SUPER MAIRE DE YAOUNDÉ : The demolition mayor
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À peine installé, le super maire de Yaoundé se forge une image pour le moins sulfureuse de destructeur d’immeubles, aux antipodes des aspirations populaires.

«Faux », rétorque Maxime Litty. Le journaliste en service à la radio Nkul Ongola, qui fait office de cellule de communication pour la Communauté urbaine de Yaoundé, brandit en sus des arguments à caractère juridique pour justifier l’action du maire de ville. « La loi lui octroie des pouvoirs exclusifs qui lui permettent de mener ce type d’actions », insiste-t-il. Luc Messi Atangana, super maire de Yaoundé, s’illustre depuis son élection, en ordonnant des raids sur les communes d’arrondissements, contre des édifices dont la construction a pourtant le quitus des magistrats municipaux. La dernière opération date du jeudi 22 avril dernier. Elle mit en émoi toute la capitale politique camerounaise. Tant elle laissa sur le carreau des boutiques d’un centre commercial en construction dans l’arrondissement de Yaoundé 7, du maire Augustin Tamba, lieu-dit Carrefour Nkolbisson. Et ce n’est pas tout.

Auparavant, ce sont toujours des boutiques qui ont été détruites, mais cette fois à Yaoundé 6. L’opinion a d’autant plus été choquée que ces locaux auraient dû servir à recaser des commerçants venus du Nord-ouest et du Sud-ouest. Eux qui sont déjà meurtris par les affres de cette interminable guerre sociopolitique, vont en plus se retrouver à la rue. « D’abord, il ne s’agit ni des casses, ni des destructions comme je l’entends çà et là, mais d’une opération de nettoyage de la voie publique, notamment contre une urbanisation anarchique. Celle qui ne respecte ni les normes environnementales, ni les normes de sécurité », précise Maxime Litty. 

La valeur de la terminologie semble valoir son pesant d’or, dans cette belligérance ouverte entre ces institutions locales. Il faut d’abord gagner cette bataille si importante sur le terrain de la communication. Si les « bourreaux » évoquent l’usage de la force du droit pour justifier ces opérations « coup de poing », les « victimes » de ces destructions d’édifices convoquent pour leur part l’usage excessif du droit de la force. D’autant plus que, selon nos informations concernant les destructions à Yaoundé 7, toutes les démarches pour obtenir le permis de bâtir auraient été faites, auprès de la Communauté urbaine. Les promoteurs du chantier avaient simplement anticipé les travaux dans l’attente dudit document. 

Ceci ruinerait  alors l’argumentaire sur les normes environnementales avancé par la Communauté urbaine. Car, les services du super maire auraient au préalable validé les études de faisabilité réalisés sur ce site avant lancement des travaux. Ces frictions, contrairement à ce que d’aucuns pensent, ne peuvent donc valablement être la résultante d’une collision dans l’interprétation des textes. Car, le Code général des Collectivités territoriales décentralisées est clair. Il précise en ses articles 156, 163 les compétences des maires d’arrondissements. 

Tandis que celles des maires de villes en son article 241. « Le problème ici est davantage politique », affirme Saint-Eloi Bidoung, ancien adjoint au maire de Yaoundé 6, sur le plateau de l’émission Le Débrief, sur Canal 2. Luc Atangana Messi semble donc engagé contre les maires d’arrondissements, dans un conflit qui obéit à des logiques d’une géopolitique de l’urbanisation, dans le département du Mfoundi. Il voudrait consolider la position hégémonique de la Communauté urbaine dans cet espace stratégique, siège des institutions politiques de la République. 

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