ailleurs défendue d’avoir voulu créer quelque polémique que ce soit, avait émis une idée de génie inimaginable jusque-là ! Jean-Pierre Bekolo, le “cinéaste activiste “, prétend-il dans ses nombreux posts, par exemple que “ le gouvernement mène une guerre contre les anglophones”, ou que Maurice Kamto serait un admirable homme politique ? Hourra chez les opposants de tous bords : un grand “people” aurait apporté de l’eau précieuse à leur moulin grinçant ! Richard Bona se répand-il sur Rfi (rappelez-vous : Radio-France-Intox !) pour vomir toute sa haine du président de la République ? Voilà que les ennemis du “régime”- ne jamais dire “ gouvernement ”-exultent, et qu’une foultitude de journaux en font des choux gras !

Pourtant, on est obligé de se poser ici des questions légitimes. Par exemple : en quoi les avis de ces prétendues célébrités sur la situation politique de notre pays sont-ils pertinents, ou même de quelque intérêt ou importance ? Et quel est le véritable agenda des médias qui les mettent ainsi, incidemment, sous les projecteurs en dehors de leur art ?

Prenons le cas de ce fameux Bona Richard, à qui la radio française pompeusement dite “mondiale” donne régulièrement la parole pour s’exprimer sur le Cameroun. D’abord, Bona serait un grand musicien. C’est possible. Des goûts et des couleurs musicales, rien à dire. Mais même si comme le veulent certains de ses rares aficionados on est obligé de se plier à l’injonction de le mettre sur le piédestal artistique le plus grandiose, la question de fond demeure : qui a jamais dit que la parole d’un guitariste anciennement camerounais, n’ayant plus mis les pieds dans son pays d’origine depuis des lustres, est à considérer, sérieusement, comme crédible ou même digne d’une quelconque attention quand il parle de notre pays ?

Rfi peut bien entendu prétendre que ce monsieur est un “leader d’opinion”. Probablement du genre que la France, à travers le ridicule et maladroit communiqué sur “l’effet pangolin “ pondu en son temps par le Quai d’Orsay, a adoubé comme les nouveaux interlocuteurs à cibler quand le coronavirus aura ravagé nos pays et déstabilisé les gouvernements africains actuels, suivant ses prédictions et ses vœux. Mais en quoi ce Bona est-il un de ces phares de la pensée africaine ? Sauf à estimer que, concernant le Cameroun, n’importe quel imprécateur supposé célèbre s’égosillant au micro d’une radio étrangère se transmute ipso facto en référence de l’analyse politique, ou en parangon de la probité intellectuelle. Cela s’appelle ratisser large, ou faire feu de tout bois ! Ce raccourci est d'ailleurs malhonnête et contreproductif, pour l’objectif camouflé de cette radio et de ceux qui l’ont infiltrée : provoquer le chaos et l’anomie chez nous par une désinformation incessante.

Malhonnête parce qu’il y a manifestement erreur de casting : ce Bona n’est pas pour nous ce qu’ils croient qu’il est. Il s’agit d’un bateleur de plus, comme il s’en trouve tant qui infeste les médias et les réseaux dits sociaux ces temps-ci pour se faire valoir, pour vivre ou même simplement survivre, à l’exemple notable de certains politiciens. Contre-productif, parce que les Camerounais ne sont pas les benêts qu’ils continuent de croire, par coutume ou simple condescendance raciste. Ils savent de plus en plus faire la part des choses entre désinformation et information. Pour RFI, c’est par conséquent une très mauvaise pioche de tirer tout le temps sur la grosse ficelle du “célèbre artiste”, ou journaliste activiste, défenseur des droits humains, lanceur d’alerte, “principal opposant”, intellectuel militant etc., qui sauraient plus que d’autres de quoi ils parlent quand ils déversent sur leurs ondes un tombereau de mensonges outranciers sur le Cameroun.

D’un autre côté, pour la gouverne de Monsieur Bona, que ne prend- il pas exemple sur un autre artiste, le très grand Manu Dibango ? Toujours et partout authentiquement Camerounais, patriote indéracinable, il s’est de toute sa riche vie de musicien mondialement connu à meilleur titre, donné pour mission d’être un digne ambassadeur de son pays, au point que, même après sa récente disparition, à l’étranger certains s’obstinent encore à penser à son Cameroun natal comme le « Pays de Manu ». Ceci est un hommage auquel un personnage comme le bassiste néo-américain ne pourra jamais prétendre, voilà qui est sûr. Question d’envergure individuelle et surtout de ce qui va avec : l’élégance verbale et l’humilité. En faisant constamment recours à lui pour pourfendre le pouvoir de Yaoundé, RFI se couvre de ridicule. Mais c’est devenu une habitude. 

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