Les pratiques de Mgr WATIO mises à nu
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Nous ne pouvons plus continuer à nous taire au risque d’être complice de ce qui se déroule dans l’Eglise catholique dans le diocèse de Bafoussam, au risque de compromettre les multiples œuvres catholiques- éducatives- médicales- sociales et intellectuelles saluées par les populations et les autorités. L’Eglise catholique ne plus continuer à cultiver la discrétion sur les sujets sensibles. Au fond, les chrétiens ne peuvent plus permettre que l’on mette sous le boisseau les affaires liées aux pratiques de sorcellerie, de mal gouvernance et des mœurs de son clergé. Si rien n’est fait, il est à craindre  comme l’a pertinemment relevé le prêtre jésuite Ludovic LADO  que : «  les contre-témoignages de certains mettront un voile dommageable  sur tous les services  que l’Eglise  rend à l’humanité souffrante en Afrique ». Tout est accablant et renversant. L’Eglise ici est entre les mains d’une coterie de carriéristes sans foi ni loi. L’ancien évêque s’est laissé volontairement entourer d’un clan qui s’accorde tous les privilèges. Des « prêtres MOO’LA » s'accrochent aux leviers du pouvoir avec la plus grande insolence. 

Le Rôle des «MOO’LA» du pays organisateur

Le  très controversé Mgr Dieudonné WATIO a fini par prendre sa retraite facilitée par la limite d’âge. Comme son ami Mgr BAKOT Simon TONYE, il part heureux d’avoir réussi à piller les ressources financières du Diocèse de Bafoussam et à tribaliser le clergé en faisant émerger les « MOO’LA », frères du pays organisateur du Bamboutos. Le renvoi  systématique du séminaire de la majorité des séminaristes non originaires du Bamboutos a rendu en quelques 8 ans, majoritaires les séminaristes du pays organisateur.  Du coup,  les prêtres originaires du Bamboutos sont devenus majoritaires dans le Clergé. Cette politique de « Bamboutolisation » du clergé avait été commencée depuis quelques années par le sinistre Mr l’abbé NDOUYIM Michel alors chargé des vocations dans le diocèse de Bafoussam. Il disait aux séminaristes : « qui m’évite, la vocation le fuit ». En français facile : si tu n’es pas originaire du Bamboutos, la vocation te fuit. Il avait commencé ainsi à mettre sur pied sa politique de purge des séminaristes non originaires de MBOUDA du séminaire. Ainsi tous les jeunes originaires des autres départements du diocèse étaient systématiquement renvoyés et cette purge a eu pour effet, en quelques années, d’accroître le nombre des prêtres «MOO’LA», les frères du pays. Mgr WATIO Dieudonné qui, au début, donnait l’impression de critiquer cette politique de tribalisation du clergé a fini par y prendre goût et est allé plus loin dans sa mise en place.

Avec son arrivée à Bafoussam en 2011, un autre critère a été adopté, à savoir, être initié aux pratiques ésotériques. Au grand séminaire de NKOUEKONG, à Bafoussam, régulièrement, le recteur P. Dominique NDEH discernait certains séminaristes à initier aux pratiques ésotériques et leur faisait rejoindre en vacances et en congés le grand groupe des prêtres initiés. Si le séminariste sélectionné résistait et refusait de se laisser initier, il était désormais persona non grata et accusé de toutes sortes de choses ou de péchés qu’il n’avait pas commis et à la fin de l’année académique, le recteur le renvoyait à son évêque avec comme recommandation de le mettre en stage. Et pendant l’année de stage le recteur initiait une lettre anonyme à l’attention de l’évêque dans laquelle le jeune séminariste était accusé de tous les maux et à son tour l’évêque sans ménagement renvoyait le séminariste. Beaucoup de séminaristes ont été victimes de cette pratique de plusieurs diocèses de la Province Ecclésiastique de Douala. Aussi parmi les anciens séminaristes renvoyés de KOUEKONG un bon nombre était victime de leur refus de se laisser initier.

Au niveau des charges dans le diocèse de Bafoussam, tout est clairement affiché. Les seuls prêtres aptes à assurer les charges n’étaient que les  «MOO’LA». Il en est ainsi du vicaire général, de l’économe du diocèse; d’un bon nombre de curés doyens sont en majorité issus du même clan que lui. Aussi même s’il y avait un conseil des consulteurs dans le diocèse, le groupe  constitué des MOO’LA : NDOUYIM Michel, TIMENE Jean Baptiste, MELI Victor, Clovis DOUANLA, MELI Honore, WATIO René, FOLLON Maurice, Emmanuel MANFOUO NGOUO Matthias etc. est plus écouté s’il ne décide pas. Ce groupe avait profité du départ de Mgr ATANGA de Bafoussam, pour faire tout y compris des pratiques occultes pour que Mgr Dieudonné WATIO soit transféré à Bafoussam. Ils ont juré de tout faire pour que l’administrateur diocésain un MOO’LA de MBOUDA devienne le prochain évêque de Bafoussam (cf. les pratiques de sorcellerie). Que l’on nous comprenne bien. Le problème n’est pas que ce soit un X ou Y qui devienne évêque de Bafoussam. Le peuple de Dieu a besoin d’un pasteur, peu importe son origine, qui soit un homme de foi, un bon berger ayant un cœur de miséricorde. Il n’a pas besoin d’un évêque comme l’ancien qui organisait et tenait des rencontres dans sa maison privée à Balatchi deux fois par mois avec son clan.

