Issa Hayatou: Dure, dure…la chute
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L’ancien président de la Caf a mordu la poussière hier lundi, lors de l’élection au lamidat de Garoua, face à un de ses neveux

Coup de théâtre à Garoua. Le lamidat ne sera pas dirigé par le baobab Issa Hayatou. Au terme de la consultation en vue de la désignation du nouveau lamido, hier lundi, le président d’honneur de la Confédération africaine de football (Caf) a mordu la poussière face à un de ses neveux, le jeune ca#pitaine d’armée Ibrahim El Rachidini, 37 ans. 

Il a obtenu deux voix sur douze et s’est classé deuxième sur 12 candidats, loin derrière le vainqueur qui s’est taillé sept voix. Cinglante humiliation et dé#nouement pour tout dire improbable il y a encore un mois, tant les pronostics depuis le décès de Alim Hayatou lui étaient large#ment favorables, du haut non seulement de sa stature nationale et internationale, mais aussi et en dépit des commentaires nourris sur son état de santé depuis quelques temps, de sa posture de patriarche en vie de la grande dynastie Hayatou.

Les oracles auront donc menti. 

Cette défaite au goût amer révèle que l’ancien président de la Caf n’était pas le favori des familles peules de la capitale régionale du Nord en général, et des 12 notables en particulier. Son sort était manifestement scellé. Le choix de la majorité des notables a été porté sur du sang neuf. Un jeune a été placé à la tête du lamidat qui compte parmi les plus importants et les plus anciens du Cameroun. 

Le successeur de feu Sa Majesté Alim Hayatou est âgé de 37 ans alors que le candidat malheureux en a 75. Il prend les rênes du lamidat de Garoua, un mois après le décès brutal de son prédécesseur qui n’était autre que son oncle.

Le fait pour Issa Hayatou d’avoir eu autant de candidats en face dans une élection qui semblait gagnée à l’avance pour lui était un mauvais signe que le président du conseil d’administration de l’Académie nationale de football (Anafoot) s’est manifestement refusé à percevoir. Un incroyable remake de son humiliante défaite à l’élection de mars 2017 à la présidence de la Caf, face au Malgache Ahmad Ahmad, après 29 ans de règne sans partage à la tête de l’instance faîtière du football africain.

Très sûr de lui, le fils de Garoua avait sous-estimé la détermination de Gianni Infantino, le successeur de Sepp Blatter, à faire le ménage à la Caf et surtout à y installer un personnage qui servirait mieux ses intérêts.

Il est sur un mauvais nuage, décidément. La chance n’est plus du tout du côté de celui qui a été président par intérim de la Fédération internationale de football association (Fifa) d'octobre 2015 à février 2016, à la suite de la suspension du Suisse Sepp Blatter.

Issa Hayatou est né le 9 août 1946 à Garoua. Cet ancien athlète et basketteur a été secrétaire général de la Fédération camerounaise de football, de 1974 à 1983. De 1982 à 1986, il devient directeur des sports.

En août 1987, il accède au poste de président de la Caf. Sous son mandat, et pour la première fois, le continent a accueilli la Coupe du monde de football en 2010, en Afrique du Sud. 

En 2018, il a été condamné à payer une forte amende estimée à plusieurs mil#lions d’euros. Il lui ait reproché en 2016 une gestion floue du dossier de cession des droits marketing et médias du football africain à Lagardère Sports and Entertainment.

Selon Jeune Afrique, depuis son départ de la présidence de la Caf en mars 2017, le dirigeant sportif s’est surtout préoccupé de sa santé chancelante, notamment à cause de problèmes rénaux. Une santé fragile qui est un critère d’élimination de la course à la chefferie d’après l’article 8 du décret no 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles. 

Ce dernier dispose : « Les chefs traditionnels sont, en principe, choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le Commandement Traditionnel. Les candidats doivent remplir les conditions d’aptitude physique et morale requises, et savoir au#tant que possible, lire et écrire ». Il a néanmoins candidaté en dépit de cette disposition pertinente, s’opposant de fait à la transition générationnelle voulue par le discours officiel.

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