Plaintes contre le président des Comores à Paris
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Plaintes contre le président des Comores à Paris :: COMOROS

Alors que le Colonel Azali Assoumani, séjourne dans l’hexagone depuis dimanche, 16 mai, plusieurs actions judiciaires intentées contre le président des Comores, auprès du tribunal judiciaire de la capitale, hier mardi, 18 mai.

Comme un présage, Said Ali, Conseiller du président des Comores, Azali Assoumani, a été enfariné dimanche alors que l’avion transportant le colonel président et toute sa délégation venait d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport de Roissy Charles de Gaule. Ni le président, ni aucun membre de sa délégation ne pouvaient s’imaginer qu’une inconnue, bien plus embêtante que la farine reçue en plein visage par le Conseiller, allait s’inviter pour ternir soin séjour en France. Des actions judiciaires intentées près de M. le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris contre M. Azali Assoumani, président des Comores, pour « Enlèvement, Séquestration, Torture, Humiliation et Assassinat » sous le numéro de parquet 21138000439 par Mme AHMED ABDOU Bineta, née le 18 Juin 1978 a Pomoni Anjouan (Comores) de nationalité comorienne, en exil à l’île de Mayotte, et par SAYFOUDDINE CHADHOULI, né le 12 septembre 1982, à Domoni, à Anjouan, de nationalité comorienne, et en exil à Mayotte, qui poursuit par ailleurs le colonel Tackfine Ahmed Abdou, de nationalité française, pour « Enlèvement, Séquestration, Torture, Humiliation, Violences en réunion et tentative d’Assassinat ». Les victimes sont représentées par leurs Conseils, Maîtres Didier JAUBERT, avocat au barreau de Paris, 10 Avenue de l’Opéra à Paris et Saïd LARIFOU, avocat au barreau de Moroni. Des faits concernés, selon les deux avocats, par l’Article 1 de la Convention de New York du 10 décembre 1984 et article 689 – 2 du CPP.

Contexte sociopolitique

Pour comprendre la gravité des faits reprochés au président Azali et au colonel Tackfine, il faut revenir sur le climat sociopolitique qui rythme la vie quotidienne à Moroni et dans l’île d’Anjouan, depuis le retour au pouvoir du colonel président. « L'histoire politique mouvementé des Comores est marqué par une instabilité provoquée par des coups d'Etat dont celui réalisé en 1999 par l'actuel chef de l'Etat, Azali Assoumani. Ces dernières années, depuis le retour du colonel Azali Assoumani au pouvoir, la situation politique et sociale aux Comores est marquée par une aggravation des atteintes aux droits de l'homme et des pratiques peu compatibles avec un État de droit », explique Me Larifou.

L’homme de droit par ailleurs président de l’ONG Waraba Afrique, qui promeut l’alternance par les urnes et la résolution des crises par le dialogue, en Afrique, pense que la paix civile qui régnait depuis une dizaine d’années dans les Comores a volé en éclat. « Suite à une tentative de sécession de l'île d'Anjouan, un accord avait été obtenu en 2001. Il a permis une réconciliation nationale et le rétablissement de l'autorité de l'Etat comorien sur l'ensemble du territoire national. Cet accord prévoit une présidence tournante entre les Iles de l'archipel des Comores et une large autonomie de celles-ci dans la gestion de leurs affaires. Cet accord a permis aux Comores de mettre fin aux coups d'État et d’assurer à notre pays une stabilité institutionnelle et politique », souligne-t-il encore avant d’ajouter. « Cependant, le colonel AZALI Assoumanni, revenu au pouvoir en 2016, a détourné une dynamique de la société civile qui visait à dresser le bilan de l'indépendance des Comores pour remettre en cause cet accord de 2001 et faire des réformes constitutionnelles en juillet 2018 pour lui permettre de prolonger son mandat ». Résultat de cette réalité : « Depuis le 24 mars 2019, la situation politique aux Comores s'est aggravée par une crise post-électorale provoquée par un coup d'Etat électoral commandité par le Colonel Azali Assoumani. Les élections présidentielles de l’union des Comores et des gouverneurs anticipées, du 24 mars et 21 avril 2019, ont été dénoncées par les observateurs nationaux et internationaux et ceux de l’union africaine. Depuis cette date, des séries d’intimidations, d'arrestations, d’emprisonnements et d'assassinats des opposants, commis impunément par des militaires, rythment la vie politique des Comores », constate amèrement Me Saïd Larifou, qui attend que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles.

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