Crise anglophone : Jusqu’où peut aller Emmanuel Nsahlai ?
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L’avocat vient de faire inculper trois Ambazoniens pour terrorisme par la justice américaine.

Un tribunal de l’État du Maryland (Etats-Unis d’Amérique) a inculpé, le 1er juin dernier, trois ressortissants camerounais pour trafic d’armes en direction du Nigeria. Il s’agit, dans le détail, des nommés Alambi Walters Muma, Edith Ngang et Tamufoh Nchumuluh Michael, contre qui l’avocat camerounais Emmanuel Kongnyuy Nsahlai avait déposé des rapports accablants sur le double rôle de donneurs d’ordres et de financiers des sécessionnistes, qu’ils jouent dans le conflit armé qui a déjà fait des milliers de morts dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Selon nos informations, les prévenus faisaient transiter les armes de manière informelle par le Nigeria avant de les introduire au Cameroun par des voies détournées. À travers son cabinet basé Law Firm aux Etats-Unis, le même avocat est également connu comme celui ayant déposé en Californie une plainte en 2019 contre le célèbre leader séparatiste Tapang Ivo Tanku, pour terrorisme international. Il a par ailleurs saisi à maintes reprises le top management de Facebook et obtenu de lui la fermeture d’une trentaine de comptes à travers lesquels des soutiens de la sécession anglophone basés aux Etats-Unis, au Royaume uni de Grande-Bretagne, en Norvège, entre autres pays, diffusaient la propagande séparatiste et appelaient à la violence.

De sources bien informées, Me Emmanuel Nsahlai agit pour le compte d’une association d’un millier de victimes de la crise anglophone basées au pays de l’Oncle Sam. Celles-ci auraient depuis au moins deux ans fourni aux autorités américaines et aux parlementaires de ce pays des informations factuelles et détaillées sur comment leurs familles et elles-mêmes ont été affectées par le terrorisme qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis bientôt cinq ans. Cependant, l’inculpation de ces trois soutiens des assassinats massifs dans la partie anglophone, qui est une première – et qui en annonce d’autres ? –, pourrait avoir un lien avec les actions souterraines du président de la République à travers le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Me Nsahlai, qui n’est autre que le fils de l’ancien ministre des Transports Christopher Nsahlai, a manifestement les atouts pour être la coqueluche de Yaoundé dans l’offensive contre les Ambazoniens qui, dit-on, ont jusque-là eu une certaine longueur d’avance en termes de diffusion de l’information dans les milieux démocrates aux Etats-Unis ? En tout cas, le fait que cet avocat ait fait partie de la délégation de la diaspora camerounaise aux Etats-Unis présente lors des travaux du grand dialogue national (Gdn) organisé par Paul Biya, du 30 septembre au 04 octobre 2019, à Yaoundé, est un indice. Le contact serait depuis lors resté permanent entre lui et les autorités camerounaises, à en juger par son engagement dans la traque de tous ceux qui, depuis des puissances étrangères, pourraient s’être rendus coupables de crimes de sang au Cameroun.

Diplomatie de couloirs

Alors que le pays est en ce moment sur la sellette à la Commission des droits de l’homme de l’Organisation des nations unies (ONU) à Genève (Suisse) au sujet des accusations de violation des droits de l’homme par l’armée dans la zone anglophone, à la suite des rapports adressés récemment à cette institution par des ONG camerounaises, un analyste proche du pouvoir pour qui ces organisations « ont fait de la crise anglophone un fonds de commerce », pense que, outre la ligne tracée par Paul Biya, « à savoir la constance sans faiblesse dans la recherche de solutions pacifiques à la crise anglophone », les organisations de la société civile et les parlementaires devraient davantage être mis à contribution pour défendre l’image du Cameroun. Il devrait surtout être question d’intensifier le lobbying auprès des autorités américaines, qui ont récemment fait part de leur intention de restreindre les visas d’entrée aux Etats-Unis pour les personnes qui, d’après elles, bloquent la résolution du conflit armé dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Il se dit que sous l’impulsion de Paul Biya, Dion Ngute suit les différentes évolutions de cette crise, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. L’inculpation de Alambi Walters Muma, Edith Ngang et Tamufoh Nchumuluh Michael, tombe pour Yaoundé comme une victoire qui contredit les multiples procès en faiblesse faits au pouvoir dans la diplomatie de couloirs. Très peu connu au sein de l’opinion avant sa nomination au poste de Premier ministre, l’ancien ministre chargé de mission à la présidence de la République, qui avait été mandaté par le chef de l’État pour aller porter le message de paix dans les régions anglophones juste avant le GDN, révèle au bout du compte, « une personnalité dont l’art de gouverner résulte d’un compromis entre la connaissance des réalités et la part de cette connaissance que son patron et les citoyens peuvent accepter afin de tirer les conclusions pratiques. Homme politique peu clivant, il bénéficie aujourd’hui d’une image positive au sein de l’opinion et mieux encore d’une réelle crédibilité », analyse un politiste. Qui poursuit en indiquant que, « les procédures de la justice américaine étant longues, Paul Biya et son gouvernement devront continuer à faire preuve de leur bonne foi dans la recherche de solutions pacifiques au conflit pour mettre en minorité les sécessionnistes ».

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