En dépit du départ à la retraite de l’ancien évêque continuent de se tenir au même endroit. Une foire où se croisent " protecteurs " et " protégés ", c’est l’endroit où se prennent toutes les grandes décisions du diocèse. Non seulement les affectations des prêtres sont validées, mais en plus d’importantes décisions comme celles de créer la Micro-finance (NOFIA-CREDIT appartenant à Mgr WATIO avec les MOO’LA. Un banquier bien connu de Bafoussam a pu déclarer : « chaque année, plus de 800.000 000 de francs CFA de l’argent du diocèse transite par ce Micro Crédit ». Toujours à l’actif des MOO’LA, toutes les décisions prises au conseil des consulteurs, étaient déjà soumises à l’appréciation de ce club pernicieux. Dans ce cas, le conseil des consulteurs n’était plus là que pour approuver et lorsque le vote des consulteurs était négatif, la décision passait quand même puisqu’elle avait été déjà prise par les « MOO’LA » du pays organisateur. Quelques observateurs avaient naïvement pensé que le départ à la retraite de Mgr WATIO, mettrait un terme à ces rencontres régulières. C’est tout faux, elles ont même plutôt gagné en intensité. La panique de perdre le pilotage du diocèse a créé une sorte de panique dans la maison.

Un monde où « Dieu est mort »

 Dieu est amour. Il invite l’homme à pratiquer  et à créer un environnement favorable à la pratique de cet amour. Ce message est davantage plus expressif lorsqu’il s’agit des membres du clergé. C’est pour Benoît XVI, une question de foi. Comme « nous pourrions dire que le premier don fondamental que nous offre la Foi est la certitude que Dieu existe ». C’est parce que nous avons créé un monde où « Dieu est mort », un monde sans Foi, une Église où l’Eucharistie est «  désacralisée » où l’amour n’est plus praticable. Pourtant l’Amour reste la seule protection possible contre le Mal.

Le style de management expérimenté par l’ancien évêque et bien amplifié par son clan aux affaires actuellement caractérisé par le repliement sur soi, la survalorisation de leur groupe et le rejet des autres reste une véritable plaie puante. Ceci a engendré le tribalisme qui mine tout effort de développement harmonieux du diocèse et met en péril l’unité des membres du clergé. Toute chose qui va contre ce que prône l’épiscopat camerounais pour qui : « l’attachement à sa tribu devient un mal réel quand on cherche à exclure les autres à persécuter, à les priver de leurs droits, à les assassiner, à opposer un groupe contre un autre à des fins personnelles, politiques ou économiques ». Avec l’arrivée de Mgr WATIO à Bafoussam a vu le jour un type de phénomène nouveau et le constat est alarmant et inquiétant. On a commencé à entendre des chrétiens dire que lorsqu’on prie sur un malade, Mgr parle dans les malades ainsi que son vicaire général qui est devenu administrateur diocésain. Lorsqu’on prie sur les malades ce ne sont pas les démons qui parlent, mais l’évêque WATIO Dieudonné et son vicaire général FOLON Maurice et bien d’autres prêtres MOO’LA en majorité. Non seulement, ils possèdent des chrétiens, mais encore, ils font des voyages astraux pour aller châtier ceux des prêtres qui refusent de les suivre dans ces pratiques par lesquelles ils sèment la confusion dans l’Église. Ils ont commencé à initier certains fidèles dans ces pratiques ésotériques et non seulement l’évêque et les prêtres parlent dans les malades, mais désormais certains chrétiens le font aussi.

Le phénomène est tellement récurrent et répandu au point où beaucoup de chrétiens ont peur maintenant d’aller demander à certains prêtres de prier sur eux. Ils préfèrent aller ailleurs loin de l’Église pour demander de l’aide. Et pour cause, ils ont peur que les prêtres en leur imposant les mains, leur transmettent leur esprit, c’est à dire pénètrent en eux pour les posséder. Et les prêtres qui possèdent ainsi certains fidèles sont ceux qui se sont laissé initier dans l’ésotérisme par l’évêque et son groupe. Du coup, on comprend aisément le désarroi des fidèles qui ne savent plus à quel saint se vouer. Pire encore, naguère les  groupes de prière du Renouveau charismatique étaient des lieux appropriés pour apporter de l’aide aux fidèles en difficulté, mais ces groupes ne sont plus que de nom, parce qu’à Bafoussam, les autorités du diocèse ont pris des mesures drastiques pour les réduire à leur plus simple expression.

Comme elles (les autorités du diocèse)  parlent très fort dans les malades, elles ont réduit ces groupes de prière au silence pour protéger leurs œuvres maléfiques. La stratégie est simple, l’aumônier en charge du renouveau Charismatique soigneusement choisi parmi les MOO’LA, a pris des dispositions pour neutraliser les  groupes de prière et les empêcher de bien fonctionner comme groupe de prière du Renouveau. Il a réussi l’exploit à banaliser le contenu des cérémonies en vendant aux enchères et aux plus offrants l’effusion de l’Esprit Saint parfois jusqu’à 5000cfa par personne. Naturellement, les fidèles n’y accordent plus aucun intérêt. On reconnaît toujours l’arbre à ses fruits, le Renouveau à Bafoussam est un arbre sans fruits. Voilà à quoi est réduit le renouveau Charismatique à Bafoussam et dans quel enlisement avance le diocèse.

Au-delà de l’aspect sordide et effrayant de toutes ces déviances qui secouent aujourd’hui cette Église, c’est bien un problème de fond qui émerge celui d’une mauvaise gestion par la hiérarchie catholique de scandales en son sein. Mais d’abord les ambiguïtés d’un système favorisant de graves dérives, voire les alimentant ce qui choque davantage, c’est le contraste entre la prétention d’être au-dessus du sort commun des hommes en assénant à l’humanité entière des leçons de morale, et la réalité effective. Plus qu’un hiatus, c’est un abîme. Le moment venu, Dieu reconnaitra les siens.

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